Avatar David de la Picardie David Tabary gère les comptes de la Région Picardie sur Twitter et Facebook depuis octobre 2010. Il coordonne aussi la cellule Web de la Région. La Picardie a expérimenté des présences sur d’autres réseaux sociaux mais qui n’ont pas eu les résultats escomptés. Quand David est arrivé, les deux réseaux sociaux comptaient 800 fans et abonnés chacun. La Région picarde est aujourd’hui la première Région dans Facebook et la seconde pour Twitter comme l’indique le baromètre des réseaux sociaux du 20 février 2012.



Christian Bensi : Pourquoi avoir choisi David de la Picardie comme nom d’administrateur sur Facebook au lieu de ta véritable identité ? Cette pratique est interdite par les Conditions générales d’utilisation de Facebook.

David Tabary : Nous avons souhaité mettre de l’humain dans la relation avec les fans mais sans trop personnaliser la présence de la Région. Si je pars un jour, il ne sera pas difficile de remplacer David de la Picardie par Paul de la Picardie par exemple. Avec les changements auxquels nous soumet Facebook, mélanger l’activité d’un vrai profil avec celle de Community Manager est risquée. En cas de problème avec Facebook, d’autres profils sont administrateurs de cette page. Cette situation n’est donc pas dangereuse si le profil David de la Picardie venait à être supprimé.

CB : Ce profil a des amis, n’est-ce pas étonnant ?

DT : En fait les « amis » de David de la Picardie font le même métier que moi ou sont des Picards. Il paraissait difficile de refuser à ceux qui aimaient la page d’être en contact avec celui qui la gérait. Les personnes qui me contactent via le profil ne le feraient sans doute pas de la même façon par le biais de la page.

CB : Quelle est ta stratégie en terme de publication ?

DT : Quand je suis arrivé, tout était automatisé sur les deux réseaux. Il n’y avait pas d’interactions avec les abonnés ou les fans. Quand je posais une question, une ou deux personnes « aimaient » la question mais personne ne répondait. Petit à petit on a humanisé notre présence et on a commencé à avoir des vraies conversations. Aujourd’hui les articles publiés sur Twitter sont encore republiés automatiquement à partir du flux RSS de picardie.fr mais je reprends dans la journée les informations les plus importantes manuellement. Sur Facebook, au début, on publiait davantage et on a constaté que l’on perdait des fans. Les fans ne veulent pas voir leur fil d’actualité envahit par nos informations. Tout se fait donc en manuel. Dans la semaine, on publie une fois avant 10 h et une fois entre 17 et 18 h. On ne publie pas le week-end à l’exception d’une fois le samedi matin pour souhaiter un bon week-end à tous les Picards.

Il faut s’adapter à son public, voir les horaires qui marchent et ceux qui ne marchent pas.

CB : Que réponds-tu à ceux qui disent qu’ils sont obligés d’automatiser les publications sur les réseaux sociaux parce qu’ils n’ont pas le temps de faire autrement ?

DT : S’ils n’ont pas les moyens humains nécessaires, il vaut mieux qu’ils s’abstiennent. Faire acte de présence de cette façon n’a aucun intérêt.

CB : Tu utilises une application pour que les Picards proposent des informations à publier ? Cet outil est-il beaucoup utilisé ?

DT : Je reçois en moyenne une demande par jour mais depuis la nouvelle interface des pages, je reçois aussi des demandes directement par l’outil « message » proposé par Facebook.

CB : Est-ce le rôle d’une collectivité comme la région Picarde de faire la promotion de ses habitants. Je pense notamment aux Follow Friday (#FF) sur Twitter ?

DT : J’ai constaté, après enquête que les #FF n’ont pas d’influence sur la fréquentation des comptes que je cite. Les personnes que je mets en avant sont celles qui sont entrés en contact avec moi ou qui ont repris les tweets de la Région. J’ai créé une liste de Picards. Ceux que j’identifie sont ajoutés sur la liste et j’encourage les abonnés du compte à la consulter.

CB : Comment organises-tu ta veille ? Quels outils utilises-tu ?

DT : J’utilise beaucoup Scoopit. J’utilise aussi un agrégateur de flux RSS Feedly et puis bien sûr je fais ma veille au sein même de Twitter. Je me sers des listes et je suis particulièrement certains comptes.

CB : Utilises-tu d’autres outils de statistiques que ceux fournis par Facebook ? Qu’utilises-tu pour Twitter ?

DT : Les statistiques fournies par Facebook me suffisent. Pour Twitter, j’ai constaté que beaucoup de messages sont retweetés sans que celui qui le fait ait pris la peine de consulter le lien et de lire l’article correspondant. Il est donc essentiel de connaître le nombre de fois ou le lien a été cliqué. J’utilise Crowdbooster et Twittercounter pour mes statistiques Twitter. Pour connaître l’apport des réseaux sociaux pour le site Picardie.fr, j’utilise les outils d’analyse de trafic de Google Analytics.

CB : La région recourt-elle à la publicité sur Facebook pour se faire connaître ?

DT : Nous l’avons fait fin 2011. A notre grande surprise, les résultats ont été très bons. Cela nous a amené un public nouveau qui ne connaissaient pas la page et qui était très intéressés par nos informations. Cela a donc entraîné une forte progression du nombre de fans mais aussi des interactions sur la page.

CB : Quelle influence les réseaux sociaux ont-ils sur la fréquentation du site Internet de la région ?

DT : C’est la troisième source de trafic pour le site Internet régional. Mais loin derrière les moteurs de recherche ! Une bonne newsletter apporte plus de trafic que les réseaux sociaux. Nous sommes la première Région en nombre de fans mais il nous reste encore des progrès à faire.

La page Facebook de la Région Picardie

Le compte Twitter de la Région Picardie