Nous sommes de plus en plus destinataires d'information que nous n'avons plus le temps de lire. En plus de l'information papier, combien de newsletters, de blogs, de fils RSS sont disponibles pour délivrer de l'information. La publicité engorgeait nos boites aux lettres (papier et électronique), elle encombre désormais aussi les messageries de nos téléphones portables. L'information est aujourd'hui de plus en plus de la communication car l'objectif est moins de nous informer que de nous séduire. La fiabilité de l'information est relative car « les auteurs » sont de plus en plus "anonymes".

Sur quelques sites Internet, on trouve par exemple « l'avis des utilisateurs » mais qui sont ces utilisateurs: vous, moi ou des commerciaux chargés de nous faire acheter un produit! Les points de repères disparaissent : votre assureur propose des placements financiers, votre banque vous propose des assurances.

Peut-on refuser toute cette publicité, toute cette information, dont une partie vient de nos services publics? Bien évidemment, ne pas disposer de l'information, c'est se condamner à vivre difficilement. Les systèmes se complexifient sans cesse et il faut être informé pour être apte à les utiliser. Si l'on veut vraiment que l'information joue son rôle, c'est à dire qu'elle soit utile, il faudra d'abord en diminuer la quantité, la classer, la dater, identifier les sources, choisir la meilleure façon de la faire parvenir à ses destinataires et non pas la concevoir comme une stratégie offensive. L'objectif en matière d'information n'est pas de submerger le public mais de répondre à ses questions et ce le plus simplement possible. Si nous voulons y parvenir, il faudra concentrer des moyens, faire jouer pleinement les complémentarités.

Au-delà des discours bienveillants, les acteurs de l'information devront se mobiliser pour éviter l'asphyxie qui nous guette.