Site Illustrations.fr L’enquête nationale 2011 Profétic, du Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, vise à connaître les usages des outils numériques par les professeurs du second degré. 5 000 enseignants ont été encouragés à remplir un questionnaire en ligne dans la période du 8 avril au 10 juin 2011. 2 314 enseignants ont accepté de répondre. Les académies où on trouve le moins de répondants se situent dans les îles (Corse, Guadeloupe, Guyane et Réunion) et en Ile de France (Paris, Créteil et Versailles).

Les questionnaires ont été redressés en fonction de la taille des académies et des types d’établissement. Le sexe, l’âge du répondant, son expérience dans le métier et dans l’établissement ont également fait l’objet d’un redressement. Rappelons cependant que les résultats sont interprétés à partir de l’échantillon qui a accepté de répondre. Les non-répondants sont sans doute moins impliqués dans l’usage des outils numériques avec leurs élèves que les répondants à ce questionnaire.

De 3 à 5 tableaux interactifs pour… 1 000 élèves

Pour mieux comprendre les réponses des enseignants, il m’a paru intéressant de reprendre les chiffres pour le second degré de l’enquête nationale Etic 2010 du Ministère. Celle-ci est particulièrement intéressante pour connaître le matériel dont disposent les élèves. Le Ministère distingue le nombre de machines de moins de 5 ans. C’est ce matériel que je retiendrai ici. On compte un ordinateur pour 9,5 élèves en collège, un pour 4,6 en lycée d’enseignement général et technologique, un pour 4 élèves en lycée professionnel. Le nombre d’ordinateurs pour 100 élèves varie grandement d’une académie à une autre. Par ailleurs, on trouve dans les établissements entre 2 et 2,7 vidéoprojecteurs pour cent élèves et de 2,8 à 4,8 tableaux interactifs pour mille élèves.



4 % des enseignants n’ont pas accès à Internet à leur domicile

Peu de professeurs disposent d’un matériel fourni par l’Education nationale. 71 % des répondants ont un ordinateur fixe au domicile, 77 % ont un ordinateur portable. 31 % disposent d’un téléphone avec accès Internet et même 8 % disposent d’une tablette numérique. Mais 4 % n’ont pas accès à Internet et même 1 % n’a pas d’ordinateur.

Au sein de l’établissement, 79 % des enseignants accèdent facilement à un ordinateur pour leurs besoins, 66 % à un matériel de vidéo projection, 59 % à des ordinateurs pour les élèves, 14 % à un tableau interactif.

Pour ce qui est des ressources pédagogiques, les résultats sont les suivants :

Ressources pédagogiques disponibles

La plupart des répondants utilisent le matériel mis à leur disposition pour préparer des cours (75 %), saisir des notes ou des absences (52 %), monter des séquences d’activités sans manipulation des élèves (46 %), compléter le cahier de texte (44 %).

21 % des répondants déclarent monter des séquences d’activités avec manipulation des élèves au moins une fois par semaine. Ils étaient 11 % dans ce rapport 2008.

Rappelons que l’étude du Crédoc 2011 confirme que les collégiens et lycéens ont une faible utilisation des TIC sur leur lieu d’études. 4 % seulement en ont une utilisation quotidienne.



Un problème de formation et de matériel

Les principaux facteurs qui peuvent dissuader les enseignants de faire usage des TIC sont la taille des groupes d’élèves, un équipement informatique insuffisant ou défectueux, un manque de formation et d’assistance, des contraintes horaires et organisationnelles.

37 % des répondants estiment leur maîtrise des matériels et services numériques insuffisante voire très insuffisante.

Pour ce qui est des formations, la moitié des répondants a suivi une formation d’une durée de 1 à 5 jours. Pour ceux qui n’en ont pas suivi (40 %), les trois raisons majeures évoquées sont qu’ils n’en ont pas formulé la demande, qu’ils n’en ont pas eu connaissance, que les formations proposées étaient inadéquates.

Les enseignants qui ont répondu à ce questionnaire sont très majoritairement convaincus de l’intérêt des TIC pour leur enseignement.

62 % des répondants estiment l’usage des TIC dans l’établissement insuffisamment développé mais beaucoup espèrent une évolution positive dans le futur. L’école prend du retard et une partie des difficultés qu’elle rencontre sont liées à ce retard.