CES.JPG Le 9 juillet 2008, le Conseil économique et social (CES) a adopté un avis, présenté par Fodé Sylla, ancien Président de SOS racisme, consacré à « L’emploi des jeunes des quartiers populaires ».

Dans cet avis de 104 pages, certains constats concernent l’information-orientation. Parlant des faiblesses liées à la formation initiale, l’avis affirme que « les jeunes manquent d’accompagnement dans leur choix d’orientation, dès le collège ou à la sortie du lycée… Lorsque l’orientation se fait, on observe en outre une inadéquation par rapport aux besoins économiques… certaines formations perdurent faute d’anticipation approfondie des besoins économiques, de réactivité des acteurs de l’éducation ou de la formation au plan national, ainsi que de l’inadéquation de l’offre de certains organismes de formation. »

Le Conseil rappelle par ailleurs la nécessité « d’un service public de l’orientation associant le monde de l’entreprise aux côtés du système éducatif et d’une formation renforcée de ses acteurs, notamment des conseillers d’orientation. Il convient pour le moins de développer la coordination, la mobilisation et la professionnalisation des différents services concernés par la question de l’orientation. »

Le Conseil propose aussi un changement de dénomination des missions locales, qui devraient en outre viser l’ensemble des jeunes, afin de décloisonner les dispositifs et d’éviter la stigmatisation des jeunes en difficulté. S’agit-il ici pour le Conseil de revenir à l’esprit de la Charte des missions locales de 1990 ou de mieux préparer le rapprochement avec les autres structures d’information et d’orientation ?

Le Sénat a par ailleurs produit un rapport d’information de 314 pages sur les politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion qui aborde également les questions d’information et d’orientation. Il a été présenté le 2 juillet 2008 par la mission commune d’information.

La mission propose de dissocier la fonction de conseiller d’orientation, qui pourrait être exercée par un professeur, de celle de psychologue scolaire, dont l’intervention plus ponctuelle serait adaptée aux élèves ayant des problèmes particuliers.

Le rapport reprend les propos de Jean-Marie Lenzi, chargé de mission auprès de la Délégation interministérielle à l’orientation. Jean-Marie Lenzi a insisté sur la nécessaire rationalisation du réseau local d'insertion, qui comprend outre les missions locales, les bureaux d'information jeunesse, les permanences d'accueil d'information et d'orientation (PAIO) et les maisons de l'emploi, estimant que « la mise en cohérence des informations relatives aux métiers et aux carrières passe, d'une part, par la fusion de ces structures en un guichet unique et, d'autre part, par l'amélioration des systèmes publics d'information en ligne sur les filières de formation ».

La mission propose de créer une fonction de professeur référent en orientation et d’instituer des stages dans des entreprises ou dans les collectivités territoriales pour les enseignants.

La mission précise par ailleurs que l'intérêt des Maisons de l’emploi résidait en grande partie dans le fait qu'elles associaient l'ANPE et l'ASSEDIC, désormais en voie de fusion dans le nouvel opérateur. La réforme récente de l'organisation du service public de l'emploi risque ainsi d’aboutir à la création de deux réseaux parallèles concurrents, celui des MDE et celui du nouvel opérateur du service public de l’emploi.