J’ai eu le plaisir de rencontrer quelques rédacteurs que je ne connaissais pas : tous des gens passionnés. Beaucoup de maturité et de sagesse dans les propos tenus tout au long de la journée.
Il ne s’agit pas pour moi de faire ici un tour exhaustif de ces six heures de discussions, coupées par des pauses, où le débat se poursuivait dans la bonne humeur.
Agoravox, c’est un million de visiteurs et 700 articles par mois, 10 000 rédacteurs inscrits, 40 modérateurs et 5 salariés.
Joël de Rosnay a très vite affirmé qu’il ne s’agissait pas d’ériger un cinquième pouvoir mais bien de changer la relation au pouvoir. Il a insisté sur l’accroissement des échanges sur Internet. Il attend de profonds changements dans le domaine de la coéducation. Il pense par ailleurs que l’on ne peut pas continuer à opposer médias traditionnels et médias sur Internet. Il faut trouver une complémentarité, Internet ne serait rien sans les médias et les médias ont intérêt à s’appuyer sur Internet.
La censure a été abordée longuement. Dans le monde, de nombreux blogueurs ont payé de leur liberté, voire de leur vie, leur liberté d’expression sur Internet. En France, le journaliste est protégé par sa carte de presse, ce qui n’est pas le cas du « rédacteur » sur le web.
Jean-Luc Martin Lagardette, journaliste et blogueur, a précisé : La communication arrange, l’information dérange.
Chantal Enquehard était venu parlé des dangers du vote électronique.
Denis Robert par le biais d'une webcam nous a parlé des difficultés qu’il rencontrait suite à ses révélations dans le cadre de plusieurs affaires.
Philippe Bilger, avocat général, est un citoyen passionné. Pour lui, le billet est un prétexte. « Nous sommes des éveilleurs », précise-t-il !
Alain Lambert, ancien ministre et sénateur, pense qu’Internet a changé la politique. Lorsqu’il est interviewé par un journaliste, il complète sur son blog ce qui n’a pas été dit ou qui lui semble mal interprété.
Tristan Mendès France a précisé que la blogosphère permettait de dénoncer mais participait aussi à la confusion et à la désinformation.
Francis Pisani a rappelé qu’il n’y avait pas de modèle économique solide pour Internet et qu’il était donc impossible de financer le journalisme d’investigation.
Pour conclure la journée, il a été question de l’ouvrage collectif Présidentielles 2007 : l’irruption des internautes dans la campagne. Ce livre comporte à la fois des articles de rédacteurs Agoravox et des commentaires jugés particulièrement pertinents.
Un modérateur Agoravox a précisé qu’il n’y avait pas de liberté sans contrôle. Une phrase à méditer, que personne n’a contestée.



