Apprentissage en recherche d’informations
Par Christian BENSI le mardi 29 mai 2007, 00:18 - Apports et réflexions - Lien permanent
Fin 2006, André Tricot tenait une conférence dans le cadre du colloque “Politique documentaire des EPLE et ressources numériques”.
Son intervention proposait des pistes complémentaires à ce que j’avais déjà expliqué dans un billet précédent.
Il rappelle que l'utilisateur est plus ou moins capable de transformer son besoin en une requête précise. Il indique aussi que la recherche est dynamique, elle évolue au cours de la recherche de l'information. Il rappelle notamment que plus on a de connaissances et plus on prend conscience de son manque de connaissances. La meilleure façon de développer la prise de conscience des besoins d'information, c'est de développer des connaissances.
La recherche d'information n'est pas un besoin qui se satisfait et s'arrête. La recherche d'information augmente avec le stress et l'anxiété.
La recherche d'informations requiert des compétences et donc une formation. Il cite deux études pour illustrer son propos. La première expérience a été menée auprès d’enfants de 8 à 10 ans. Il s’agissait de comprendre deux textes. Dans le premier, aucun mot n’était souligné. Dans le second, six des mots déjà utilisés dans le premier étaient soulignés. Le score en compréhension a été meilleur dans le texte où les mots n’étaient pas soulignés.
Pourquoi ? Parce que dans le deuxième texte, les élèves ont interrompu six fois leur lecture pour chercher dans le dictionnaire, ce qui a compliqué leur compréhension globale du texte. Dès lors que l’enseignant a souligné un mot, l'élève y a vu une consigne implicite.
Une autre expérience a porté sur des enseignants. Les éléments contrôlés étaient leurs compétences en navigation sur le web et en psychologie de l’adolescent. Pour réaliser cette tâche, on avait mis à la disposition des enseignants un CD-Rom sur la psychologie des adolescents.
Ceux qui étaient de gros utilisateurs du web ont ouvert 128 pages en moyenne, les autres n’ont ouvert que la page d’accueil. Au final, ils ont abouti au même résultat. Le fait, pour certains, d'être de gros utilisateurs du Web ne leur a pas servi à obtenir une meilleure performance. André Tricot en conclu que les usages ne permettent pas forcément de développer toutes les compétences pour utiliser efficacement l’outil. Disposer de compétences instrumentales ne dispense pas de disposer de compétences informationnelles.
Il pense que l’utilisation d’Internet exige de disposer d’excellentes connaissances en compréhension car les documents multi-sources que l’on trouve sur Internet sont sans nul doute les plus complexes.
André Tricot précise que les enfants et les adolescents évaluent moins et moins bien les sources, utilisent moins de critères d’évaluation de la pertinence, utilisent les images pour évaluer la valeur du document. Aux yeux de l’élève, un bon document c’est un document où l’on pourra facilement faire un copier coller. Enfin il signale les travaux de Jérôme Dinet qui explique qu'il suffit que le mot soit souligné ou en couleur pour que l'élève pense qu'il est pertinent.
