Photo Christian BensiJ’ai eu le plaisir d’intervenir mardi à Angers lors des 3èmes Rencontres régionales de l’Information Jeunesse des Pays de la Loire. Le thème de cette manifestation était : « Jeunes et information. Quelles pratiques ? Quels enjeux pour les acteurs de la jeunesse ? »

La table ronde du matin était animée par Pascal Massiot, journaliste. Patrick Ardois, directeur de Double Mixte, cofondateur de Télénantes a parlé de l’usage des médias par les jeunes et donc en tout premier lieu de l’impact d’Internet sur les pratiques d’information des jeunes.



J’ai été invité pour intervenir sur le thème : « Tous égaux face à l'information ? ». J'ai principalement abordé les conditions nécessaires à l’acquisition d’informations par un jeune, l’absolue nécessité pour les informateurs d’être des professionnels compétents et formés, le passage du face à face (informateur derrière son guichet) au côte à côte (informateur comme ressource pour aider le jeune à trouver ce qu’il cherche).

J’ai surtout insisté sur la notion de réseau, la nécessité de faire ensemble et de mutualiser. Les outils numériques permettent aujourd’hui de travailler à distance, de confronter, de rassembler les ressources et les connaissances des uns et des autres. Chaque petite structure est incapable de répondre à l’ensemble des sollicitations dont elle est l’objet alors que la mutualisation des énergies et des compétences démultiplie son potentiel.

Améliorer la cohésion des équipes, agir sur les motivations, augmenter l’efficacité de chacun pour rendre plus efficace le groupe est essentiel. Mais la méthode utilisée est aussi décisive. Le piège est sans doute de tomber dans un consensus de confort : gommer les différences de vues, éviter tous risques de conflit et aventures en terrains inconnus. Or au sein d'un groupe, les divergences sont salutaires car elles peuvent produire sur le long terme des effets extrêmement positifs.

Regardez ce lien vers un site Internet qui présente des illusions d’optiques connues. Imaginons maintenant que vous réunissiez un groupe et que vous demandiez à chacune des personnes présentes ce qu’elle voit, que vous leur demandiez à toutes de défendre leur point de vue. On peut imaginer un dialogue de sourds, un renforcement des antagonismes mais on peut aussi trouver là un moyen de démontrer que son impression face à une situation n’est pas forcément LA vérité.

Certes, on pourrait éliminer une partie des personnes de ce groupe, celles qui sont minoritaires afin de gommer les différences. Procéder ainsi, on le comprend bien, c’est perdre de la richesse alors qu’avec un peu d’écoute, on pourrait faire admettre des points de vues différents et une convergence plus riche. Un chemin difficile mais essentiel pour vraiment progresser.