informatique2.jpgUne étude approfondie a évalué les compétences documentaires des primo-arrivants dans l’enseignement supérieur de la communauté française de Belgique. Le groupe Edudoc et le Conseil inter-universitaire francophone (CIUF) ont réutilisé et adapté une enquête réalisée au Québec. Cette enquête sera d’ailleurs reprises dans six pays européens.

Plus de 5 000 étudiants ont reçu le formulaire d’enquête. La méthode utilisée est la méthode dite aléatoire, une méthode tout à fait fiable lorsqu’elle est conduite avec rigueur et sur de gros volumes. Le questionnaire comporte 20 questions qui représente les étapes de la recherche documentaire. Le taux de retour des questionnaires a été de 43 %.

La capacité à être autonome et critique dans la recherche d’information est considérée par les auteurs de l’étude comme un trait fondamental qui distingue l’étudiant qui réussit ses études supérieures.

On a pu constater dans cette enquête :

• le niveau de performance est très faible : 93 % ont un score inférieur à 12/20 (p. 11) ;

• le niveau socio-culturel de la famille joue un rôle dans la performance documentaire des étudiants. C’est surtout le niveau de la mère qui est déterminant (p. 12) ;

• avoir une connexion Internet à domicile (94 % de l’échantillon) n’améliore pas la performance (p. 12) ;

• la fréquentation d’une bibliothèque ou d’un centre de documentation au cours de l’enseignement secondaire favorise le niveau de performance (p. 13) ;

• le niveau de performance n’est pas indépendant du choix de l’orientation scolaire (page 13) ;

• lorsqu’il n’y a pas de redoublement, le niveau de performance est meilleur ;

• le fait d’avoir une option forte, matière renforcée (6 h ou plus) en mathématiques ou en latin lors de la dernière année du secondaire a une influence positive sur le niveau de performance.

Pour effectuer une recherche, les moteurs de recherche sont les plus connus (78 %), les métamoteurs sont moins cités (24 %), les bases de données sont citées par seulement 3 % des jeunes. 15 % de l’échantillon pensent que la rapidité d’accès d’un site Internet est garante de sa qualité. Seuls 15 % des étudiants savent qu’il faut toujours citer ses sources.

Les auteurs observent que le niveau de performance constaté est inférieur à celui de leurs homologues québécois. Les étudiants qui quittent l'enseignement secondaire ne connaissent que très peu les possibilités de combiner les divers éléments d’une recherche, ne savent encore rien de la puissance des bases de données spécialisées et surtout semblent avoir des difficultés pour évaluer l'information.

Ces résultats semblent confirmer qu’un effort important de formation est nécessaire pour atteindre le niveau de compétence documentaire attendu dans l’enseignement supérieur et universitaire. Il serait aussi nécessaire d’exercer ces jeunes à mettre en regard des sources d’origines différentes et de les outiller pour en évaluer la pertinence.

En conclusion, les auteurs souhaiteraient pouvoir disposer d’une connaissance complète de la problématique en évaluant les mêmes compétences en fin de cycle, à l’aide du même outil.

Le Post.fr s’étonnait récemment de ne pas lire dans les présentations du Plan Besson, d'incitation à mieux utiliser Internet, de formation à l'usage d'Internet. L’auteur poursuivait : « Depuis 10 ans que j'organise et anime des formations sur ce sujet , je ne constate pas que le niveau progresse. Pire, les étudiants auxquels j'ai à faire n'ont pas de meilleur niveau sur Internet que leurs anciens. »

La France n’exploitera pas ce questionnaire car c’est bien connu, en France, tout va bien.



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