Copie d'écran page Facebook Barack Obama On a beaucoup parlé lors de l’élection de Barack Obama, fin 2008, de sa présence massive sur les réseaux sociaux, qui avait contribué à son élection. Barack Obama compte plus de 20 millions de fans sur Facebook et près de 8 millions sur Twitter. En France, si certains politiques sont très friands de technologies numériques et des usages pratiques d’Internet, la plupart sont particulièrement frileux et méfiants quant à cet outil. L’affaire Dominique Strauss Kahn (DSK) le démontre.

Des élus nationaux peu présents sur Facebook et absents sur Twitter

Le recensement que j’ai effectué sur les réseaux sociaux porte sur 20 personnalités politiques qui sont de futurs candidats à l’élection présidentielle de 2012 ou sont en capacité de l’annoncer.

Ma recherche a porté tout d’abord sur Facebook. Les 20 personnalités sont toutes présentes sur Facebook mais le nombre de leurs fans ou « amis » est particulièrement modeste. Il s’agit souvent de profils construits par les comités de soutien et ils sont peu, voire pas, alimentés.



Réseau Facebook au 12 mai 2011

Il est à noter que Manuel Valls n’a pas créé une page mais un profil. C’est tout à fait son droit. Mais Facebook empêche tout profil de dépasser le chiffre de 5 000 amis. Manuels Valls va bientôt atteindre cette limite fatidique. Une page est en train de prendre le relais mais elle ne compte au 12 mai que 118 fans. Ces politiques n’ont pas forcément fait le choix de s’entourer des personnes qui auraient pu les conseiller dans leur stratégie de présence sur les réseaux.

Réseau Twitter au 12 mai 2011

Sur ces 20 candidats, seuls trois personnalités ont jugés utiles de faire certifier leur compte Twitter. Il s’agit de François Bayrou, d’Eva Joly et de Dominique de Villepin. N’importe qui peut ouvrir sur Twitter un compte sans vérification de l’identité qu’il déclare, la certification du compte est donc une sécurité indispensable.

Des élus moins internautes que leurs administrés

L’Ifop a réalisé pour Orange et l’Association des maires de France (AMF) une étude pour mesurer le décalage entre la vision des maires et des internautes quant aux usages du web 2.0. L’échantillon était composé de 401 maires, premier adjoints et adjoints en charge des nouvelles technologies.



On pourrait s’attendre à ce que ces élus occupant des fonctions importantes, obligés d’être informés, soient davantage connectés que le reste de la population. Il n’en est rien. 30 % ne disposent pas d’une connexion à leur domicile et 15 % ne possèdent pas d’une adresse électronique personnelle.

Seuls 29 % d’entre eux peuvent utiliser Internet à partir de leur téléphone mobile. 17 % des élus ont un profil Facebook (bien inférieur à la moyenne nationale). 3 % ont un site personnel ou un blog mais ce chiffre est fortement dépendant de la taille de la collectivité (20 % pour les élus de communes de plus de 20 000 habitants). 2 % ont un compte Twitter. En tant qu’élu, 40 % ont un mail professionnel.

Si 79 % des internautes considèrent que le web permet de façon notable de toucher les jeunes, seuls 64 % des élus le pensent. 85 % des élus ignorent ce que l’on dit d’eux sur Internet. 53 % de ces élus pensent que ces nouveaux moyens de communication ne renforcent pas la proximité avec les administrés.

Et l’affaire Dominique Strauss Kahn ?

Si les afficionados de Twitter et de Facebook se sont largement emparés de l'accusation de tentative de viol et de séquestration à laquelle est soumis Dominique Strauss-Kahn en publiant tout et n’importe quoi, on doit constater qu’il n’y a pas de gestion de crise sur les réseaux sociaux :

  • Personne n’a publié sur la page Facebook de Dominique Strauss Kahn. Le public commente massivement la dernière publication du 22 avril ! Aucune publication de la part de ceux qui disposent des codes d’accès à la page du candidat.
  • Sur « club dsk » sur Facebook, c’est l’accusation qui a pris la parole et publie sur le mur pendant que le débat se fait dans les commentaires. Qui administre cette page ?
  • Sur « club dsk » sur Twitter une activité très modérée des (de la) personne en charge du compte.

On connaissait trois types de public en fracture numérique : les plus âgés, les moins diplômés, les plus pauvres. Cette fracture numérique qui touche les élus de la République est particulièrement inquiétante car ce sont eux qui font les choix stratégiques et éducatifs pour demain. Et manifestement, Internet, ils ne connaissent pas !