Photo Christian Bensi Les nouveaux usages d’Internet touchent toutes les tranches d’âge et pas seulement la Génération Y. Certes les usages diffèrent selon la génération étudiée mais les nouveaux outils s’imposent partout. La question de la dématérialisation de l’information est donc centrale et nécessite une réflexion approfondie et des objectifs clairement définis.

La rencontre annuelle interCarif-OREF 2010 abordait la question de la dématérialisation. J’ai eu le plaisir d’intervenir lors de cette manifestation.

Ces moments sont essentiels pour confronter la position des équipes, pour les aider à réfléchir et à mieux comprendre « la feuille de route » dans une période où l’avenir des structures est incertain. Des participants ont rappelé les nombreux freins qu’ils rencontraient. La résistance de certains professionnels devant la prise en compte des changements a été signalée. Cette résistance s’explique par la peur de voir les métiers changer, d’être déqualifié, de ne plus être reconnu comme un expert.

Si certaines structures ont parfaitement intégré les nouveaux outils, comme les flux RSS par exemple, d’autres auraient besoin d’une aide logistique pour rattraper leur retard. Les financeurs considèrent à tort que tous les outils sont connus et maîtrisés par les professionnels.

La difficulté de partager l’information au sein des équipes est extrême. On constate la survivance du petit carnet où le professionnel stocke avec jalousie ses contacts privilégiés, ses dernières infos. Des infos non partagées et donc bien peu utiles !

J’ai rappelé l’importance de l’écrit dans la relation d’information. Les derniers chiffres concernant le service monorientationenligne.fr de l'Onisep sont édifiants : 60% des demandes sont traitées par messagerie instantanée, 30% par mail et 10% par téléphone. Les appels téléphoniques concernent 97% des parents d’élèves de collégiens et de lycéens et donc seulement 3% du public jeune.

La nécessité d’informer les intermédiaires a été réaffirmée dans une période où le bouche à oreille reste la source la plus souvent citée dans les enquêtes d’opinion.

L’importance croissante des portables est indéniable comme celle des réseaux sociaux. Mais j’ai rappelé que si un réseau social comme Facebook revendique 19 millions de comptes, il est essentiel de comprendre les raisons pour lesquelles les jeunes et de nombreux moins-jeunes fréquentent ces réseaux. Ce n’est qu’en étudiant finement les motifs et les pratiques qu’une offre adaptée d’informations utiles pourra trouver son public. Des initiatives désordonnées et sans objectif précis sont immanquablement vouées à l’échec.

Rappelons pour conclure qu’il n’existe pas de diffusion efficace de l’information sans une récolte qualifiée et rigoureuse. Dans le secteur de l’information-orientation, l’information est certes abondante mais il est essentiel de contrôler sa fiabilité et son actualité. Se focaliser exclusivement sur la diffusion, c’est oublier le rôle essentiel de la collecte, une collecte réalisée avec des moyens modernes permettant un stockage efficace et donc une réutilisation simplifiée.