Kiki's photos sur Flickr En 2007, une enquête avait été réalisée auprès de 20 000 personnes dans 17 pays en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, à l’initiative de la Fondation pour l’innovation politique : « Les jeunesses face à leur avenir : une enquête internationale ». Je vous en avais parlé ici. Elle révélait que nous avions la jeunesse la plus pessimiste qui soit.

Dans la dernière enquête, réalisée à l'échelle de la France en juillet 2010 par la Sofres auprès de 611 jeunes de 18 à 30 ans : le pessimisme reste une donnée constante.

Les jeunes sont toujours autant angoissés

Un jeune sur deux se dit angoissé lorsqu’il pense à sa situation et à son avenir. Les chiffres les plus forts se retrouvent chez les femmes (58 %), les lycéens et les étudiants (58 %) et les niveaux d’études supérieurs au bac (54 %).

38 % des jeunes se disent même en colère (44 % chez les femmes). Le plus fort taux se trouve chez les chômeurs (68 %).

21 % des jeunes se disent désespérés avec un pourcentage plus fort dans les catégories populaires (27 %) et chez les chômeurs (26 %). Le désespoir est lié au niveau d’études : 43 % pour les non-diplômés, 30 % pour ceux qui ont un niveau inférieur au baccalauréat et 11 % (ce qui reste beaucoup) pour ceux qui ont un niveau supérieur au baccalauréat.

Un jeune sur deux considère que les études ne garantissent pas une insertion plus facile dans le monde du travail. Ce qui est faux ! Certes le secteur dans lequel le diplôme est obtenu joue un rôle très important mais les diplômes du supérieur demeurent une protection forte contre le chômage. 30 % des 18-30 ans déclarent qu’ils ont rencontré au cours des douze derniers mois des difficultés financières importantes pour se loger et 29 % pour se procurer une alimentation saine et équilibrée.

Sept jeunes sur 10 pensent que la place accordée aux jeunes dans la société française n’est pas assez importante.

Certains points échappent cependant à la morosité générale

98 % des jeunes interrogés sont satisfaits des relations qu’ils entretiennent avec leurs proches.

L’enquête couvre une tranche d’âge très vaste et des situations par définition très diverses. La notion de pourcentage n’est donc pas forcément significative.

C’est ainsi qu’ils se disent à 86 % satisfaits de leurs conditions de logement. Il serait intéressant d’étudier parmi ces 86 % le pourcentage de ceux qui sont encore dans le logement familial ou qui bénéficie d’un logement financé par les parents.

75 % des jeunes sont satisfaits des moyens de déplacement qui sont à leur disposition (transports individuels ou collectifs).

66 % des jeunes se déclarent satisfaits de leur situation professionnelle et donc 34 % sont insatisfaits. Plus d’insatisfaction chez les jeunes femmes et les catégories populaires (employés et ouvriers). Le niveau d’insatisfaction quant au niveau de vie croit avec l’âge (17 % des 18-19 ans, 35 % des 20-24 ans, 39 % des 25-30 ans). Une donnée qui évolue sans doute avec l’autonomie financière !

Des jeunes plutôt prêts à s’engager

On les dit égoïstes, pourtant ils se disent prêts à s’engager. Par ordre d’importance, on peut citer :

  • l’environnement et le développement durable,
  • la lutte contre les discriminations,
  • les arts, le sport et la culture,
  • l’aide aux personnes en situation d’exclusion en France,
  • la vie de leur quartier ou de leur village,
  • l’aide au développement à l’étranger,
  • la politique, bon dernier avec 6 % des intentions.

On peut légitimement se demander à la lecture de ces chiffres s’il n’est pas grand temps de permettre aux jeunes d’être davantage acteurs de leur vie et un peu moins dans le cocon faussement protecteur qu’on leur propose.

Considérés selon les cas comme coupables ou victimes, ils ont peu de prise sur leur avenir. A force de les considérer comme un problème, on les cantonne dans un rôle de citoyen passif alors qu’ils pourraient être force de propositions.