Dans une interview du Grand journal de LCI du 4 janvier à 12h30, Anna Stellinger apporte des précisions.




Il est impossible de faire le tour dans ce billet de l’ensemble de cette recherche et des questions qu’elle pose. Je me suis attaché à soulever seulement quelques éléments importants repérés dans cette étude et dans un tiré à part de l’Express du 3 janvier 2008. L’Express introduisait son propos ainsi : « Les Américains ont une pêche d’enfer. Les Scandinaves aussi. Et la jeunesse française est… la plus déprimée du monde. »

Si 63 % des jeunes Américains et des jeunes Danois pensent que les gens peuvent changer la société, ils ne sont que 39 % à le penser en France. Parmi tous les jeunes étudiés, seuls les jeunes Français considèrent que l’obéissance (55 %) est une valeur plus importante à transmettre à leurs enfants que l’indépendance (46 %). Le même sondage effectué sur la question de l’obéissance donne des résultats approchants chez les 30 à 50 ans, ce qui montre que ce n’est pas seulement une valeur des jeunes mais une valeur véhiculée par notre société dans son ensemble.

A la question : « Votre avenir personnel est-il prometteur », on retrouve la même confiance chez les Danois (60 %) et les Américains (54 %), les Français sont en queue de peloton avec 26 %. Seul le Japon fait pire avec 5 %.

A la question : « La mondialisation apporte-t-elle de nouvelles opportunités », on constate moins d’enthousiasme de façon générale. Si les Polonais disent oui à 48 %, les Américains sont d’accord avec cette affirmation à seulement 34 % et les Français à 20 %.

Les auteurs mettent en garde les Français qui misent tout « sur l’acquisition des diplômes et repoussent l’installation des jeunes sur le marché du travail, y compris par l’abus des stages et de la justification –non justifiable- du manque d’expérience. »

Les auteurs affirment que des études complémentaires devraient être menées pour mieux appréhender les raisons du faible moral des jeunes de certains pays. Ils constatent que dans les deux pays où les jeunes sont les plus pessimistes (France et Japon), une grande importance est donnée à la scolarité. L’expérience, la compétence acquise comptent moins que le diplôme.

Si les jeunes Chinois considèrent l’importance de l’esprit d’entreprise comme valeur à développer chez l’enfant à 89 %, seulement 16 % des Suédois et 21 % des Français sont de cet avis.

Ces différents constats sont très graves et impliquent une réaction rapide de notre « vieille » société, pleine d’immobilismes, et un changement profond dans notre façon d’écouter les jeunes.

Patricia Loncle, de l’Ecole des hautes études en santé publique rappelle dans L’Express : « Dans les pays nordiques, les ministères de la jeunesse sont puissants et bien organisés. Ils mènent des politiques cohérentes, très construites. En France, en revanche, il est difficile de savoir qui fait quoi et avec quels objectifs. » Les jeunes relèvent d’une infinité de ministères et des politiques menées par les collectivités locales.

En France notre ministère de la jeunesse s’intitule Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports. Si pour la santé et les sports, un secrétaire d’état a été nommé, il semble que cela n’ait pas été jugé utile pour la jeunesse.