Photo Xtof sur Flickr Une enquête récente de l’IFOP, et l’affaire du décès de la chanteuse Lhasa de Sela au début du mois de janvier, montrent l’importance considérable que prennent les réseaux sociaux dans notre vie quotidienne.

L’enquête de l’IFOP porte sur un échantillon de 1 002 personnes de 18 ans et plus, ayant répondu par questionnaire auto-administré en ligne. La méthode des quotas a été appliquée.

Les Français connaissent de plus en plus les réseaux sociaux. En un an, Facebook est passé de 68 à 97 % de notoriété mais surtout Twitter est passé de 4 à 63 % pendant la même période. Les différences sont peu marquées selon les tranches d’âge, à l’exception de Viadéo, réseau social professionnel, connu par 42 % des 18-24 ans mais assez peu par les autres tranches d’âge.





Mais connaître ne signifie pas forcément utiliser !

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77 % des internautes déclarent être membre d’au moins un des réseaux sociaux en ligne. Ce chiffre varie très fortement d’une classe d’âge à une autre : 96% des jeunes âgés de 18 à 24 ans déclarent être membre d’au moins un de ces réseaux contre 76% des internautes âgés de 35 à 49 ans et 52% de ceux âgés de plus de 65 ans.

Mais les Français ne se contentent pas de participer aux réseaux sociaux. Ils contrôlent de plus en plus l’information qui y circule. Le décès de la chanteuse Lhasa de Sela en est une bonne illustration. Rappelons les faits détaillés dans l’article de Geoffroi Garon.

Samedi 2 janvier au soir, un message de Sylvain Marcoux annonce le décès, information qui est reprise sur Twitter. La compagnie Audiogram annonce sur son compte Twitter que Lhasa va bien et qu’il serait temps de tuer cette rumeur. Sylvain Marcoux se fait critiquer avec violence sur Twitter. Au point même, qu’alors qu’il est sûr de l’information, il efface ses tweets. Mais certains membres actifs de Twitter cherchent à en savoir plus sur la validité de l’information. Des modifications ont lieu sur la fiche de Wikipédia. Certaines sources continuent à diffuser la « rumeur ».

Le dimanche soir, un communiqué officiel, annonçant la mort, est publié sur le site de la chanteuse. La compagnie Audiogram efface le Tweet où elle annonçait que Lhasa de Sela se portait bien. Il faudra attendre le lundi après-midi pour qu’Audiogram annonce la mort de Lhasa de Sela.

Ce qu’Audiogram et beaucoup d’autres ne comprennent pas, c’est que la communication devra, de plus en plus, être synonyme de transparence. Par le passé, le discours officiel n’était pas contesté, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Audiogram a-t-il voulu tromper le public ou tout simplement n’a-t-il pas vérifié l’information ? Impossible à savoir. Mais cette attitude est de toute façon inacceptable !

Le nombre de membres des réseaux sociaux augmentent constamment. Les personnes susceptibles de diffuser la bonne information ou d’infirmer la mauvaise sont de plus en plus nombreuses. En développant l’esprit critique des jeunes générations, on peut penser que demain les médias sociaux deviendront de formidables outils d'information crédibles. Les institutions vont devoir en tenir compte.

Dernière minute : six cinq journalistes francophones vont s’enfermer du 1er au 5 février 2010 dans un petit gite du Périgord. Ils vivront coupés de toutes sources d’information à l’exception de celles diffusées sur Facebook et Twitter. Il s’agira d’estimer la valeur des informations circulant sur les réseaux sociaux.