Le billet très détaillé « Quel est le public d’une mission locale ? » publié sur le blog de Philippe Labbe, répond aux questions posées par mon dernier billet. Je vais résumer ce que j’en ai compris (en rouge mes commentaires, en noir des extraits du billet de Philippe Labbe).

« En 1982, à leur création, les missions locales s’adressaient quasi-exclusivement aux 200 000 jeunes sortant chaque année de formation initiale sans diplôme ni qualification ».

C’est en effet le souvenir que j’en ai et j’ai toujours conçu les missions locales comme un dispositif proposant un accompagnement attentif et long à des publics en difficulté importante d’insertion.

« D’une part, l’insertion s’est allongée et, même si les catégories administratives confirment l’habituelle lenteur du métabolisme institutionnel en continuant d’arrêter la jeunesse à « 25 ans révolus », on sait que la réalité sociologique fixe plutôt cette borne à 30 ans, voire 32 ans. D’où l’enjeu d’élargir le spectre générationnel. »

En effet, mais je crois surtout qu’aujourd’hui toutes les tranches d’âge sont concernées et que cela sera de plus en plus difficile de poser des « bornes ».

« Enfin, l’insertion s’est généralisée jusqu’à concerner la quasi-totalité des jeunes, héritiers exceptés… Le public n’est discriminé que sur une base du niveau de formation, Vbis et VI, qui nécessite un accompagnement renforcé mais, pour les jeunes mieux formés, le droit à l’accompagnement est toujours valide… »

Selon Philippe Labbe, les missions locales s’adressent donc à tous les jeunes puisque tous ont besoin d’un accompagnement pour s’insérer.

« Les structures citées - CIO, CIDF, PIJ ou BIJ - auxquelles pourraient être ajoutées d'autres, dont évidemment celles de l'insertion par l'activité économique (PLIE, EI, AI, CI...) mais également l'Education nationale (MGI) participent peu ou prou à l'accompagnement des parcours d'insertion. Toutefois, dès lors qu'il s'agit de jeunes, la responsabilité du parcours, singulièrement par l'existence d'un « référent » unique, est confiée à la mission locale qui doit animer à l'échelle territoriale « une politique concertée d'insertion professionnelle et sociale des jeunes » (Protocole 2005). »

Si je résume le billet de Philippe Labbe : les missions locales et les PAIO sont chargés de l’insertion de tous les jeunes car tous les jeunes rencontrent des difficultés d’insertion ; d’autres organismes participent à ce programme d’insertion mais les missions locales sont chargées de coordonner ces structures dès lors qu'il s'agit de jeunes ayant quitté le système scolaire.

Je ne suis cependant pas certain que les définitions soient aussi simples. Les CIO, les CIDF et le réseau information jeunesse jouent en effet un rôle dans les parcours d’insertion. Mais leurs missions respectives excèdent largement l’insertion. La réaction de Philippe Labbe permet de nourrir le débat. Je serais heureux qu’il se poursuive avec tous les acteurs de terrain, lecteurs de ce blog.