Photo Christian BensiSi le nombre d’internautes progressaient jusqu’alors, le tassement constaté lors du 1er trimestre 2009 (sondage Médiamétrie) met en lumière une enquête réalisée en juillet 2008 en région Bretagne.

L’enquête du Môle armoricain de recherche sur la société de l’information et les usages d’Internet (Marsoin) a été réalisée auprès de 2 000 personnes résidant en Bretagne. Il s’agit d’une enquête dite participative mais dont j’ignore la réelle représentativité. Cependant les constats sont intéressants.

Les non-usagers évoluent à la fois dans des foyers peu équipés en technologie et dans une sphère où leur entourage compte peu ou pas d'utilisateurs. Cependant un quart de ces non-usagers font appel à leur entourage quand ils souhaitent récolter des informations ou faire une démarche par Internet. L’enquête parle dans ce cas de médiateurs d’usages. Sont également discriminants les revenus du foyer, la non-présence d’enfants, une faible vie sociale, l’absence de diplôme et en tout premier lieu l’âge.

L’enquête définit 5 types de non utilisateurs :

  • les futurs utilisateurs, bien informés et motivés (5 %),
  • les utilisateurs potentiels, bien informés mais un peu moins motivés (19 %),
  • les réticents, un public bien informé mais peu motivé (41 %),
  • les réfractaires, un public mal informé et pas du tout motivé (16 %),
  • les exclus, un public pauvre, âgé ou qui a simplement peur des technologies (19 %).

On trouve le plus grand nombre de personnes qui ont eu l’occasion d’utiliser Internet dans les futurs utilisateurs et les utilisateurs potentiels.

L’ensemble des non utilisateurs justifient davantage leur non-utilisation d’Internet par leur manque d’intérêt pour ce dernier, leur manque de compétence technique ou leur âge que par le manque de temps, un problème de santé ou une mauvaise maîtrise de la langue écrite. Bien que je ne sois pas sûr qu’il soit facile d’affirmer en public sa mauvaise maîtrise de la langue écrite.

Leur perception de l’utilité d’Internet est contrastée mais souvent négative. 36 % trouvent Internet pas du tout utile, 21 % pas utile, 24 % peu utile. Seuls 16 % des non-utilisateurs trouvent Internet très utile. 57 % des non-utilisateurs pensent qu’Internet abolit les distances, 55 % qu’il s’agit d’un phénomène de mode, 50 % qu’Internet est surtout pour les jeunes, 49 % que c’est un outil surtout destiné aux personnes qui travaillent. 43 % pensent qu’Internet détruit les liens familiaux et les liens avec les autres. Mais 13 % seulement pensent qu’Internet fonctionne mal.

On peut bien sûr imaginer que la réduction des coûts favorisera l’augmentation du nombre d’utilisateurs. On peut imaginer que la progression de services vraiment utiles aura le même effet. On peut aussi comprendre que les personnes âgées de demain sont les utilisateurs d’aujourd’hui et que la barrière de l’âge tendra à s’estomper.

Il n’en est pas moins vrai qu’un « noyau dur » de réfractaires semble exister. il serait sans doute judicieux d’observer ce qui se fait dans d’autres pays où les usages sont plus importants, pour faire évoluer cette situation.