S’informer sans se noyer
Par Christian BENSI le lundi 6 février 2006, 16:55 - Apports et réflexions - Lien permanent
Nous sommes dans la société de l'information. Les évidences, les bons conseils des proches sont autant de données à vérifier. L'information pratique, concrète, synthétique et actualisée est devenue vitale pour tous mais nous frôlons l'overdose.
Nous sommes de plus en plus destinataires d'information que nous n'avons
plus le temps de lire. En plus de l'information papier, combien de newsletters,
de blogs, de fils RSS sont disponibles pour délivrer de l'information. La
publicité engorgeait nos boites aux lettres (papier et électronique), elle
encombre désormais aussi les messageries de nos téléphones portables.
L'information est aujourd'hui de plus en plus de la communication car
l'objectif est moins de nous informer que de nous séduire. La fiabilité de
l'information est relative car « les auteurs » sont de plus en plus
"anonymes".
Sur quelques sites Internet, on trouve par exemple « l'avis des
utilisateurs » mais qui sont ces utilisateurs: vous, moi ou des
commerciaux chargés de nous faire acheter un produit! Les points de repères
disparaissent : votre assureur propose des placements financiers, votre
banque vous propose des assurances.
Peut-on refuser toute cette publicité, toute cette information, dont une
partie vient de nos services publics? Bien évidemment, ne pas disposer de
l'information, c'est se condamner à vivre difficilement. Les systèmes se
complexifient sans cesse et il faut être informé pour être apte à les utiliser.
Si l'on veut vraiment que l'information joue son rôle, c'est à dire qu'elle
soit utile, il faudra d'abord en diminuer la quantité, la classer, la dater,
identifier les sources, choisir la meilleure façon de la faire parvenir à ses
destinataires et non pas la concevoir comme une stratégie offensive. L'objectif
en matière d'information n'est pas de submerger le public mais de répondre à
ses questions et ce le plus simplement possible. Si nous voulons y parvenir, il
faudra concentrer des moyens, faire jouer pleinement les
complémentarités.
Au-delà des discours bienveillants, les acteurs de l'information devront se mobiliser pour éviter l'asphyxie qui nous guette.

Commentaires
L'information est certes abondante mais elle ne provient de de très (trop) peu de sources?
En effet seules 4 agences de presse d'envergure se partagent l'information du monde entier.
Alors la question n'est pas seulement celle de l'abondance mais aussi celle de l'objectivité et des choix de diffusion.
Certes, le pouvoir d'informer était concentré dans un très petit nombre d'acteurs. Je dis "était" car il me semble qu'avec Internet (les sites, les blogs, les messageries instantanées, les forums, les sms, etc.) l'information est moins "contrôlable".
C'est une énorme avancée pour nos libertés mais c'est également un danger.
Je crois en effet que toute cette information qui circule ne règle pas la question de la subjectivité et ne nous permet toujours pas de distinguer les informations vraies des informations fausses.
Enfin, quel intérêt pour un individu de disposer de toute l'information dont il n'as pas forcément besoin ? Comment lui permettre de disposer de celle dont il a besoin au moment où il en a besoin.
La redondance en matière d'information est une perte de temps considérable...