Dominique Genuer Lorsqu’un site Internet ou un Intranet veut se faire l’écho de l’activité d’une collectivité, les difficultés sont multiples. Pour que l’ensemble de l’activité soit appréhendé, il est souvent fait appel à des interlocuteurs, dispersés dans différents services, que l’on appelle contributeurs. Pour donner de la cohérence à l’ensemble de ces contributions, certaines précautions doivent être prises. J’ai demandé à Dominique Genuer de nous parler des réseaux de contributeurs.

Dominique Genuer est documentaliste de formation. Elle est consultante en information numérique et spécialisée sur le web d’information et la veille. Elle vient d’écrire un livre pour Territorial Editions : « Constituer et animer un réseau de contributeurs de site Internet/ Intranet. » Ce guide est une boite à outil qui traite la question de façon extrêmement détaillée. Le livre s’adresse aux collectivités territoriales mais les questions abordées sont transposables dans certaines grosses associations et sans doute aussi dans les entreprises.

Christian Bensi : Quelles sont les plus grosses difficultés que l’on rencontre quand on anime un réseau de contributeurs ?

Dominique Genuer : Un réseau est constitué pour soutenir l’activité des contributeurs. Le réseau va permettre de valoriser leur travail, de donner une visibilité à leur activité. Cette reconnaissance leur permettra de disposer d’un temps de travail suffisant, de moyens pour exécuter leurs missions. Le pire qui puisse arriver c’est que le réseau ne soit pas animé. Chaque contributeur se trouve alors isolé dans son service et ne bénéficie pas du soutien du groupe.

Du coup, s’il n’y a pas de réseau, le site manquera de cohérence.

Avec un intranet ou avec Internet de manière générale, on touche à des aspects très techniques. Le réseau apporte la dimension humaine. C’est cette dimension qui donne un Intranet de qualité, qui encourage la consultation de l’information diffusée.

CB : Comment peut-on favoriser l’implication des contributeurs ?

DG : Il est absolument indispensable que le système repose sur le volontariat. Il faut également une hiérarchie qui ait compris l’importance de la fonction de contributeur. Il faut enfin professionnaliser les différents acteurs.

CB : Quelles sont les qualités requises chez un coordonnateur de réseau ?

DG : Le coordonnateur doit avoir un grand sens de la communication, il faut qu’il soit patient, qu’il ait confiance dans le travail des contributeurs. Il faut qu’il soit opiniâtre afin de vaincre les obstacles. Il doit être reconnu par ses interlocuteurs.

CB : Qu’est ce qui t’a amené à écrire ce guide ?

DG : Je voulais écrire mes mémoires (rires). Durant 7 ans, j’ai moi-même coordonné un réseau de contributeur au Conseil général de l’Essonne. J’ai dû mettre en place des outils, porter remède à beaucoup de situations. J’ai beaucoup tâtonné. J’ai voulu au travers de ce guide témoigner de ma vision et de celles d’autres coordonnateurs de réseau.

Le livre de Dominique Genuer est disponible ici.