Photo CIO Montluçon En avril 2006, je vous annonçais la mise en place de Points Visio Public sur la Région Auvergne à l’initiative du Conseil régional. Le Centre d’information et d’orientation de Montluçon participe à cette expérience de service public à distance. Son directeur, Jean-Philippe Caldeyroux, a accepté de répondre à mes questions.

Christian Bensi : Comment le CIO a-t-il été amené à participer à cette action ?

Jean-Philippe Caldeyroux : Les structures d’accueil ont reçu voilà deux ans un courrier du Conseil régional. J’ai trouvé la proposition intéressante. Il faut vous dire qu’une grande partie du secteur que nous couvrons est rural. Cela implique d’importants déplacements pour nos conseillers et nous n’allons dans les établissements éloignés qu’une fois tous les quinze jours, ce qui est peu. Sur le département, il y a une dizaine de bornes et plus précisément trois sur le bassin de Montluçon. Nous avons décidé de participer à cette opération et le fait que nous soyons le seul CIO sur ce dispositif nous a amené à couvrir tout le département et quelques communes extérieures à ce dernier.

CB : Pouvez-vous nous décrire le fonctionnement du Point Visio public ? En dehors de la caméra et de la gestion du son, les Points Visio Public comportent-ils d’autres fonctionnalités ?

JPC : Les personnes intéressées prennent rendez-vous auprès de la structure support qui héberge la borne utilisateur. Les bornes utilisateurs n’ont pas de clavier ni de souris mais un scanner et une imprimante. Les jeunes peuvent ainsi soumettre un document et peuvent imprimer ceux que nous leur communiquons. On peut lancer un logiciel spécifique à partir de ce dispositif ou surfer ensemble sur le web. Pour faciliter l’accès à la documentation, nous avons été amenés à créer un site Internet. Les jeunes cherchent d’abord de l’information.

CB : Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

JPC : Il est encore un peu tôt pour parler d’un bilan. Le dispositif a été inauguré en décembre 2008. Il est encore peu connu. D’après une enquête récente, seuls 5% de la population connaissent précisément ce dispositif. Par contre, le Pôle Emploi convoque directement les demandeurs d’emploi pour qu’ils se rendent sur les lieux où sont implantées les bornes. Il est très intéressant de constater à quel point les Points Visio sont complémentaires de l’accueil physique. Dans certains lieux, Pôle Emploi a été amené à réimplanter des permanences dans les lieux où il y a des Points Visio. Pour nous, les résultats sont modestes (6 ou 7 entretiens) mais il est clair que ces personnes ne nous auraient pas rencontrées autrement.

CB : Une partie du coût de ce dispositif reste à la charge du CIO. Quelle solution avez-vous trouvée pour assurer ce financement ?

JPC : Avant mon arrivée, le CIO avait créé une association, l’ABC : Association Bourbonnaise de Communication. Les financements du CIO viennent du Département. L’association permet de bénéficier d’autres financements. Nous avons pu ainsi financer les 3 000 euros nécessaires au départ pour le financement de la borne « expert » dans nos locaux et au coût annuel (environ 1200 euros) pour le contrat de maintenance et la ligne spécialisée. Une convention a été signée entre la Région, le recteur et l’association.

CB : Le coût de cette opération n’est pas négligeable. Seriez-vous favorable à un système d’accueil par webcam, forcément moins cher ?

JPC : J’y serais favorable. Ce qui me semble essentiel, c’est ce contact visuel très proche de la relation en présentiel et qui permet la présence des services publics en milieu rural. Mais le Point Visio a un avantage par rapport à la webcam d’un ordinateur : il ne demande aucune connaissance technique à l’utilisateur. C’est un point que nous ne pouvons pas négliger.

Renseignement complémentaires : CIO de Montluçon : 04 70 05 55 11 ou par mail

Si vous souhaitez plus de précisions techniques, la vidéo ci-dessous est à votre disposition.