David FayonDavid Fayon est directeur de projets à La Poste. Il est par ailleurs l’auteur de Web 2.0 et au-delà chez Economica, co-auteur de Facebook, Twitter et les autres… chez Pearson. À l’occasion de la sortie prochaine de son nouvel ouvrage Réseaux sociaux et entreprise : les bonnes pratiques, David Fayon a accepté de répondre à mes questions concernant les réseaux sociaux.

Christian Bensi : Quels sont les faits qui ont marqué 2011 en matière de réseaux sociaux ?

David Fayon : En tout premier lieu, Google + qui se place en concurrent crédible de Facebook et de Twitter. La géolocalisation progresse lentement mais même si Facebook abandonne son outil de géolocalisation Places (Lieux), on ne peut nier l’importance que prend Foursquare. Ensuite nous avons l’introduction en Bourse de LinkedIn et la frénésie des rachats de Google et des majors du Web.



Par contre une vraie déception pour Diaspora, le réseau social open source, qui a pris beaucoup de retard. Enfin, il faudra suivre en 2012 l’arrivée de Tulalip, nom de code du futur réseau social de Microsoft. Microsoft pèsera sur les réseaux sociaux au-delà d’outils comme Sharepoint ou d’une participation symbolique dans Facebook. Notons enfin la poursuite du développement de quelques réseaux sociaux de niche.

CB : Les réseaux sociaux sont-ils appelés à devenir le principal moyen de communication des organisations ?

DF : L’avènement des réseaux sociaux constitue la troisième révolution des télécoms après le téléphone et la messagerie électronique. Thierry Breton, P-DG de la SSII internationale ATOS, s’est exprimé en début d’année en déclarant que le mail n’était plus un outil approprié et qu’il était générateur de pertes de temps et de savoir (lors du départ des salariés de l’entreprise). On peut penser que dans les années qui viennent, on aura toujours le mail mais les outils actuels cohabiteront avec les réseaux sociaux.

En outre, la frontière entre la vie privée et la vie professionnelle s’est notoirement estompée pour les cadres mais c’est un phénomène qui va toucher de plus en plus toutes les catégories socioprofessionnelles. Le réseau social permettra de poursuivre ses différentes activités et ce quel que soit le lieu où l’on se trouve.

Microsoft a racheté Skype dernièrement. Imaginer la suite bureautique Office doté d’un outil de visio-conférence est une perspective intéressante.

CB : Après Twitter et Facebook, que peut apporter Google+ ?

DF : L’interconnexion de Google+ avec l’écosystème de Google est une vraie plus-value. Le fait d’exiger d’avoir un compte Gmail pour disposer d’un compte Google+ peut apparaître comme un frein mais je ne doute pas qu’il y aura un vrai travail d’évangélisation qui entraînera l’adhésion du plus grand nombre. Je crois que les rapports de force peuvent évoluer : après tout, MySpace paraissait indétrônable quand Facebook est arrivé. Et pourtant ! Je pense aussi que le principe des cercles chez Google+ permet de mieux protéger ses données privées. Beaucoup d’internautes sont sensibles à cet aspect.

CB : N’y-a-t-il pas un risque de lassitude du public quant aux réseaux sociaux ?

DF : Pour une frange infime de la population, sans doute. Il n’y a pas eu de lassitude pour le mail ou le téléphone. Pourquoi y en aurait-il pour les réseaux sociaux ? Il faudra cependant que les internautes restent vigilants quant au juste équilibre entre leur vie physique et les échanges qu’ils ont sur les réseaux sociaux. Les deux mondes, physique et virtuel, doivent être complémentaires.

CB : Pour une structure, une des clés de la réussite c’est la capacité à créer de l’interactivité sur son fil d’actualité ? Comment peut-on générer cette interactivité ?

DF : La première question à se poser pour une organisation est : « Qu’est-ce que j’ai à dire ? » puis « Est-ce que cela présente un intérêt par rapport à mes cibles ? ». Une association parlera de ses missions, de son activité, de sa recherche de financement. Elle indiquera les manifestations qu’elle organise mais aussi celles auxquelles elle participe. Avec un compte sur Twitter, elle en profitera pour créer des hashtags que ceux qui s’intéressent à son activité pourront suivre. Elle s’adaptera à sa cible par l’émotion ou par l’humour. Sa présence sur un réseau Twitter ou sur un réseau Facebook ne visera pas le même public, n’aura pas la même finalité. Une vidéo amateur déposée sur YouTube et relayée sur les réseaux sociaux pourra attirer l’attention des financeurs sur ses activités.

CB : Venons-en à ton actualité. Tu as écrit un nouveau livre ?

DF : Je rempile avec Christine Balagué après Facebook, Twitter et les autres…. Ce nouveau livre a pour titre : Réseaux sociaux et entreprise : les bonnes pratiques. Nous nous sommes attachés à montrer ce qui marche et ce qui ne marche pas en matière de présence dans les réseaux sociaux. 80 % des exemples que nous avons pris décrivent l’action d’entreprises ou de fondations françaises.

L'ouvrage peut d'ores et déjà être commandé sur Amazon pour une livraison en avant-première à partir du 14 octobre. Il arrive le 28 octobre en librairie.

Son site : http://davidfayon.fr/