Site illustrations.fr L’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) a demandé à TNS Sofres de réaliser une série d’interviews en face à face, auprès de 1 200 personnes âgées de 14 ans et plus. Si beaucoup de Français admettent que des avancées considérables sont dues au numérique, beaucoup affirment leur inquiétude.

54 % d’enthousiastes face au numérique

L’étude distingue six catégories de Français. Les trois premières sont composés de Français curieux, enthousiastes et confiants face au numérique :

  • Les grands explorateurs représentent 18 % de la population. Ce sont majoritairement des hommes, âgés de 25 à 34 ans ou moins. Ils font partie des catégories socio-professionnelles supérieures (PCS+) et habitent les grandes villes.
  • Les baroudeurs pragmatiques sont au nombre de 16 %. Ce sont majoritairement des moins de 25 ans et ils font partie des catégories socio-professionnelles les plus basses (PCS-).
  • Les apprentis voyageurs, au nombre de 20 %, viennent tout juste de s’engager sur les chemins de ce nouveau monde. Ils ont majoritairement entre 35 et 49 ans et sont principalement des PCS-.

Les trois autres catégories éprouvent de l’inquiétude face aux numérique :

  • Les randonneurs vigilants font un usage modéré du numérique. Ils représentent 16 % de la population. Ce sont principalement des 35-49 ans avec des enfants au foyer et des PCS+. Ils sont curieux mais dépassés et inquiets face au numérique.
  • Les révoltés du numérique représentent 10 % de la population française. Ils ont majoritairement 65 ans et +, sont de catégorie modeste et habitent des communes rurales isolées. Par rapport au numérique, ils sont inquiets, dépassés et indifférents.
  • Les bienheureux sédentaires ne considèrent en aucun cas le numérique comme quelque chose d’indispensable. Ils représentent 16 % de la population. Ce sont majoritairement des 65 et +, de catégorie moyenne inférieure, issus de communes rurales sous influence urbaine. Ils sont dépassés, indifférents et agacés.

17 % de la population se sent exclue

Si 64 % des Français se disent confiants et 57 % enthousiastes, 53 % s’avouent un peu dépassés, 37 % inquiets, 33 % indifférents, 30 % agacés et surtout 17 % exclus. La relation au numérique reste intense jusqu’à 65 ans mais la passion diminue dès 35 ans. On constate que le sentiment d’être un peu dépassé progresse fortement avec l’âge. Si le chiffre ne dépasse guère les 20 % pour les moins de 25 ans, il atteint les 42 % pour les 25-34 ans, les 52 % pour les 35-49 ans. Il dépasse les 60 % pour les 50-64 ans et atteint les 74 % pour les plus de 65 ans.

Bien que le numérique apparaisse comme positif dans bien des domaines, 65 % le considèrent négatif quant au respect de la vie privée.

Sur le plan relationnel, le numérique apparait comme positif sur les relations professionnelles et amicales. Mais un quart à un tiers de l’échantillon regrette les conséquences sur les relations familiales et amoureuses.

Quand on leur demande si les technologies leur apportent du bien ou du mal, les Français sont très partagés. On trouve le plus d’avis positifs chez les cadres (71 %), les salariés du public (66 %) et les étudiants (60 %).

Un quart de la population craint les évolutions du monde numérique.

La sempiternelle question : êtes-vous bien informés ?

36 % des Français s’estiment mal informés. Mais 60 % de l’échantillon estiment qu’ils n’auraient pas de questions à poser s’ils se trouvaient face à des spécialistes du numérique.

L’étude s’est déroulée du 26 au 31 août 2011 et est disponible ici.