Les entreprises créent de plus en plus des fichiers pour leur besoin propre mais aussi pour les vendre. Il n’y a d’ailleurs pas que le « privé » qui vende ses fichiers. J’ai eu le plaisir deux années de suite (mon fils cadet a redoublé sa terminale) de recevoir une multitude de propositions émanant d’écoles privées post bac. Comment ces écoles avaient-elles récupéré mes coordonnées et surtout comment se fait-il que ces mêmes écoles ne m’aient plus contacté par la suite ?

De plus en plus, le citoyen est « contraint » de fournir les informations qui le concernent. Dans les dispositifs financés par le Fonds Social Européen, le recueil de l’identité des bénéficiaires est de fait, obligatoire. Combien de sites Internet ou de commerces de rue exigent de leurs « visiteurs » qu’ils déclinent la totalité de leur identité et infos personnelles avant de disposer d’un essai gratuit, d’une carte de fidélité leur offrant des réductions, etc. Le fichage de la population entraîne encore quelques réactions d’hostilité mais le combat a cessé, faute de combattants.

Il n’y a pas que des inconvénients au « fichage » du public.

Envisager qu’un site d’information rappelle par mail une date limite d’inscription à un jeune, pour un examen, parce qu’il sait que ce dernier souhaitait s’y présenter, est-ce scandaleux ? Envisager que le même site rappelle une obligation légale à un jeune juste avant que le manquement à celle-ci ne puisse lui être reprochée… est-ce condamnable ?

Sommes-nous prêts à nous doter des outils nécessaires pour gérer, avec l’accord des intéressés, ce type de fichiers ou choisirons-nous le clan des irréductibles gaulois ?