Photo cubicgarden sur Flickr A l’invitation du Comité départemental des associations de jeunesse et d’éducation populaire de Seine et Marne (CDAJEP 77), je suis intervenu mardi 13 avril lors d'une table ronde consacrée aux pratiques numériques des jeunes et à leur impact sur leurs relations sociales. Un débat fort intéressant avec une assemblée très motivée par le sujet.

Dominique Cardon, chercheur chez Orange Labs, et moi-même avons introduit le débat avec des diaporamas. Ces supports sont de plus en plus utilisés malgré les nombreuses critiques qui stigmatisent leur conception. Dans nos vies professionnelles, nous sommes de plus en plus amenés à confronter nos idées et le diaporama permet d'interpeler l'auditoire de façon plus efficace qu’un rapport de 50 pages qui sera souvent ignoré, faute de temps.

Dominique avait choisi d’illustrer son propos par des graphismes, j’avais pour ma part choisi d’afficher sous forme de texte le résultat d’études et d’analyses, et de poser des questionnements. Deux façons très différentes de présenter la question qui m’ont interrogé sur leurs efficacités.

Pour moi, un diaporama doit être un support autonome, c'est-à-dire que le support doit à lui seul permettre de se faire une idée précise de la question traitée. La présence de son auteur complète la présentation par un discours oral sans l’alourdir. Ce complément peut notamment s’appuyer sur des exemples courts. Mais cela n’est évidemment pas suffisant pour assurer la réussite d’une présentation. J’ai relevé ci-dessous quelques uns des défauts qu’on rencontre le plus souvent.

  • Un diaporama ne doit pas être trop long. 30 minutes semble un grand maximum si l’on veut que l’assemblée présente puisse s’en emparer.
  • Attention au nombre de diapos. Il n’est pas rare de voir des présentations avec plus de 100 slides.
  • Etre synthétique. L’exhaustivité n’est pas l’objectif d’un diaporama. Ne pas copier-coller un texte Word ! Une présentation n’est pas un rapport ou… un livre, découpés en diapos.
  • Parler lentement. Cela favorise la compréhension et a un effet bienfaisant sur la sérénité de l’intervenant et de l’auditoire.
  • Savoir où l’on va : avant toute chose, il est essentiel de structurer son propos. Quelles questions souhaite-t-on aborder ? Dans quel ordre ? Si la progression du propos est efficace, on peut espérer que l’auditoire maintiendra son attention jusqu’au bout.
  • Une police lisible et pas trop petite. Pour le texte, une police de taille 20 semble un minimum. Certaines polices exotiques ne seront pas forcément présentes sur l’ordinateur qui va accueillir le diaporama. Le risque, c’est que la police de substitution ne soit pas adaptée.
  • Ne pas abuser du nombre de polices, du nombre de couleurs et des animations.
  • Gare aux fautes d’orthographe. C’est fou ce qu’une faute d’orthographe se voit bien sur un slide écrit avec une grosse police de caractère. Faites systématiquement relire votre diaporama. Minutieusement, pas uniquement auprès d'une personne complaisante à votre égard.
  • Tester sa présentation sur la machine et dans la salle qui l’accueillera. Ce n’est pas toujours possible mais cela évite bien de mauvaises surprises.
  • Des tableaux, des graphiques qui sont illisibles ou trop surchargés. Dans un tableau aussi, la grosseur de la police a de l’importance.
  • Mettre des photos le plus souvent possible. Une photo permet d’égayer un peu, de faire une pause.
  • Poser des questions est sans doute plus profitable que d’affirmer son point de vue. Un diaporama doit être animé et vivant. Celui qui présente n’est pas « un lecteur », il doit donner l’envie d’aller plus loin.
  • Se faire des points de repère intermédiaire quant au timing. C’est incroyable le nombre de présentations d’une durée annoncée de dix minutes qui durent plus d’une heure ! En général, la fin se fait au pas de course et n’a pas le temps d’être assimilée par ceux qui écoutent.
  • La dernière diapo doit inviter au débat.

En relisant ce billet, je me dis que je vais revoir mes dernières présentations. Il y a encore des progrès à faire. Certaines questions ne sont cependant pas tranchées. Par exemple, faut-il afficher le nombre total de diapos et le numéro de la diapo en cours afin que le public puisse suivre la progression ? Et vous, quelles sont les choses qui vous agacent quand on vous montre un diaporama ?