On a testé Yahoo Questions réponses
Par Christian BENSI le jeudi 12 octobre 2006, 07:51 - Apports et réflexions - Lien permanent
Je vous annonçais le 22 juin dernier, la sortie de Yahoo questions réponses, version française de « Yahoo! Answers. » Ce service a connu un énorme succès aux Etats-Unis (12 millions d’utilisateurs en juin 2006).
Au-delà de l’aspect marketing du produit, il me semblait important d’évaluer la capacité d’un tel système à générer des réponses utiles pour le public.
Le procédé n’est pas sans intérêt mais les résultats sont pour le moins contrastés.
Tout d’abord un grand merci à Cécile, Laurence, Marie-Annick, Mamy et Philippe. En testant à plusieurs, on obtient des angles de vues différents. J’ai beaucoup apprécié et j’aurais à nouveau recours à cette méthode, si vous acceptez d’y participer avec moi.
Tout d’abord, quelques rappels. Yahoo n’est pas un service public. Yahoo a un gros problème qui s’appelle Google. Ce dernier lui prend des parts de marché. « Questions réponses » a donc pour tout premier objectif de générer de l’audience, de générer du buzz.
Pour l’internaute qui répond, participer à Questions réponses, c’est gagner des points et devenir un « expert ». Le système de notation est le suivant : vous perdez 5 points si vous posez une question
, vous gagnez 2 points si vous répondez à une question, vous gagnez aussi des points si vous dites qu’une réponse est la bonne mais vous n’en gagnez aucun si vous dîtes qu’aucune réponse à votre question n’est satisfaisante 
Il faut obtenir plus de 25 000 points pour obtenir le niveau 7 (faites le calcul). J’ai vu des niveaux 6 (en 3 mois) ! Le système génère des tricheries, encouragées par Yahoo. C’est ainsi que Philippe a constaté un jour que la réponse la plus idiote à sa question avait été élue la meilleure. Oui, mais celui qui a voté a ainsi gagné des points !
Bien évidemment, il n’y a pas d’obligation à répondre correctement à la question. Certaines réponses sont totalement stupides (voir dans les annexes). Certaines personnes donnent des embryons de bonne réponse et d’autres vont en chercher sur Internet pour récolter leurs 2 points.
Les internautes posent des questions très diverses (culture générale, scolarité, problèmes personnels, difficultés rencontrées).
Ce système n’a donc aucune efficacité ? C’est à voir !
Si certains comme Philippe n’ont pas eu de chance, d’autres ont recueilli des réponses… incomplètes. Bien évidemment, plus la question exige une réponse qualifiée et moins il y a de réponses.
Mamy, qui dit « avoir joué » à Questions réponses précise : « on peut obtenir des témoignages bidons qui noient la question mais également d’autres qui correspondent à du vécu et des réponses qui correspondent à ce que l’on considère comme une bonne information. »
Et c’est bien là que se situe la difficulté, comment celui qui pose une question peut-il faire le tri entre deux réponses contradictoires qui semblent sérieuses et documentées ? Laurence se plaint aussi de réponses incomplètes ne donnant souvent qu'une partie de la démarche à effectuer.
En excluant l’aspect rigolade, il est indéniable que des questions sérieuses sont posées ici. Qu’attendent les internautes qui posent des questions à ce service : des retours d’expérience, des échos de la vraie vie, l’opinion de leurs pairs ? Tout cela peut-il être négligé !
Dans ce type de site, il y a peu, voire pas d’expertise. Dans nos sites d’information, il y a de l’expertise mais pas de « vécu ».
Ne devrions-nous pas compléter nos pages avec des éléments de vécu du public ?
Qu’en pensez-vous ?

Commentaires
Effectivement, nos métiers se doivent de proposer de l'expertise.
Le vécu donne une facette plus humaine à l'information, aspect que recherche un nombre croissant d'usagers.
Ce vécu reste une situation particulière à un moment donné.
Je pense donc que l'on peut compléter nos pages avec des éléments de vécu du public, dans la mesure où ce dernier a conscience qu'il ne s'agit pas de généralités.
Parallèlement, notre rôle est d'éduquer à l'information pour aiguiser le sens critique du public, ce que permet ce blog.
Bonjour,
Effectivement, ce qui manque aujourd'hui à l'IJ et surtout à ses sites web, c'est la vraie vie, combien de sites ne font que calquer soit les informations sur papiers soit donner des réponses pas claires à des questions qui n'existent pas.
Merci pour cet article et aussi pour le test. Je pense malgrès tout que "le concepte : yahoo Questions/Réponses" est interessant si on en retire les dérives.
Sinon d'autres concepts à tester, peut-être aurais-je le courage de le faire ?
http://www.agoravox.fr/
http://www.digg.com/
http://www.fuzz.fr/
Le concept de Yahoo est intéressant parce qu'il fait réfléchir pour aller plus loin dans nos pratiques.


Siegfried, je suis à ta disposition pour publier tes analyses, je l'ai déjà dit.
Juste une petite précision : Agoravox n'est pas à mon sens un outil comme les deux autres. Si tu écrits un article dans Agoravox, tu t'engages à ne pas écrire ailleurs ce même article.
A l'inverse, sur digg ou fuzz (le digg-like français) cette limitation n'existe pas. Le concept d'Agoravox est très proche de celui d'une agence de presse traditionnelle (sauf qu'ils ne payent pas leurs "journalistes", du moins au début)
Quelques dérives pour les digg-like quand-même pour mémoire.
les résultats sont assez édifiants
Et pendant ce temps, la pub bat son plein pour générer encore plus de buzz et de réponses "qualifiées"