Photo Christian Bensi En septembre 2001, le Conseil général des Landes mettait en place l’opération pilote « un collégien, un ordinateur portable ». Pour faire le bilan de cette opération, une enquête a été confiée à l’Institut TNS Sofres et a fait l’objet d’une présentation, le 25 août dernier, lors de l’Université Ludovia. Les différentes synthèses sont accessibles sur cette page.

Des enseignants qui privilégient le papier...

15 753 questionnaires ont été envoyés avec un taux moyen de réponse de 65 %. Il était possible de répondre sur support papier ou par Internet. 93 % des élèves ont répondu par Internet mais seulement 37 % des enseignants et 8 % des parents.

Il est intéressant d’observer le niveau d’équipement informatique des protagonistes en excluant l’ordinateur fourni par la collectivité territoriale. Elèves et enseignants sont fortement équipés : 95 % des élèves et 88 % des enseignants.

… mais sont« plutôt » favorables à l’usage de l’informatique

66 % des enseignants admettent que l’usage de l’ordinateur a un effet positif sur la motivation des élèves mais seulement 45 % des enseignants pensent que ces techniques ouvrent de nouvelles possibilités d’enseignement dont il serait dommage de se priver. Le chiffre enregistré pour les parents est de 86 %.

Seuls 3 % des professeurs jugent que l’utilisation scolaire d’un ordinateur n’apporte rien aux élèves.

Enseignants et élèves considèrent que l’utilisation du tableau numérique interactif produit une meilleure compréhension lors de la correction des devoirs en classe.

Un usage qui reste modeste

Seulement 18 % des enseignants déclarent avoir utilisé l’ordinateur portable pour au moins un cours sur deux. L’utilisation des ordinateurs en classe est fortement liée à la matière enseignée. Si on comprend facilement pourquoi il est peu utilisé en éducation physique et sportive, on constate avec étonnement que les plus faibles usages sont enregistrés en français, en latin et en mathématiques. Il est beaucoup plus utilisé en classe d’espagnol qu’en classe d’anglais.

Les mêmes questions posées aux élèves donnent des résultats encore plus faibles. Par exemple si 49 % des professeurs de mathématiques affirment utiliser l’ordinateur à au moins un cours sur deux, les élèves considèrent qu’ils ne sont que 36 % dans ce cas.

L’usage de l’ordinateur reste un exercice solitaire

Il est étonnant de constater que l’outil informatique n’a pas facilité les usages collaboratifs. En effet, les échanges de cours ou exercices entre enseignants sont le plus faible usage cité par les enseignants. Les échanges de données avec les élèves d’autres classes sont le dernier usage cité par les élèves.

Un manque de formation et d'échanges de pratiques

Les raisons données par les professeurs pour expliquer la faible utilisation peuvent être classées en quatre registres. Sont le plus souvent cités le temps gaspillé à mettre en place les dispositifs et l’absence de perception de l’efficacité pédagogique. Cette dernière affirmation nous ramène à la question de la formation des acteurs, une formation fortement réclamée par les enseignants et qui n’a touché pourtant qu’un enseignant sur quatre.

Certaines raisons invoquées appartiennent au registre de la peur : « l’utilisation des ordinateurs pertube trop la dynamique de la classe » ou « je ne veux pas prendre de risque pédagogique devant les élèves. » Des sujets qui là encore pourraient être vus en formation.

Dans une moindre mesure, les enseignants se plaignent du manque de scénarios pédagogiques validés ou déjà testés par des collègues, du manque d’appui aux usages pédagogiques, du manque de support technique.

Les questions posées par les enseignants méritent d’être entendues et on peut comprendre dans certains cas la difficulté pour ces enseignants d’utiliser l’ordinateur en classe. Mais on peut s’étonner que seulement un tiers des enseignants sollicite régulièrement leurs élèves pour qu’ils utilisent régulièrement les logiciels préinstallés sur leurs ordinateurs pour réaliser un devoir chez eux. 40 % d’entre eux admettent qu’ils ne le font que très rarement, voire jamais.