Photo de Fred Pallu Bernard Benhamou, lors des Rencontres des pratiques numériques des jeunes (qui se sont déroulées les 2 et 3 juin 2009 à Paris), a abordé la question de l’Internet des objets. Il a considéré notamment que pour protéger la vie privée du citoyen, on devait permettre à ce dernier de rendre inopérant le système de communication de la puce RFID, à la sortie d’un magasin par exemple. En effet, beaucoup se demandent si ces puces chargées de protéger les articles contre le vol ne pourraient pas demain espionner nos habitudes une fois arrivées sur nos lieux de vie.

Mais le citoyen lambda a-t-il conscience de ce danger pour sa liberté ? Bernard Benhamou parle de la nécessité d’éduquer le citoyen afin qu’il puisse décider de l’attitude à adopter. Ces lieux d’éducation existent-ils ? La question est-elle suffisamment prise au sérieux ?

Les internautes sont de plus en plus disposés à fournir des informations privées en échange de services gratuits. Il suffira d’offrir un service gratuit et utile à ceux qui ne désactiveront pas la puce RFID pour que beaucoup s’abstiennent de le faire. L’administration elle-même fiche de plus en plus le citoyen, pourquoi le secteur privé ne s’emparerait-il pas d’une opportunité que lui donne la technologie, par le biais de l’Internet des objets. Les jeunes ont semble-t-il déjà validé ces intrusions à répétition dans leur vie privée. Ce qu’ils dévoilent dans les réseaux sociaux est particulièrement signifiant.

Lemonde.fr présentait dernièrement un service : Aka-Aki, lancé par une société de 17 salariés implantée à Berlin. Aka-Aki est un réseau social géolocalisé. Le service enregistre tous les appareils dotés d’un signal bluetooth. Aka-Aki signale quels sont les membres qui sont à proximité d’un utilisateur inscrit et donne accès à leur profil. Le système stocke l’historique des mises en relation afin qu’une prochaine fois, une alerte soit envoyée si deux personnes qui ont eu un contact se retrouvent à proximité. Des indications qui sont enregistrées dans le profil et qui sont donc consultables par d’autres membres utilisateurs du service. Un service qui a d’autant plus de succès qu’il facilite considérablement les rencontres.

Les créateurs de Aka-Aki ont pris contact avec les autorités allemandes pour savoir si leur service était licite. Pas de problèmes pour l’instant.

On peut dès lors se demander comme internetactu.net si la vie privée n’est déjà plus qu’un problème « de vieux cons », une « pudeur » totalement dépassée. On relève dans l’article qu’aux Etats-Unis, « un adolescent sur cinq et un jeune adulte sur trois ont déjà envoyé des photos ou vidéos d’eux-mêmes nus ou à moitié nus, par l’Internet ou le téléphone mobile. »

Les cabinets de recrutement ont adopté massivement les réseaux sociaux pour en savoir davantage sur le profil des candidats. Beaucoup ont abandonné la lecture approfondie de CV de plus en plus « mensongers ». Certains cabinets expliquent que les jeunes ne peuvent tricher dans les réseaux sociaux puisqu’ils sont sous le « contrôle » de leurs amis. La source d’information est donc particulièrement fiable. Le même article précise que les détectives privés se réjouissent de trouver sur le net autant de lieux où les gens sont prêts à raconter leur vie en détail.

La vie privée est-il un concept voué à disparaître ? Peut-on sérieusement envisager de vivre dans des maisons de verre ? Et vous, qu’en pensez-vous ?