Photo Christian Bensi Les journaux papier, les radios ou les principales chaînes de TV hertziennes se sont longtemps battus pour être « le » média des Français. Une course où les compétiteurs sont de plus en plus nombreux. Une distinction est aujourd’hui nécessaire entre les supports d’actualité (façon scoop) et les supports qui contextualisent, développent et tirent les conséquences de l’information brute.

Pour illustrer mon propos, je reprendrai un article paru récemment dans fr.readwriteweb.com et qui relate en pas à pas l’annonce de la mort de Michaël Jackson.



Damien Douani nous explique qu’il n’apprend pas la mort de Michaël Jackson par la télévision, la radio ou la presse. Il l’apprend par Twitter sur son iPhone, à 2 heures du matin. Il est trop tard pour les médias traditionnels, l’information est arrivée par le biais des réseaux sociaux. Elle tourne un certain temps sur le web puis est validée.

Cette question de la validation de l’information par les contributeurs est essentielle. Peut-on imaginer qu’un jour Twitter (ou son successeur) devienne une source d’information totalement fiable sur laquelle les autres médias pourront s’appuyer sans crainte ? Pour l’instant, on peut en douter.

A 4 heures du matin, la presse en ligne commence à donner l’information. Les agences de presse mettront plus de temps à relayer l’information. A partir de 6 h du matin, les journaux télévisuels et la radio s’y mettront à leur tour. Pour la presse écrite, certains journaux imprimés trop tôt n’auront pas diffusé l’information ce jour-là.

Les médias traditionnels et certains blogs traitent l’actualité. Mais quel intérêt aujourd’hui de relayer de l’information brute sous le seul prétexte que l’information est disponible et qu’on doit en parler, le plus vite possible.

Certes Twitter reste encore un outil peu convivial, destiné à un public technophile. D’après une étude récente de hubspot.com, 56 % des inscrits sur Twitter ne lisent pas les autres utilisateurs, 55 % n’ont jamais rien écrit, 53 % n’ont pas un seul lecteur, etc.

On comprend mieux, avec un peu de recul quand on regarde un message, pris au hasard sur Twitter :

MillyNeTRT @theolong «Hacker l'éducation» Des podcasts sur léducation à lheure des TIC http://u.nu/2x8k http://u.nu/4x8k http://u.nu/7x8k > @pgiroux

Evident pour un utilisateur de l’outil, un tantinet hermétique pour l’internaute traditionnel ! Et il existe des messages bien plus difficiles à comprendre.

L’actualité pourra demain être traitée en temps réel. Twitter, avec ses URL raccourcies, oblige trop souvent à cliquer pour voir si l’information est intéressante. Une réelle perte de temps... Mais on peut imaginer un outil plus convivial pour permettre à n’importe qui de relayer l’information dont il est le témoin avec un vrai outil de recherche permettant de retrouver ce que l’on cherche.

La valeur du scoop va baisser, les médias traditionnels l’ont-ils compris ? Certains blogueurs et autres médias web vont devoir aussi en tirer les conséquences. L’avenir des médias et d’un grand nombre de supports d’information est dans l’information qualifiée et contextualisée, pas dans le recopiage des communiqués de presse ou dans le relais d’informations non vérifiées.