Photo de Coopératique sur Flickr Les internautes et les mobinautes sont friands des réseaux sociaux. Les organisations et les professionnels du web s’y intéressent particulièrement pour assurer leur communication. Un des moments forts de cet été 2011 sur le web aura sans doute été le lancement du réseau social Google+. Faut-il imaginer que dans l’avenir, chaque individu sera actif sur un nombre croissant de réseaux sociaux ou faut-il anticiper la disparition de certains réseaux ? On peut légitimement se demander quelle stratégie adopter et comment répartir le temps qui est consacré aux réseaux dans les organisations.

La naissance de Google+

Certains observateurs annoncent une baisse de l’activité de Facebook aux Etats-Unis, est-ce un indicateur de baisse de notoriété pour Facebook ou cela laisse-t-il entrevoir une certaine lassitude quant aux réseaux sociaux ?

Comme d’ordinaire avec Google, ce sont les professionnels du web et les geeks qui se sont emparés en priorité de l’outil. En effet pour s’inscrire dans ce réseau social, il fallait au départ être invité (coopté par un utilisateur de Google+). On peut désormais s’inscrire librement en créant un compte Google ou en utilisant celui dont on dispose déjà. Google+ a réuni lors de son premier mois d’activité 25 millions d’utilisateurs.

Twitter semble menacé par Google+

Twitter a longtemps permis que des services extérieurs se greffent sur son interface pour utiliser son service. On constate aujourd’hui qu’il souhaite moins de déperdition pour son audience. On peut constater la disparition des flux RSS de Twitter qui permettaient notamment de suivre des usagers du réseau social au sein d’un lecteur de flux. Le service search.twitter.com est désormais intégré au sein même de Twitter. On peut désormais insérer une photo directement dans un tweet, raccourcir une adresse web sans recourir à des services extérieurs.

Malgré tous ces efforts, beaucoup d’analystes considèrent aujourd’hui que Twitter est fortement menacé par Google+. Ceux-là considèrent comme des handicaps la limitation à 140 caractères des messages, l’impossibilité de suivre une discussion au sein du fil d’actualité, le fait que le grand public se soit faiblement approprié Twitter en France (entre 2.4 et 3 millions d’abonnés selon les estimations). Et sans doute moins d’un million d’utilisateurs actifs au total !

Facebook accroit sa vigilance quant à la concurrence

Globalement, l’activité de Facebook se développe : 860 millions de visiteurs uniques en juillet 2011. L’intégration de la vidéo dans la messagerie a clairement eu pour objet de contrer Google+ qui a annoncé ce service dès son ouverture. Facebook augmente ses revenus : le coût par clic des publicités a augmenté de 22 % entre le premier et le second trimestre 2011, suite à l’augmentation de la demande des entreprises. Facebook, qui se sait attaqué sur la question du respect de la vie privée, permettra prochainement de mieux gérer certains paramètres de confidentialité.

Mais tout n’est pas rose : l’Allemagne a déclaré illégal le bouton « j’aime » de Facebook, avec une amende de 50 000 euros pour les sites allemands qui passeraient outre l’interdiction.



Google+ a pour l’instant tiré leçon des difficultés des autres réseaux

Google+ n’a toujours pas développé d’API, obligeant ainsi chaque utilisateur qui veut publier ou commenter une publication à se rendre dans Google+. On constate ainsi une réelle conversation dans le flux d’actualité de Google+. Le contenu des informations qu’on y voit s’inspire davantage de Twitter que de Facebook (plus d’informations générales que d’éléments de vie privé). Les cercles sont plus faciles à mettre en œuvre que les listes d’amis, ce qui pourrait permettre aux utilisateurs de Google+ de protéger plus facilement avec un seul profil leurs différentes sphères privées. Enfin, la possibilité de créer à l’infini des cercles est un vrai plus pour créer rapidement des groupes de travail et les faire fonctionner en toute discrétion.

Conscient de l’importance de l’adoption par le grand public, Google+ permet d’accéder à des jeux dans son service comme le permet Facebook.

Facebook ou Google+ : qui gagnera la bataille du grand public ?

Les professionnels ont validé le concept Google+ rapidement mais qu’en sera-t-il du grand public ? Ce dernier n’adoptera pas forcément le nouveau réseau, eu égard à la somme d’informations privées qu’il a confié à Facebook et qu’il devrait transférer. A l’inverse, peut-on imaginer que le non-respect de la vie privée par Facebook puisse entraîner, comme on l’a souvent annoncé, un départ massif de ses utilisateurs. Mais Google est-il un meilleur garant de la vie privée, on peut en douter !

Quoi qu’il en soit, les organisations n’ont en théorie pas le droit d’être présentes sur Google+. Elles le pourront sans doute avant la fin de l’année ou des pages spécifiques leur seront réservées. Il est donc urgent d’attendre la suite des évènements avant de faire évoluer en profondeur sa stratégie de communication.