M_talab6.jpg Les mondes 3D représentent un vrai potentiel pour les professionnels qui travaillent avec des jeunes. Je vais parler ici de Second Life parce que c’est sans doute aujourd’hui un des mondes qui préfigurent le mieux ce que pourrait être le futur des mondes virtuels. De nombreuses initiatives y sont prises tous les jours et un grand nombre d’institutions s’y intéressent. La folie de début 2007 où Second Life faisait la une de la presse est passée. Une gestion plus prudente des opportunités est aujourd’hui de rigueur.

Cet univers ne mérite sans doute pas de lourds investissements financiers mais il est pertinent d’y tenter des expérimentations pour préparer l’avenir.

Inventer des usages de service public dans Second Life nécessite une réflexion préalable, des conseils de ceux qui connaissent cet environnement. Ceux qui tentent de plaquer le réel à l’identique dans SL échouent généralement.

Un monde virtuel permet bien des usages. Un des usages les plus simples est sans doute la réunion de travail avec beaucoup de participants éloignés géographiquement, avec par exemple intervention d’orateurs. La diffusion de diaporama dans Second Life est largement maîtrisée. Rappelons par ailleurs que SL permet d’utiliser la voix et pas seulement le chat texte.

On peut aussi y organiser des salons virtuels. Ces salons sont surtout pertinents s’ils jouent la complémentarité avec une manifestation qui se passe simultanément en RL (real life). Des personnes éloignées géographiquement peuvent participer à la manifestation à moindre frais. Je n’aurai pas l’aplomb de comparer une manifestation en RL avec une manifestation sur SL, mais il m’est arrivé de participer à des expériences sur SL particulièrement bluffantes. Je pense notamment aux initiatives d’Hugobiwan Zolnir, à l’origine de la Bibliothèque francophone, et qui réalise avec quelques uns de ses amis des expériences sur Second Life tout à fait étonnantes.

Inventer des usages de services publics dans un monde virtuel n’est pas chose aisée. Certaines questions méritent d’être posées : Peut-on penser que quelqu’un va se connecter sur Second Life pour obtenir une réponse à ses questions alors qu’il lui suffirait de téléphoner à un organisme pour obtenir l’information ? Oui, si on lui propose des choses différentes, des compléments à ce qu’il peut obtenir dans la vraie vie.

Pour les nouveaux utilisateurs, l’inscription est laborieuse, les premiers pas dans ce monde virtuel sont difficiles. Il faut apprendre à manœuvrer son avatar (ce petit personnage sur l’écran qui représente une partie de vous-même). Apprendre à « marcher droit » ou à monter un escalier n’est pas évident, si voler est assez simple, atterrir peut être complexe mais cette maladresse du débutant est plutôt distrayante. Peut-on faciliter les démarches d’inscription des nouveaux utilisateurs ? Oui, dans un espace public numérique, on peut mettre à disposition une flotte d’avatars, prêts à être pris en main. C’est aussi un moyen pour permettre à des jeunes de se familiariser avec ce monde virtuel avant de faire leur propre inscription.

Pour tous ceux qui souhaiteraient tenter des expériences en matière de service public, sachez qu’un laboratoire a vu le jour, fin 2007. Il s’agit de Métalab 3D. C’est une initiative d’Artesi, un organisme qui a pour mission de promouvoir l’usage des technologies de l’information dans les collectivités locales. Si vous avez l’idée d’une expérience à réaliser en monde virtuel, n’hésitez pas à contacter l’équipe d’Artesi ou moi-même. La mise à disposition du terrain et des équipements dans Second Life est totalement gratuite.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo de présentation de Métalab 3 D.




Et un diaporama de présentation de Second Life réalisé par Hugobiwan Zolnir.