Le document de 28 pages aborde cette question sous de nombreux aspects. De nombreux chiffres sont avancés.

Le taux d’accès à la formation continue des moins qualifiés est près de trois à quatre fois moindre que celui des plus qualifiés. Les écarts se renforcent même lorsque l’on observe la durée des formations suivies. Les titulaires de contrat à durée indéterminée (CDI) se forment davantage que les titulaires de contrats courts. Les entreprises des secteurs à haute technologie et les plus innovantes entretiennent davantage les compétences de leurs salariés. Ce sont ceux qui ont le plus d’ancienneté qui se forment davantage.

Ce sont les cadres, les plus forts niveaux de qualification et les salariés des plus grosses entreprises qui bénéficient le plus de formations. Il n’y pas d’écarts d’accès en moyenne à la formation entre hommes et femmes. Mais les ouvrières et les employées accèdent moins à la formation que leurs homologues masculins et c’est l’inverse pour les cadres ou professions intermédiaires.

Le document précise que les mesures, pour abaisser le chômage, prennent essentiellement la forme d’un abaissement du coût du travail et font peu intervenir la formation. Ainsi, chez les adultes, les publics prioritaires des politiques d’emploi et de formation sont les chômeurs de longue durée et les allocataires de minima sociaux, plutôt que les chômeurs peu ou pas qualifiés. La question de l’insertion des non qualifiés est partiellement renvoyée aux dispositifs généraux d’allégement des charges sur les bas salaires, qui visent à stimuler la demande de travail plutôt qu’à élever les niveaux de qualification.

Si les chômeurs faiblement qualifiés concrétisent moins leur projet de formation, c’est en partie parce qu’ils n’ont pas fait les démarches pour entrer en formation : c’est le cas de 39 % des non-qualifiés et de 27 % des peu qualifiés, contre 10 % des chômeurs ayant le bac.

Les jeunes réfractaires à la formation ont intégré l’idée que la qualification est inutile, ne résoudra pas leurs problèmes d’accès à l’emploi, souvent à la suite d’un rejet de leur passage à l’école. D’autres sont moins formels dans leur rejet, mais leur passivité devant les opportunités qui se présentent produit un résultat identique.

Sur la base des premiers résultats, force est de constater que l’accès des moins qualifiés à la VAE reste encore minoritaire. Pourtant, les titres ou diplômes acquis par VAE aux ministères chargés de l’action sociale ou de l’emploi s’adressent essentiellement aux publics les moins qualifiés. Ils concernent en effet essentiellement les métiers d’assistance aux personnes âgées, aux enfants ou personnes handicapées. En revanche, les Ministères de l’Education Nationale et de l’Agriculture ont orienté davantage leur action au niveau du BTS.