morguefile.comAlain Joannes, dans un article récent, dénonce le fait de devoir payer pour du contenu informationnel que l’on ne consomme pas. Dans une petite vidéo humoristique, tournée dans un kiosque à journaux, il se saisit du journal « Le Monde » et découpe soigneusement les articles qui l’intéressent. Il tend les articles découpés et se propose de payer quelques centimes en lieu et place du 1,40 euro, prix de l’édition papier.

Il illustre là le fait que l’information « tous azimut » aura une valeur de plus en plus faible. La vraie valeur de l’information se situera de moins en moins dans la quantité d’information délivrée mais bien dans la pertinence de la sélection, dans l’adéquation de l’offre et de la demande du public. L’exhaustivité ne fera plus recette.

Prenons quelques exemples. Lorsqu’on parle de services web 2.0, on a tendance à fournir des listes imposantes de services qui font peu ou prou la même chose. Fournir cette liste exhaustive à l’utilisateur (non geek) n’a aucun intérêt. Le geek sera toujours ce personnage à l’affût de tout service nouveau au cas où il raterait quelque chose.

Si dans une époque lointaine, la quantité attestait l’expertise, c’est aujourd’hui la pertinence du service proposé, sa simplicité de mise en œuvre, sa fiabilité etc, qui détermine la valeur du conseil.

Un grand nombre d’observateurs constatent la plus-value des réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook pour délivrer de l’information qualifiée. Certes la réaction des réseaux sociaux à l’actualité événementielle est quasi instantanée, détaillée et souvent fiable. Mais par contre combien de temps perdu à chercher une information précieuse au milieu de tant de nouvelles qui ne vous concernent pas !

Frédéric Filloux rappelle que la presse sur Internet n’a pas trouvé son équilibre financier. Il précise en effet que pour un quotidien ne vivant que de la publicité en ligne, un lecteur sur web rapporte dix fois moins qu’un lecteur sur le papier, que pour un journal comme le New York Times, si l’on supprimait tous les coûts liés à la production papier, la publicité web ne couvrirait que le quart des coûts éditoriaux.

Qu’on le veuille ou non, le public est de moins en moins disposer à payer pour de l’information en vrac, tant elle est abondante partout et souvent à coût zéro. Au vu de l’info-pollution qui nous guette, une demande de plus en plus forte de sélection personnalisée devrait voir le jour. Cette attente favorisera-t-elle l’émergence d’un nouveau modèle économique ? On peut l’imaginer.