Les professionnels de l’information ont-ils un avenir ?
Par Christian BENSI le lundi 11 juin 2007, 22:42 - Apports et réflexions - Lien permanent
Un nombre croissant de personnes recourt à Internet pour s’informer. Dans nos sociétés, l’information est devenue une valeur essentielle. La fréquentation des structures d’information du public et celles de l’information orientation diminue. Pour autant, peut-on imaginer que l’humain devienne inutile face à un univers Internet omniprésent ? Comment les professionnels peuvent-ils s’adapter aux nouvelles attentes d’un public plus exigeant et assurer une mission complémentaire à l’outil informatique ?
On assiste aujourd’hui sur le web à la mise en place de véritables services dont certains sont très performants et totalement adaptés aux attentes du public. Cette situation génère de l’inquiétude chez les professionnels.
Les professionnels de l’information ou de l’orientation scolaire sont-ils biens formés, apportent-ils assez de valeur ajoutée, sont-ils suffisamment à l’écoute ? Le public se déplace moins dans les lieux d’accueil. Par paresse, par manque de temps mais aussi parfois parce qu’ils ont été déçus par les conseils qu’on leur a donnés. Si un professionnel est moins compétent qu’un service web, aussi froid qu’une machine, moins aimable qu’un ordinateur, pourtant insensible par nature, alors oui le professionnel de l’information, de l’orientation, de l’accueil va (doit) disparaître.
Ce que sait faire le conseiller ou l’informateur, c’est s’appuyer sur des éléments de contexte pour faire des propositions à la personne qu’il reçoit. Mais trop souvent la formation continue de ces professionnels est oubliée. Que vaut, dans un secteur qui évolue en permanence, une formation acquise vingt ans plus tôt et jamais réactivée, à l’exception de quelques jours de rencontres ou de stages de mise à niveau dans l’année ?
Combien de fois aussi, je vois des professionnels, dépassés par l’ordinateur, se réfugier vers des éditions papiers, parfois périmés mais qu’ils maîtrisent ! Comment ces professionnels peuvent-ils espérer rester crédible aux yeux d’un public de plus en plus coutumier de l’outil Internet ?
Les professionnels, qui considèrent Internet comme l’outil qui les mettra au chômage, sont déjà condamnés. Ceux qui estiment que leur métier ne sera jamais concerné le sont aussi. Ne pas anticiper, c’est disparaître !
Quels sont les métiers qui se développeront demain ?
L’information sera collectée par des experts. Malgré l’informatisation des procédures et l’assistance qu’offriront les systèmes, la collecte restera infiniment complexe à effectuer. Il faudra toujours valider les sources, contrôler la fiabilité de l’information diffusée et garder un esprit critique. Ce contrôle et cette validation seront de plus en plus difficiles à effectuer dans un monde où la volonté de travestir la réalité pour mieux « communiquer » sera forte. Ces professionnels devront être de vrais professionnels de la collecte d’information, parfaitement rompus aux techniques de recherche, aux mécanismes législatifs et doté des outils informatiques les plus efficaces. Ces personnels seront fortement spécialisés. Les champs de l’information sont trop nombreux aujourd’hui pour imaginer que la polyvalence ait le moindre avenir.
On aura besoin de rédacteurs pour mettre en forme l’information, pour la rendre attrayante, pour la « vendre » pour donner l’envie d’en savoir davantage. Dans un monde où l’information se multipliera, il sera de plus en plus difficile de capter l’attention de ceux qu’on voudra informer. Les rédacteurs devront recourir à des textes moins littéraires, moins redondants, plus efficaces et plus simples. Mais ces rédacteurs devront aussi encourager la réflexion critique du public pour lutter contre les manipulations. Ils utiliseront davantage l’image mais seront vigilants quant à la finalité de son utilisation. Les rédacteurs devront travailler au sein de structures indépendantes du pouvoir économique, si l’on souhaite préserver leur liberté rédactionnelle.
