Rechercher des synergies en matière d'information-orientation
Par Christian BENSI le vendredi 3 novembre 2006, 09:37 - Apports et réflexions - Lien permanent
Le 2 août dernier, je prends connaissance d’un appel de Oshimura. Ce jeune cherche des conseils pour choisir une école et il a décidé de poser ses questions sur un forum de passionnés d’informatique : Cafzone devenu Geekzone depuis. Au moment où il lance cet appel, il a fini sa première année d’IUT Génie Industriel et Maintenance (GIM) et vient d’être admis en seconde année. Il a un bon niveau culturel, il est titulaire d’un bac S et dispose d’un excellent niveau informatique. Il est sûr d’avoir trouver sa voie. Il veut poursuivre après son DUT vers une grande école informatique. La difficulté : le DUT GIM n'est pas un diplôme informatique.
Je prends contact avec Oshimura pour mieux comprendre son choix : s’adresser à un forum ! Il m’écrit : « Je suis allé me renseigner sur Cafzone car c'est un vrai repaire de gens qui ont fait des études longues, mais avec des cursus différents. Certains sortent d'une grande école, d'autres de la fac (...) et ces gens sont toujours prêts à donner des conseils » et il poursuit : « même après un passage chez mon conseiller d'orientation, j'étais dans le flou le plus total. Mon IUT ayant une orientation "industrielle" on m'a gentiment demandé de rêver ailleurs quand à une possible intégration dans une école d'ingénieur en informatique. » Pourquoi ce conseiller ne l'a-t-il encouragé et guidé dans sa démarche ? Son appel à l’aide dans un forum, il l’écrit à 22 h 30 et 24 heures plus tard, il a reçu 28 réponses souvent pertinentes. On ne peut en aucun cas comparer avec le service Questions-réponses de Yahoo. Ici, la qualité est présente. J’ai fait lire les réponses à deux professionnelles issues de deux réseaux d’information-orientation différents. Certains messages font le tour de la question avec un niveau de précision intéressant, tous l’encouragent et c’est essentiel. Malheureusement les internautes, qui lui ont répondu le 3 août, ont souvent « oublié » qu’il va sortir d’un DUT GIM et que toutes les portes ne lui sont pas ouvertes. Ce qu’il a besoin, c’est d’une liste d’adresses des écoles qui peuvent l’accueillir et dans cette démarche, une structure d’information-orientation peut l’aider. Ce qu’a raté ce conseiller, ces jeunes vont peut-être le réussir. Plusieurs en effet l’incitent à retourner voir… un conseiller d’orientation. Dans un deuxième mail, il m’écrit : « Je crois me rappeler qu'il y a un CIO sur Lyon 1 mais je n'ai aucune idée de l'endroit ni des démarches à suivre pour avoir des renseignements. J'essaierai d'y passer avant la fin de cette année pour avoir des renseignements complémentaires, maintenant que je sais à peu près le type de cursus que j'ai envie de suivre. » Ira-t-il s’informer ? Je reprendrai contact avec lui dans quelques semaines pour le savoir. Dans les réseaux d’information-orientation, les professionnels doivent travailler davantage la qualité de l’accueil et la pertinence de l’information fournie. Il est absurde de se battre sur des définitions stériles de réseaux (CIO, Information jeunesse, mission locale…). En procédant ainsi, la question essentielle n’est pas traitée : avec des cursus de plus en plus complexes, comment renforcer la formation des professionnels de l’information et quels outils faut-il créer pour rendre un vrai service aux jeunes ? Les nouvelles technologies donnent aujourd’hui les outils qui permettent de mettre en synergie les compétences. Nous pouvons donc nous demander s’il ne serait pas opportun de créer des forums régionaux ou départementaux, modérés par des professionnels qualifiés, issus de réseaux d’information-orientation différents. Puisqu’il est difficile de créer des guichets uniques physiques, sans doute des guichets virtuels seraient-ils plus aisés à mettre en place ? Qu’en pensez-vous ?

Commentaires
L'idée du guichet unique est souvent (toujours?) liée à la volonté de faire travailler ensemble ou de façon transversale ou encore en complémentarité des professionnels ayant soit des actions similaires ou complémentaires soit un public en commun mais avec un "traitement" de domaines différents. Le guichet unique existe sous la forme d'un lieu, un bâtiment commun à plusieurs institutions et/ou associations et donc un regroupement et une mutualisation des moyens matériels. Or le guichet unique physique ne fonctionne pas (ou alors je n'en connais pas). Pourtant tout le monde se dit que toutes les conditions sont réunies pour rendre un service de qualité et facile d'utilisation pour le public.
C'est oublié les principes d'un partenariat puisque c'est de cela dont il s'agit dans la dernière question de ta note.
1 - la connaissance et la reconnaissance de l'autre (son champ d'intervention, ses compétences, ses limites)
2 - le diagnostique partagé ( ce qui ne veut pas dire que l'on partage exactement le même avis sur tout, mais suffisamment d'éléments d'analyses de la situation et des besoins du publics visés forment un consensus)
3 - l'intention formelle et formalisée sous forme d'engagement de chacun de participer à une action commune
4 - l'engagement d'une personnalité (morale) pour coordonner le partenariat et être en capacité de "parler" des langages professionnels adaptés à chacun
5 - la mise en place d'action de formation pour conduire au changement des pratiques professionnelles pour les salariés
Alors oui cela peut être réalisable, mais si on se donne les moyens pour le faire. Quand je dis les moyens je parle de tous les moyens, matériels, humains, compétences.... Que l'on parle de guichets uniques physiques ou virtuels, le problème reste le même, le fondement du projet est la finalité ou l'objectif, le plus important dans la réussite du projet est la mise en oeuvre, les actions visées et les moyens.
Enfin, le guichet unique virtuel ne remplacera pas l'activité d'accueil et d'information des jeunes dans nos centres. Mais cela tu le sais déjà.
Ceci dit l'opportunité de forums départementaux tels que tu les présentes j'en suis convaincue. Que cela soit plus aisé à mettre en place un peu moins.
Merci pour l'ensemble des points que tu soulèves. Concernant le guichet virtuel, il me semble que les choses sont plus simples parce qu'il y a moins d'exigences matérielles.
Je te suis totalement quand tu dis que le guichet virtuel ne remplacera pas l'accueil en présentiel. Je pense simplement qu'en réussissant le guichet unique virtuel, nous rendrons possible le guichet unique physique.
En 1997, date de mes premières recherches, les élus étaient favorables au guichet unique mais les professionnels étaient profondément hostiles.
Aujourd'hui, je crois que certains professionnels ont compris que nous devons travailler autrement. Même ceux qui souhaitent l'immobilisme, commencent à se plaindre de la multiplicité des réseaux et de la terrible complexité dans laquelle nous travaillons.
Avec le développement d'Internet, la demande d'information qualifiée en présentiel va encore progresser. Quand les professionnels ne seront plus en mesure d'informer correctement à cause de la complexité croissante, ils seront eux-mêmes en demande d'aide et de complémentarité. Le guichet unique pourra alors se mettre en place.
Utopie, je ne crois pas ! Mais la parole est aux politiques.