M. Dahan s’en est pris ensuite à Wikio, une entreprise autrement plus solide que lespipoles.com. Dans le blog de Wikio, il est précisé : « La rumeur, publiée par Gala, et transmise via flux RSS, apparaissait sur Wikio au même titre que les 4 millions de résumés d´articles référencés chaque mois. L’article du blog précise que Wikio a toujours retiré les contenus illicites dans les plus brefs délais. Cette fois-ci, c’est Olivier Dahan qui a été condamné et devra s’acquitté des dépens. Pierre Chappaz conclut son article par un : « sans rancune Olivier ».

Mais les « affaires » ne s’en arrêtent pas là. Cette fois, c’est Eric Dupin qui passe en référé à la demande d’un acteur dont l’identité n’a pas encore été révélée. Bien évidemment le nom de l’acteur sera rendu public le 19 mars, jour du procès. Eric Dupin n’est pas attaqué pour son blog mais pour son site : Fuzz. Le contenu de Fuzz est entièrement fourni par les internautes.

L’acteur a saisi le Tribunal pour le motif « d'atteinte à sa vie privée, suite à la publication d'un lien dans Fuzz (et rien d'autre qu'un lien, il n'y a même pas un extrait de l'article) renvoyant sur une rumeur publiée dans un blog people ».

En trois jours, on compte plus de 400 commentaires à la suite des 2 billets d’Eric (premier et second). Eric Dupin dit avoir reçu plus d’une centaine de mails. Quant aux blogs qui parlent de cette affaire, ils sont vraiment très nombreux.

Les points communs à ces trois affaires :

  • Il n’y a jamais eu d’avertissement préalable avant le déclenchement de la procédure.
  • La somme demandée est importante et c’est toujours la même.

Si le juge donnait raison au plaignant, cela pourrait faire jurisprudence et conduirait tout site dit « collaboratif » à modérer a priori tous les contenus publiés. On peut imaginer que cela conduirait à la cessation pure et simple de l’activité de ces sites, eu égard aux moyens colossaux qu’il faudrait mettre en œuvre pour effectuer ladite modération.

Au-delà du soutien que j’exprime ici à Eric Dupin, je ne vous cache pas ma vive inquiétude face à cette situation. Alors que certains éditeurs publics s’interrogent sur la nécessité d’ouvrir leur site à la contribution de leurs lecteurs, ce genre d’affaire pourrait arrêter tout développement.

Je persiste à affirmer ici que pour pouvoir enclencher une procédure contre le responsable d’un site Internet, il faudrait exiger que le plaignant soit obligé à une information préalable. Libre ensuite à chaque éditeur de décider, en connaissance de cause, s’il maintient ou pas l’information sur son site.