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Il est urgent d’éduquer la population à la protection de ses données personnelles, lui faire comprendre les avantages d’une réputation numérique mais aussi les précautions qu’elle doit prendre et ce sans tomber dans la paranoïa. Il convient d’apprendre aux internautes comment mieux maîtriser leur profil numérique.

Le risque est réel

Alex Türk, Président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), s’exprimait ainsi en 2005 : «Aux Français qui se demandent comment éviter Big Brother, il faut dire la vérité : nous sommes déjà dans Big Brother. La seule question qui tienne encore, c’est de savoir comment vivre avec.»

Le livre de George Orwell, 1984, démontre, si certains l’avaient oublié, qu’une dictature disposant des données privées d’une population peut annihiler toute possibilité de résistance. Cette question est donc particulièrement importante.

Le même Alex Türk ironisait récemment quant à un accord en matière de protection des données personnelles au niveau mondial : « Si on démarre vite, nous pouvons espérer aboutir d’ici 15 à 20 ans… » puis, plus sérieux « A cette échéance, le traçage sera totalement installé dans notre vie. »

C’est la loi qui autorise cette confiscation des données personnelles

Le Monde, dans une édition de mai dernier, rappelle qu’en mars 2006, l’Union Européenne a adopté la directive « Data Retention » en obligeant les fournisseurs d’accès Internet (FAI) à conserver pendant une période de six mois à deux ans les données de connexion de leurs clients. La loi européenne a été très vite transposée dans le fameux article 6 de la loi pour la confiance en l’économie numérique (LCEN). Cette loi a élargi le champ de la directive en créant la même obligation pour les Espaces publics numériques (EPN).

Dans le même temps, la Suède refuse de la transposer. La Cour constitutionnelle de Bulgarie a jugé que la directive violait la Convention européenne des droits de l’Homme. En Allemagne, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a annulé la loi de 2008 tirée de la directive en la jugeant incompatible avec le respect de la vie privée.

75 % des Français ont peur que leurs données soient vues par n’importe qui.



On peut comprendre pourquoi Facebook est à ce point avide de nos données personnelles, ces données qui lui permettent de faire de la publicité ciblée.

Un article de Jean-Nicolas Reyt explique en effet que Facebook est contraint à brader ces tarifs publicitaires. On considère que Facebook vent ses publicités 18 fois moins chères que partout ailleurs sur Internet.

La raison ? Alors que Google estime un taux de clic de 2 % sur ses bannières publicitaires, Facebook ne pourrait en espérer au mieux que 0.05 %.

La géolocalisation, le pas supplémentaire

La géolocalisation ajoute encore à l’indiscrétion. Les mobiles sont géolocalisés avec précision par les FAI. Facebook annonce Places qui devrait fournir de la publicité géolocalisée dès que le service sera disponible en France.

Le site technaute.cyberpresse.ca précise que si vous n'avez pas pris la précaution de refuser le service Facebook Places, l'une de vos connaissances pourra vous identifier dans Facebook Places et publier votre position géographique, qui apparaîtra ensuite sur son mur.

Vous aurez également intérêt à désélectionner l'option «Mes amis peuvent indiquer que je me trouve à certains endroits».

Mais qui apprend aux internautes à prendre ces précautions ?

Le réseau social « libre » Diaspora sera lancé le 15 septembre prochain. Et si ce projet devenu réalité pouvait enfin permettre une réelle alternative à ce que l’on doit commencer à appeler : le vol des données.