Enquête récente sur la question de l’orientation des plus de 18 ans
Par Christian BENSI le samedi 14 avril 2007, 18:11 - Etudes - Lien permanent
Les 13 et 14 mars dernier, Opinion Way a réalisé une enquête sur l'orientation pour l’Afpa (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes), auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes, âgées de 18 ans et plus.
Au moment de l’enquête, 60 % du public interrogé avait changé de métier au moins une fois. Seul un sondé sur 4 avait bénéficié d’une orientation professionnelle à cette occasion.
Pour 72 % des sondés, un parcours professionnel réussi, c’est « cumuler des expériences dans des métiers et/ou des entreprises différentes ». Ce besoin de changer s’observe même chez les fonctionnaires où seulement un quart de l’échantillon considère qu’il faut garder son métier durant toute sa carrière.
56 % des sondés pourraient envisager dans les douze prochains mois une nouvelle orientation professionnelle. 67 % de ceux qui l’envisagent, estiment qu’ils auraient besoin de conseils ou d’accompagnement dans leur démarche. Les plus jeunes expriment le même besoin à plus de 70 %. Il est intéressant de constater que 60 % des personnes interrogées ne savent pas à qui s’adresser pour obtenir ce conseil. La proportion est encore plus forte chez les moins de 35 ans et chez les femmes.
58 % en moyenne des personnes interrogées pensent que leur orientation initiale correspondait à leurs souhaits et compétences mais seulement 38% pour les chômeurs. Il serait intéressant de vérifier si ces derniers ont (ou non) bénéficié d’aides et de conseils lors de leur orientation initiale ou si ce sentiment est lié à leurs difficultés actuelles. Lors d’une enquête que j’avais menée en 1997, 42 % des jeunes interrogés déclaraient avoir eu contact avec aucun organisme d’information. A combien en sommes-nous aujourd’hui ?
Pour ceux qui ont poursuivi des études supérieures, la proportion de ceux qui pensent que leur orientation initiale correspondait à leurs souhaits et compétences passe de 58 à 73 %.

Commentaires
bonjour, je suis conseillère en orientation professionnelle dans l'hérault.
Merci pour votre site et l'énergie que vous y mettez en faveur de l'orientation des personnes. l'insertion par l'orientation ou l'emploi est mon quotidien et je me trouve moi-même bloquée tous les jours dans certaines démarches. C'est donc bien de voir que je ne suis pas la seule .
j'envisage d'ailleurs de créer une structure accompagnant les jeunes et les adultes dans leurs démarches de projet professionnel, hors cadre institutionnelle pour ne pas être bloquée par des financeurs ou des objectifs à atteindre au détrimant de ce qu'est la personne intrinsèquement.
il faut que l'envie d'une orientation vienne de la personne et non d'une institution. Et effectivement, qu'existe-il pour les jeunes hormis les CIO qui n'ont pas forcément les outils ou le recul sur le secteur privé pour accompagner un jeune sur un certain temps, comme le font les accompagnements de l'ANPE .....
Je partage "malheureusement" en grande partie votre analyse.
En fait, de nombreux réseaux, chacun dans leur compétence, interviennent dans ce secteur. Malheureusement comme vous je déplore les insuffisances de nos fonctionnements institutionnels actuels. Je regrette que l'on ne s'appuie pas davantage sur les compétences des professionnels, sur leur complémentarité.
Je n'arrive cependant pas à me résoudre à laisser au secteur privé la responsabilité de l'information et de l'orientation des jeunes. Certes, on ne choisit plus un métier pour toute sa vie mais un mauvais départ peut avoir des conséquences redoutables.
L'égalité des chances passe aussi par un service public efficace. Accepter que le service public ne remplisse plus correctement cette mission, c'est refuser une insertion de qualité dans la vie professionnelle à ceux qui n'y auraient pas consacré un budget financier suffisant.
Je n'arrive pas à m'y résoudre... pas encore !