Photo Crass sur MorguefileL’Union nationale des associations familiales (UNAF) et Action innocence ont confié à l’institut Tns Sofres une enquête sur le thème : « Les adolescents, leur téléphone portable et l’Internet mobile ». L’étude a été réalisée en septembre 2009 auprès d'un échantillon national de 500 adolescents de 12 à 17 ans interrogés par téléphone à leur domicile.

Des adolescents très équipés et très utilisateurs

84 % des adolescents ont accès à un téléphone mobile et 73 % de l’échantillon en ont un personnellement. 29 % des adolescents ont un téléphone connecté à Internet. Les filles sont plus équipées que les garçons et cet équipement a lieu plus tôt. Les enfants vivant avec un seul parent sont aussi plus équipés (83 % contre 72 %). Enfin, ce sont les plus âgés qui sont le mieux équipés (95 % chez les 15-17 ans).

65 % des jeunes équipés disposent d’un forfait bloqué, 21 % d’une carte prépayée, 14 % d’un forfait traditionnel. Les parents les ont équipés majoritairement (59 %) d’un forfait illimité en SMS.

71 % des adolescents admettent recourir à l’envoi de SMS tous les jours. Les jeunes consultent peu Internet à partir de leur mobile (19 % pour 29 % de l’échantillon équipé) mais les usages sont diversifiés.

Des usages parfois inquiétants

Le sondage s’est attaché à repéré les craintes des adolescents quant à l’usage de leur portable. 54 % ont peur… de ne plus avoir de mobile (65 % de ceux qui vivent avec un seul de leurs parents). 51 % ont peur pour les conséquences sur leur santé (60 % pour les 16-17 ans). 43 % ont peur d’être filmé ou photographié dans une situation embarrassante (51 % pour les filles). Des adolescents qui semblent avoir bien compris les messages de prévention mais qui sont tentés de ne pas les mettre en pratique.

Plus l’âge augmente et plus le jeune utilise son portable en cours de récréation, voire en cours.

Certains usages du portable sont assez peu soucieux du respect d'autrui, voire à la limite de la légalité. 57 % ont pris le portable d’un ou d’une camarade pour regarder ses messages ou ses photos. 44 % ont photographiés des copains ou copines sans les prévenir. Et surtout 19 % ont pris le portable d’un (d’une) camarde pour envoyer des messages à sa place. Des usages assez incorrects qui augmentent avec l’âge et qu’on rencontre davantage chez les filles.

14 % des adolescents admettent avoir reçu des messages à caractère sexuel de la part d’un ou d’une camarade et 10 % en ont reçu de la part d’inconnus.

Le logiciel de contrôle parental peu plébiscité par les parents

7 % des jeunes interrogés savent qu’un logiciel de contrôle parental a été installé sur leur mobile. Quant aux raisons de la non-installation, le jeunes considèrent que leur parents leur font confiance (dans 79 % des cas), ne savent pas que cela existe (14 %), n’en voient pas l’intérêt (14 %).

Les principaux sujets de conflit entre adolescents et parents, c’est lorsque les parents n’ont pas pu joindre leurs enfants ou en cas de trop forte utilisation.

L’étude conclut « Après cette étape de l’équipement, qui donne lieu à des échanges, l’accompagnement sur les usages se révèle quasi-inexistant ». Cette conclusion est totalement gratuite. Le fait que les parents n’aient pas installé un logiciel de contrôle parental ne signifie pas ipso-facto que l’usage du portable par leurs enfants ne leur importe pas. Comme le dit l’étude, les jeunes semblent avoir bien compris les messages de prévention mais ne pas les mettre en pratique. Il est donc ridicule de stigmatiser l’attitude des familles. Par contre, on peut imaginer que certains « usages incorrects» décrits dans cette étude mériteraient de faire débat tant au sein des familles que dans l’école. Faudrait-il encore que ces résultats soient largement diffusés !