orientation.jpg Le CEREQ vient de publier six études sur l’orientation. L’une d’elles a pour titre « Orientation : la parole aux élèves ». L’étude repose sur un questionnaire passé à 353 élèves périgourdins issus de différentes classes à la fin de l’année 2007. Le descriptif précis de la passation de l’enquête est disponible en p. 8 (les numéros de pages qui sont indiqués ici sont ceux du fichier pdf et pas celui que l’on trouve en bas de chaque page). Les opinions des élèves ont été comparées systématiquement à une autre enquête réalisée pour le compte de la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), celle-ci de portée nationale, afin de vérifier la cohérence des résultats.

La lecture des tableaux (p. 14 et 15) montre assez nettement le décalage entre les perceptions des différents acteurs de l’orientation. Au bas du tableau (p. 14), une explication est donnée sur la signification de la phrase « les différentes structures d’aide à l’information et à l’orientation se superposent, ça fait du gaspillage d’argent public » On découvre alors que d’autres réseaux d’information ont été cités par les personnes interrogées mais ces réseaux sont totalement absents dans les résultats de l’étude.

Le CEREQ (p.16) constate que 74 % des élèves s’estiment satisfaits de leur orientation actuelle (Etude DGESCO : 80 %). 78 % des élèves de la voie professionnelle ont ce sentiment contre seulement 73 % pour la voie générale. Le CEREQ constate que pour la majorité des élèves, en particulier ceux de la voie professionnelle, le bon diplôme est celui qui donne les compétences dont l’entreprise a besoin et pas forcément le plus haut diplôme possible.

Pour ce qui est des aides dans les choix effectués, 63 % des élèves citent les parents, 33 % les professeurs principaux, 28 % les conseillers d’orientation-psychologues, 27 % les amis, 20 % les journées portes ouvertes, 18 % les stages en entreprises, 12 % les médias. Les conseillers d’orientation et les journées portes ouvertes sont davantage cités par les élèves de la voie professionnelle (p. 18).

26 % des élèves de la voie professionnelle, et seulement 15 % de la voie générale, estiment avoir été mal informés (p. 20). S’agit-il d’une mauvaise information ou d’une déception face à leur orientation de la part de ces élèves ?

Les élèves pensent qu’il faut avoir des compétences suffisamment larges pour pouvoir changer de spécialité, mais ils restent conscients que l’employeur ne cherche que les compétences dont l’entreprise a besoin (p. 24).

L’étude tente d’infirmer certains poncifs couramment énoncés au sujet de l’orientation scolaire mais elle n’y arrive pas toujours. Il semble cependant que l’affirmation selon laquelle les jeunes chercheraient systématiquement la proximité géographique pour leur orientation soit invalidée (p. 27).

Une phrase en dernière page retient l’attention et j’en ferai volontiers ma propre conclusion : « … parce que les facteurs pesant sur la construction des opinions sont multiples, une réflexion et un travail complémentaire d’enquête sur les contraintes réelles (et non pas seulement perçues) permettraient ultérieurement de saisir les conditions de la formulation de choix, de l’accès à l’information ou au conseil et de la capacité des élèves à s’en saisir. »