Réseaux sociaux La fréquentation des réseaux sociaux est tout à fait époustouflante. Si certains les encensent, si d’autres cherchent à exploiter « l’attention » que leur accorde le public, il est un lieu où ils font débat : le monde du travail.

Des chiffres qui disent l’importance du phénomène

Samuel Parent nous indique qu’aux Etats Unis, 96 % de la génération Y est membre d’un réseau social et c’est par ce biais qu’un couple sur 8 avoue s’être rencontré. Ces réseaux sociaux sont en passe de ringardiser le courriel. Le Boston college a cessé de distribuer des adresses courriels aux nouveaux étudiants, considérant le courriel complètement dépassé. Et ils ne sont pas les seuls à faire ce constat.

Facebook compte 300 millions de comptes ouverts et la moitié des utilisateurs y accèdent quotidiennement. En France, on annonce en juin 2009, 12 millions de comptes. La progression est si rapide que Jean-François Ruiz pronostique le chiffre de 20 millions de comptes d’ici la fin de l’année. Myspace comptabiliserait, quant à lui, plus de 110 millions d’utilisateurs dans le monde.

Les réseaux sociaux inquiètent le monde du travail

Un rappel important : il n’est pas rare que les membres de ces réseaux communiquent sous une fausse identité ou usurpent même l’identité d’une autre personne, généralement quelqu’un de célèbre. Une pratique qui sans être massive peut légitimement inquiéter des organisations. Dans le monde du travail, l’image des réseaux sociaux est souvent associée à une baisse de productivité chez les collaborateurs. Un article de 01net.com citait récemment une enquête de Nucleus Research. La moitié des 237 salariés américains interrogés reconnaissait accéder à Facebook 15 minutes par jour depuis leur lieu de travail. Une étude d’Olféo citée sur ce blog allait jusqu’à annoncer 90 minutes par jour.

Hormis la perte de temps, les entreprises craignent également la fuite d’information ou le mauvais buzz. En effet, les salariés n’hésitent pas à parler de leur vie professionnelle et à en dire du mal à l’occasion. Une image négative, venue de l'intérieur même d'une organisation perturbe évidemment la communication officielle de cette dernière.

Interdire Facebook au travail, c’est comme interdire le téléphone

Mais peut-on sérieusement envisager d’interdire l’accès aux réseaux sociaux dans le monde du travail ? Et même si on y parvenait, comment empêcherait-on les salariés de communiquer sur ces réseaux une fois rentré chez eux.



Thomas van der Straten le dit dans un article publié sur entrepriseglobale.biz : « Interdire Facebook au travail, c’est comme interdire le téléphone » Et il a doublement raison. On n’a jamais réussi à interdire complètement les communications téléphoniques privées dans le monde du travail et l’arrivée du mobile n’a rien résolu. Ce mobile qui permet de plus en plus de surfer sur Internet et donc de fréquenter les réseaux sociaux, rendant inutile tout pare-feu mis en place par le service informatique.

Rétablir le dialogue au sein des organisations

Pendant longtemps la communication extérieure était sous contrôle du service communication, seul autorisé à exprimer la position de l’organisation. Mais les messages qui parlent de l’institution sont de plus en plus nombreux et ceux qui les écrivent sont de moins en moins « sous contrôle ». Refuser de réfléchir aux usages des réseaux sociaux, c’est prendre un risque.

Certaines organisations ont compris l’intérêt de communiquer par le biais des réseaux sociaux mais beaucoup n’ont pas compris l’intérêt de capitaliser le potentiel de leurs salariés dans cette communication.

Il est indispensable de rétablir la culture d’appartenance tant au sein des entreprises que des institutions : association des individus à la mise en oeuvre de certaines décisions stratégiques, transparence dans la prise de décision, etc. Cette attitude devrait permettre de proposer des réponses cohérentes et concertées, adaptées aux besoins de l’institution et aux attentes des collaborateurs. Il faut aussi développer une culture de la responsabilité tant chez les managers que dans les équipes, pour que tous perçoivent les avantages mais aussi les dangers de ces nouveaux outils du web.

Pour conclure, ci-dessous Loïc Haÿ présente ce jeudi 24 ce qu’est un réseau social et explique comment mettre en place un réseau social territorial.