Si j’ai de l’incertitude, alors j’ai besoin d’information

En 1997, dans le cadre d’une recherche universitaire, j’enquête auprès d’un échantillon de jeunes sur l’agglomération d’Evry. Je souhaite vérifier les connaissances des jeunes sur des questions d’information traitées par le centre où je travaille. Je compare alors la qualité des réponses avec le fait que les jeunes interrogés se sentent ou non sous informés. Le rapprochement n’est pas concluant : en fait, un jeune peut disposer de beaucoup d’informations pertinentes et se déclarer sous informé. A l’inverse, il peut se déclarer assez informé et ne disposer que de fort peu d’informations.

Mais mon attention est attiré par un autre croisement de critères : ce sont les jeunes qui sont angoissés par leur avenir ou par une échéance prochaine, ceux dit « de bas niveau », ceux qui fréquentent l’ANPE ou la mission locale, qui se déclarent majoritairement sous informés. A l’inverse, ce sont les collégiens et les jeunes qui suivent des études supérieures qui se déclarent majoritairement « assez informés ».

J’en conclu que le sentiment de sous information est lié à la plus ou moins grande inquiétude ressentie par les jeunes.

Si je n’ai pas de connaissances alors je n’ai pas d’incertitude

Les jeunes peuvent ne pas savoir qu’il existe une réponse à leur question. Ils peuvent ne pas savoir de quelles informations ils ont besoin. Ils n’ont pas forcément conscience de leurs propres difficultés.

Si j’ai de la certitude alors je n’ai pas besoin d’information

Si le jeune a pris une décision, il ne cherchera pas une information qui risque de contredire la décision qu’il a prise. De même, celui qui a l’habitude d’utiliser une « réponse » pour résoudre un problème, ne verra pas l’utilité de chercher une information pour trouver un meilleur remède, persuadé que sa réaction habituelle est la bonne.

Un grand nombre des éléments concernant la bibliographie de André Tricot est ici et l’article qui traite la question qui nous intéresse est là.

Si nous considérons que l’information est indispensable dans la vie de tous les jours, si nous admettons que le besoin d’information n’a rien d’automatique, la déduction logique est qu’il nous faut développer le besoin d’information chez les jeunes. Nous verrons dans la note suivante quelques pistes pour développer ce besoin.