Photo Christian Bensi J’intervenais le 8 octobre dernier au Conseil Général de l’Essonne pour participer à un temps de rencontre avec les Espaces publics numériques (EPN) essonniens. Ici comme ailleurs, une question se pose : quel est l’avenir de ces espaces ?

Les usages de l’informatique ont longtemps été considérés comme non-essentiels

C’est au début du siècle que les espaces numériques se développent. Ces espaces ont pour vocation de familiariser les Français, les jeunes surtout, à l’utilisation de l’ordinateur et d’Internet. La disparité d’un lieu d’apprentissage à l’autre est considérable : nature du matériel utilisé, type de configuration, qualité de la connexion, modèle gratuit-payant, nature des enseignements, etc.

Les premiers professionnels de ces lieux sont des passionnés d’informatique mais pas forcément des pédagogues. L’informatique « de gestion » est prise en charge au sein des collectivités territoriales, l’apprentissage pour le grand public est externalisé. Beaucoup d’espaces voient le jour en effet au sein d’associations subventionnées.

La fracture numérique s’observe sur les usages d’Internet

La fracture numérique n’a pas disparu. Si l’on considère le seul accès au matériel, la quasi-totalité des jeunes connaissent Internet dans ses usages les plus basiques. Mais une étude M@rsoin déterminait récemment que moins d’une personne non-qualifiée sur trois pouvait être considérée comme internaute alors que l’on dénombrait 92 % des diplômés de l’enseignement supérieur ! La fracture s’observe aujourd’hui en examinant le type d’usage selon les publics.

Un espace public numérique, c’est quoi aujourd’hui ?

Ce qui frappe quand on assiste à ces journées de réflexion, c’est la très grande disparité des activités proposées. Une disparité qui est fortement revendiquée par les responsables de ces équipements. Une disparité liée à l’histoire, à la volonté des élus – ces espaces dépendent de plus en plus directement des collectivités – à la personnalité et à la formation de ses animateurs.

La nécessité de fonctionner en réseau est sans cesse rappelée. Dans un monde où les usages numériques progressent constamment, où la formation des animateurs est gérée de façon marginale, beaucoup ressentent le besoin de confronter leurs pratiques sur le plan pédagogique, de lancer des réflexions.

Le public a aussi considérablement évolué car la nature de la prestation demande davantage d’accompagnement du public que précédemment.

Des questionnements multiples

Les espaces sont aujourd’hui à un tournant de leur activité. Le numérique a envahi les pratiques quotidiennes du citoyen. L’apprentissage de ces usages peut-il rester cantonné aux seuls espaces ? Comment réfléchir à davantage de transversalité au sein des services des collectivités ?

L’animateur d’un EPN est-il un formateur ou un médiateur favorisant la relation entre le service public et l’usager, ou les deux mais dans quelle mesure ? Comment les espaces peuvent-ils aller à la rencontre des personnes qui sont le plus éloignés des usages numériques ?

Que faire pour mieux présenter le travail qui est effectué par les EPN ? Comment mettre en valeur les bonnes pratiques ?

Malgré leur dynamisme, ces structures n’ont pas l’habitude d’expliquer leur démarche. C’est aujourd’hui indispensable pour rendre lisible leur action et maintenir le soutien des pouvoirs publics.