Photo Microsoft OfficeLa dernière étude réalisée par TNS Sofres pour le compte de l’Association des Régions de France a pour titre « Regards croisés salariés-chefs d’entreprise sur la formation. » Elle a été réalisée du 7 au 20 novembre par téléphone auprès de 800 salariés et chômeurs et de 601 chefs d’entreprise ou directeurs des ressources humaines dans des entreprises de plus de 10 salariés. Une présentation en format PDF est disponible ici.

On constate une perte de confiance envers la formation, à l’exception des formations en alternance. On voit par rapport à 1990, une confiance en baisse envers la formation continue (-18 points), les enseignements délivrés dans les lycées (-42 points), les enseignements délivrés dans les universités (- 50 points).

7 salariés sur 10 et 8 chefs d’entreprise sur 10 considèrent que l’apprentissage est très utile et permet de trouver rapidement un emploi. Le sentiment positif des salariés envers l’apprentissage ne cache pas que 80 % des salariés estiment que les apprentis, « c’est de la main d’œuvre à bon marché. » Seule 41 % des employeurs interrogés partagent ce même avis. 88 % des salariés pensent que les jeunes seront obligés de changer plusieurs fois de métier au cours de leur existence. Il est intéressant de comparer ce chiffre avec les 32 % qui avaient cette opinion en 1996.

Une qualification durable plutôt qu'un emploi très vite

Pour 47 % des salariés et des chefs d’entreprise, la formation est une nécessité pour s’adapter aux évolutions de son métier mais n’apparaît en aucun cas comme une garantie contre le chômage. Seuls 14 % des salariés et 18 % des chefs d’entreprise considèrent la formation comme une source d’épanouissement. La formation est considérée comme très utile pour retrouver un emploi (91 % pour les salariés et 92 % du coté des directions d’entreprise). Pour 69 % des salariés et 65 % des employeurs, une bonne formation est celle qui donne une qualification durable plutôt qu’une formation qui permet de trouver très vite un emploi. Le terme de « qualification durable » aurait mérité d’être davantage explicité.

Les Français préfèrent changer de métier que de région (72 % des employeurs et 65 % des chefs d’entreprise).

Orientation : le lieu des contradictions

Pour ce qui est de l’orientation, deux visions s’opposent. 88 % des personnes interrogées estiment que pour protéger l’emploi, il faut orienter massivement vers les secteurs qui recrutent. Pourtant 59 % des salariés et des dirigeants d’entreprise considèrent qu’un jeune doit privilégier un métier qui correspond à ses goûts et à ses capacités même s’il n’y a pas beaucoup de débouchés.

Au final, il est intéressant de constater qu’il y a peu d’écart entre la perception des chômeurs, ouvriers, cadres et chef d’entreprises, jeunes et seniors, hommes et femmes pour ce qui est de la formation.