Cette idée de prendre en compte les votes des internautes pour structurer un site web a été imaginée par Digg. Digg est un service en langue anglaise qui propose aux internautes de publier des articles, de voter pour les articles déjà publiés et de les commenter. Digg a connu dès son lancement un très grand succès. Il a donc tout naturellement servi de modèle aux « digg-likes » et bien sûr parmi eux aux digg-likes francophones. Tout allait pour le mieux jusqu’à ce mois de septembre où le système de notation des digg-likes a été contesté.

On vient ;-) de découvrir que certains auteurs d’articles votaient plusieurs fois, que d’autres faisaient voter leurs amis ou relations, que d’autres arrivaient à faire retirer des articles de la une (en signalant des problèmes qui n’existaient pas). En résumé, on vient de découvrir ;-) que le résultat des votes ne correspondait pas à la réalité.

Plus il y a de votes au sein d’un digg-like et plus il y a de trafic, ce trafic augmentant la valeur marchande du digg-like concerné. Si certains auteurs d’articles font appel à leurs amis pour faire progresser leur notation, le digg-like peut espérer que le visiteur s’attarde un peu, voire qu’il revienne. C’est ainsi que plusieurs digg-likes proposent d’annoncer la publication de la news aux amis de l’auteur (tiens donc !). Pour l’auteur d’un billet, obtenir une « bonne » note, c’est apparaître dans les tous premiers articles, gagner en notoriété et pourquoi pas trouver un job.

Certains digg-likes annoncent qu’ils ont mis en place des systèmes pour lutter contre la fraude mais un système fiable est extrêmement complexe à mettre en oeuvre. Certains ont su éviter ce travers de la notation en lui donnant peu d’importance. Wikio (qui agrège ce blog sans intervention de ma part depuis quelques jours :-) ) ne semble pas tenir compte des notations des articles. Un grand nombre d’articles ne sont d’ailleurs pas notés, ce qui ne les empêche pas d’être lus.

Le problème qui est soulevé ici dépasse largement le périmètre des digg-likes, il met en cause directement le web collaboratif. Peut-on construire un site d’information du public en faisant confiance à un système de notation par les internautes ?

Pour ma part, je ne crois pas à l’utilité de la notation sauf cas très particulier (quand par exemple le vote a valeur de sondage). Et encore, à condition qu’il ne serve pas des intérêts financiers (vote pour un produit commercialisé, pour un DVD, etc.) car on imagine bien dans ce cas l’intérêt de manipuler le résultat des votes pour le commerçant ou la marque qui le propose.

Et vous, pensez-vous que la « notation » de l’information par ses lecteurs a un intérêt ?

Nous parlerons prochainement ici de l’utilité d’associer les visiteurs de nos sites d’information à leur contenu et de l’intérêt de l’information complémentaire qu’ils peuvent y apporter.