orientation.jpgL’orientation manquait de rapports parlementaires. Le dernier émane de l’Assemblée nationale. Il a été enregistré le 4 décembre 2008. Il conclut les travaux de la mission sur la formation tout au long de la vie. Un rapport de 226 pages.

Ce dernier estime que « les services d’orientation sont défaillants » (p.19). Il affirme que les personnels qui interviennent dans le secteur de l’orientation travaillent de façon cloisonnée dans leur domaine de compétence et ne sont pas au fait des spécificités des métiers, des secteurs qui recrutent ou des réalités de la vie en entreprise.

Deuxième constat : l’existence d’un très grand nombre de sites Internet. Le document répertorie 11 portails nationaux publics et trois portails nationaux soutenus par les pouvoirs publics. Le site du CIDJ et Métiers Point Info (appelé portail du CIJ de l’Essonne) font partie de ces derniers (p. 205). Il est préconisé « à nouveau » la création d’un portail unique sur Internet (p. 49).

Le rapport s’inquiète du « très grand nombre de structures qui proposent une orientation aux adultes en recherche d’emploi ou de reconversion professionnelle : le Réseau information jeunesse (centres régionaux information jeunesse – CRIJ –, bureaux information jeunesse – BIJ –, Points information jeunesse – PIJ), Pôle Emploi, les missions locales, les chambres consulaires, les maisons de l’emploi, le secteur associatif, les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA), les directions des relations humaines des entreprises … » (p. 22).

Le rapport prévoit la mise en place de centres régionaux de ressources documentaires et d’orientation ouverts à tout public – jeunes, seniors, salariés, demandeurs d’emploi – tels que les « Cités des métiers » ou « l’Espace projet » du FONGECIF d’Île-de-France. Outre leur mission d’AIO, ces centres mettraient en réseau tous les organismes existants qui assurent des missions semblables : centres régionaux d’information jeunesse (CRIJ), chambres consulaires, espaces ruraux pour l’emploi et la formation, maisons de l’emploi, points relais conseil en validation des acquis de l’expérience (VAE), permanences d’accueil, d’information et d’orientation (PAIO), espaces jeunes, etc. (p. 50).

Le rapport note un défaut d’information d’un grand nombre de salariés sur les dispositifs de formation et sur leurs droits (p. 26). Il propose la création d’un Service public d’information sur la formation et l’orientation (SPIFO) (p.49). Ce service serait placé auprès d’un Ministre de la formation tout au long de la vie. Le SPIFO serait chargé de définir au plan national les grands axes de la politique d’accueil, d’information et d’orientation (AIO). Ce service permettrait la mise en réseau des institutions existantes et mettrait fin aux doublons (p. 77). Le SPIFO évaluerait notamment la politique d’insertion des jeunes en définissant des indicateurs de performance, organiserait en liaison avec l’ONISEP, « une vision prospective des métiers accompagnée d’une information du public ».

Le rapport rappelle que le Pôle emploi a aussi pour objet d’accueillir, d’informer, d’orienter et d’accompagner les personnes qu’elles disposent ou non d’un emploi. Le SPIFO proposerait donc un calendrier de formation pour ces professionnels. Le Service réfléchirait à la formation continue des « conseillers d’orientation » dans les collèges et les lycées ainsi qu’à la formation des personnels enseignants quant à « l’accompagnement de l’orientation de leurs élèves ».

Ce rapport se distingue de ses prédécesseurs car il ne considère pas que ce sont les enseignants qui orientent mais seulement qu’ils accompagnent une démarche. Difficile de penser qu’une réforme naîtra de ce rapport. Il ne reste donc plus qu’à attendre le prochain…