Loïc Lemeur estimait récemment dans une vidéo que le web avait vécu trois phases : le web statique, le web 2 et le real time web. J’insérerais volontiers après le web statique, le web dynamique car je serais curieux d’imaginer un web sans base de données.
Les changements, auxquels nous participons actuellement, impactent durablement le web et notre société. Il y a encore trois ou quatre ans, l’information était essentiellement « monocanal ». Les sites web diffusaient de l’information, les blogs permettaient aux internautes de créer des espaces personnels de réflexion et de conversation avec leurs lecteurs, les forums étaient des espaces d’entraide, mais tous ces outils ne communiquaient pas entre eux. Aujourd’hui, la multiplicité des canaux de diffusion et des supports de lecture génère une infinité d’espaces où chacun peut délivrer des messages, réagir, commenter, republier des textes (pas uniquement les siens) dès leur publication. Des outils comme les flux RSS permettent de connaître très rapidement les nouveautés des sites que l’on suit. Tout cela a pour effet d’accélérer le rythme de publication et de maintenir l’utilisateur « connecté » en permanence.
Le web est devenu un village ou il est simple de suivre la vie de ses amis numériques, de leur poser des questions quand on a besoin d’une aide ou d’un conseil et ce plus rapidement que dans la vie réelle. Avec les outils de mobilité qui nous entourent - je pense bien sûr aux mobiles avec leur forfait de plus en plus illimités et peut-être demain aux netbooks (ou mini portables) que l’on voit de plus en plus dans les transports et dans les salles de travail - l’internaute ne perd plus le contact, il change simplement son outil de consultation en fonction des lieux et des moments.
La nécessité de réagir rapidement est devenue une norme qui s’impose. Le jeune internaute de 2009 n’accepte plus de devoir attendre pour obtenir l’information dont il a besoin. C’est une des raisons pour laquelle l’information par les pairs s’est à ce point développée car « les amis » réagissent vite et ils sont disponibles en permanence.
Qu’en déduire pour nos institutions ? Devront-elles, elles aussi répondre en temps réel. Devront-elles, elles aussi se définir une identité numérique, une identité pour générer de la confiance et entrer en dialogue permanent avec leur public. Dans ce mouvement incessant d’une information qui accélère les rythmes de sa diffusion, devront-elles prendre le temps de la réflexion ou courir après… et après quoi d’ailleurs !

Commentaires
Effectivement c'est une tendance très nette, mais très complexe à mettre en œuvre au niveau institutionnel.
A en croire cette étude le chemin est encore très très long : "l'étude de 137 sites de villes de plus de 50.000 habitants. Sur les 75% des villes qui affichent une démarche participative sur leur web, 46% se limitent à un formulaire de contact, 17% affichent leur démarche, 17% animent des forums avec possibilité de laisser des commentaires et seulement 22% d'entre elles donnent globalement un espace d'expression à leurs administrés. Une très faible minorité (4%) s'appuie sur des espaces de dialogue modernes (appels à suggestion pour 3%) ou de réseaux sociaux territoriaux (1%)." source : http://www.localtis.info/servlet/Co...
C'est vrai aussi qu'avant de pouvoir intervenir en tant qu'institution sur des réseaux sociaux, encore faut-il avoir négocié en amont une identité numérique. J'avais essayé de lister quelques exemples ici, pour le domaine des bibliothèques publiques : http://www.bibliobsession.net/2009/...
A mon avis la question de l'Identité numérique d'une institution est le préalable à toute intervention sur le web , qui plus est en temps réel...
bibliobsessionEtant parti deux jours sur les Etés Tics de Bretagne, je n'avais pas encore vu l'article de Localtis. Merci.
Votre billet pose de bonnes questions quant à l'identité numérique des institutions. Le rôle que vous proposez de laisser aux communicants ne les satisfera sans doute pas. Le communicant était jusqu'à présent la seule voix de l'institution. Il est essentiel de passer d'une communication publicitaire à une communication informationnelle, mais les résistances aux changements seront nombreuses !
Christian BensiIl me semble que des institutions sont déjà bien présente sur le web et que ce n'est en effet que le début !
Si j'espérai beaucoup de l'apport technologique quand à la possibilité de dialoguer en direct avec les institutions, je craint aujourd'hui que cela soit au détriment d'une présence physique locale.
Oui à la mise à disposition de nouveau service facilitant la vie et les démarches des personnes à mobilité réduite ou simplement isolée ... Oui à un dialogue plus simple d'accès, mais il me semble fondamental de préserver la présence physique locale des interlocuteurs des institutions.
ocarboneJe partage bien évidemment ce sentiment. Mais je crois que dans le contexte actuel, il est illusoire d'espérer davantage de présence physique.
Christian BensiN'ayant pas le choix, je préfère un service informatisé distant avec un humain derrière - ce que j'appelle : mettre de l'humain dans Internet - qu'un simple site Internet figé, pas ou peu actualisé où il est impossible de contacter qui que ce soit. Avec une FAQ par exemple comme seul moyen d'obtenir une réponse.