Photo de Juliette sur Flickr En juin dernier, je vous avais parlé ici d’un article de Jean-Marc Manach : « La vie privée, un problème de vieux cons ». Jean-Marc Manach persiste et signe avec : « Vie privée : le point de vue des petits cons. »

L’auteur cite cette fois-ci Josh Freed qui distingue la « génération des parents » de celle des jeunes : les « transparents »

Le New York Times raconte l’étonnement du président de Walt Disney qui, convoyant sa fille et deux de ses amies en voiture, s’étonnait de ne pas les entendre parler, mais de la voir taper des SMS : « Tes amies sont là, ça ne se fait pas ! Mais papa, répondit la jeune fille, nous sommes en train de nous écrire, je ne veux pas que tu entendes ce que j’ai à leur dire ! » Les jeunes se protègent de leur environnement familial mais s’exposent auprès de leurs pairs.

Dorothy Attwood, vice-présidente des politiques publiques et responsable des questions de vie privée chez AT&T affirme « bloquer et contrôler l’information ne sont que des moyens fractionnés de traiter le problème, la solution ne peut pas consister à ajouter de nouveaux contrôles parentaux »

Pour elle, apprendre à gérer ses données et à « orienter » son identité en ligne sont des compétences essentielles que les enfants doivent apprendre dès qu’ils abordent l’internet.

Autres questions importantes : Pourquoi les risques en ligne et hors ligne sont-ils séparés ? Comment se fait-il que la majeure partie des débats au sujet de l’internet et de la sexualité sont empreints de négativité, truffés de mots tels que « filtrage, pédo-pornographie et contenus obscènes ? »

Danah Boyd, sociologue rappelle : « Ceux qui apprécient des services comme Twitter parlent passionnément de ce sentiment de vivre et de respirer avec le monde autour d’eux, conscients et branchés, ajoutant des contenus dans le flot [d’information] et s’en saisissant à d’autres moments. » Elle poursuit : « Nous donnons du pouvoir aux gens quand nous leur accordons notre attention et les gens gagnent du pouvoir quand ils font le pont entre des mondes différents et déterminent quelles informations seront reversées dans les réseaux. »

Ceux qui veulent le respect de leur vie privée sont-ils pour autant des vieux cons ? Allons-nous vers une société sans secret, sans intimité ? Je ne le crois pas. Être inscrit dans un réseau social implique que l’on prenne la parole et donc que l’on s’expose.

« Consommer pour comprendre, produire pour être pertinent. » Sur Internet, comme l’exprime Danah Boyd. Il est indispensable que les jeunes apprennent à travailler une image numérique qui sera de plus en plus essentielle dans les années qui viennent.

Il est par contre fondamental que personne ne puisse s’arroger le droit de juger à la place des personnes de ce qui doit être publié en ligne ou pas. Il est essentiel aussi qu’à tout moment on leur donne la possibilité de retirer un contenu qui ne leur convient plus. Il ne s’agit pas d’imposer un droit à l’oubli normé de la même façon pour tous mais de respecter un droit de retrait défini par chacun.