Informer les jeunes là où ils sont
Par Christian BENSI le mardi 4 avril 2006, 01:10 - Apports et réflexions - Lien permanent
La société passe progressivement de l’ère de la réception passive (journaux, télévision, magazines, guides) à l’ère de l’échange (mode conversationnel). Le chat, les messageries instantanés, les forums, les SMS, les blogs ont une « côte terrible » auprès des adolescents et des jeunes de manière générale.
Ces nouvelles pratiques doivent-elles influencer notre façon d’informer ?
Il y a une semaine, Laurence nous invitait dans un commentaire à réfléchir à « l’invitation d'un jeune, qui cite les centres information jeunesse et s'étonne que nous attendions que les jeunes viennent à nous, plutôt que nous allions vers eux et leur mode de communication (c'est à dire les blogs) ».
La question qu’elle pose me semble fondamentale mais délicate dans sa mise en œuvre.
Les jeunes sont de moins en moins présents dans les équipements qu’on a réalisé pour eux. On peut donc légitimement penser que les éducateurs doivent rejoindre les jeunes là où ils sont. Malheureusement les professionnels de l’éducation et ceux de l’information sont contraints à une « logique des territoires ». Une association est financée pour une mission s’adressant à des jeunes mais sur un territoire déterminé.
Or, le web n’a pas de territorialité et les blogs encore moins !
Une collectivité territoriale finance des actions qui s’adresse à « ses jeunes » et voit d’un mauvais œil les actions qu’elle finance et qui n’ont pas suffisamment de retombées sur le territoire qu’elle a en charge.
L’Etat assurait jusqu’alors des missions transversales mais il y a de moins en moins d’Etat. Les collectivités accepteront-elles de financer des actions dont elles ne seront pas sûres que « leurs » jeunes seront les principaux bénéficiaires ?
Si la réponse est oui, alors ils nous sera possible d’envisager des actions nous permettant d’être là où sont les jeunes, d’être présents, là où notre mission d’information peut s’exercer pleinement. Sinon...

Commentaires
Sinon ...? nous ferons avec les moyens qu'on nous donne, peu et de manière dispersée !
La troisième option : la dimension européenne, mais les financements pour le prochain programme jeunesse est encore en discussion il me semble.
La quatrième option : le partenariat, et je dis bien le partenariat et pas la mutualisation. Je m'explique le partenariat consiste à s'associer avec un ou des tiers, dans un intérêt commun, dans ce cadre on est dans le partage. Mutualiser = faire passer un risque sur l'autre, exemple les communauté de communes, d'agglo etc qui mutualise leurs recettes mais aussi les coûts. Quand on voit les dissenssions existantes sur nombre de ces territoires, on ne peut que constater que seul les territoires qui ont d'abord mis en place un partenariat sont satisfaites de cette mutualisation. De plus, la mutualisation à un coût important puisque cela nécessite une infrastructure à mettre en place. Donc pour en revenir à ma distinction partenariat/mutualisation, tant qu'autour de la table il n'y aura pas un diagnostic partagé et une volonté de travailler ensemble, mutualiser sera forcément une impasse, voire un échec.
J'en viens à ma cinquième option : une superstructure nationale qui jouerait un rôle d'animation, de coordination, et aiderait à la mise en oeuvre des orientations de l'IJ après négociation et partenariat avec l'ensemble des territoires ........
J'aime bien ton distingo entre partenariat et mutualisation. A méditer.
Mais ici, je crois que la réponse est aux politiques. C'est la nécessaire rationalisation des moyens qui forcera la prise de conscience, j'en suis persuadé. C'est en période de crise qu'on résoud les grandes questions.
Quand à la superstructure que tu proposes, on te répondra "qu'elles" existent déjà : le CIDJ ou le CNOIJ ou la xième structure qui une fois de plus tentera de s'accaparer le pouvoir ou de s'auto-proclamer sans écouter ce que les autres ont à dire.
Aujourd'hui, plus que jamais (mais il faut dire que je rabâche cela depuis plus de 20 ans), je crois que le partenariat n'existe qu'avec des structures différentes aux compétences nettement différenciées.
Nous avons besoin des autres réseaux pour repartir et même si cela nous coûte, nous devons nous battre pour cela.
Utopie !
Oui, les "superstructures" existent déjà.... passons...
Pour la question du partenariat qui ne peut se faire qu'avec des structures différentes, je suis plutôt d'accord Mais il me semble quand même que, bien que nous soyons tous dans le même domaine, nous sommes indépendant des uns des autres, avec des réalités (géographiques, territoriales, démographique, économie ...) relativement différentes. Et surtout le partenariat se crée sur un ou des intérêts communs, et là il est difficile de dire que ce n'est pas le cas.