Mais l'information et l'information-orientation de demain nécessiteront surtout des médiateurs. Ces professionnels-là assureront le lien entre l’information et celui qui la cherche. Malgré les progrès enregistrés, une partie du public n’a pas accès à l’information, n’est pas outillé pour effectuer une recherche efficace. Et puis une partie du public souhaitera valider ce qu’il a lu. J’ai plusieurs fois entendu des professionnels affirmer : « Je soupçonne les jeunes qui viennent ici de ne pas savoir le nom de la structure qui m’emploie. Ils viennent me voir parce qu’ils pensent qu’ils peuvent me faire confiance. Ils m’ont choisi. »
Ces médiateurs seront de moins en moins des professionnels de l’information et de plus en plus des professionnels de la relation. Capable d’écoute, ils disposeront sans doute d’apports en psychologie pour comprendre le pourquoi de la demande et analyser les résistances. Et puis ce sont ces médiateurs qui permettront le passage de l’information à l’action. C’est eux qui donneront de la motivation. C’est eux aussi qui apprendront à chercher à leur public, qui leur donneront les méthodes pour authentifier les sources, pour accéder à l’information en toute autonomie. Ils interviendront dans des lieux publics (établissements scolaires, mairies, médiathèque, maisons de service au public, etc.) mais aussi par le biais de standards téléphoniques spécialisés pouvant à tout moment basculer leur interlocuteur vers les « experts » dont je parlais tout à l’heure. Ces médiateurs interviendront aussi dans les mondes virtuels sur Internet, les messageries, les forums, les réseaux sociaux auxquels les jeunes s’inscrivent de plus en plus souvent.
Ces médiateurs qualifiés, on en rencontre énormément déjà, chez les informateurs jeunesse, les conseillers d’orientation psychologues, les conseillers de missions locales, les personnels qui œuvrent dans les CIDF, etc.
Il faut mettre de l’humain dans Internet. On peut imaginer demain la généralisation de systèmes permettant à celui qui navigue sur le web de rentrer en contact avec un interlocuteur par le biais d’un casque et d’un micro ou d’une webcam. On appelle ces systèmes : « click to call. » Ce procédé est déjà largement utilisé par les entreprises d’e-commerce. Google avait souhaité l’adopter pour mettre en relation ses annonceurs et leurs clients potentiels. J’ai été amené à l’expérimenter pendant plus d’un an sur le portail d’information sur les métiers : Métiers Point Info.
Mais qu’ils soient experts ou médiateurs les futurs professionnels de l’accueil et de l’information devront s’adapter à une société qui vit à des rythmes différents. Il faudra sans doute adapter les horaires de présence des médiateurs aux besoins du public comme le fait le secteur de l’animation socioculturelle ou le secteur commercial depuis de nombreuses années.
Pour s’adapter à une demande qui s’est avec le temps profondément modifiée, il faudra, si l’on veut garder un service public efficace, refuser les structures redondantes, la logique du « mille-feuilles », totalement inefficace et véritable gouffre financier. Il faudra regrouper les institutions. La tendance, qui consiste à vouloir demain, ne réfléchir l’orientation scolaire que par le seul biais de l’emploi potentiel est contre productive. A quoi sert-il pour un jeune de suivre une formation vers un « emploi à débouchés » s’il ne souhaite pas s’y investir, s’il abandonne ses études en cours de route ou n’exerce jamais le métier pour lequel il a été formé ?
Il faudra aussi refuser la logique du saupoudrage qui consiste à ouvrir sans cesse des services nouveaux mais qui ne disposent pas des moyens nécessaires et des personnels formés.
Si une réelle qualité de service n’est pas atteinte rapidement, il est à craindre qu’un jour l’ordinateur s’impose là où les professionnels auront fait preuve d’immobilisme.
L’information est appelée dans les années qui viennent à devenir un formidable enjeu économique et social. Le service public saura-t-il le comprendre à temps ?

Commentaires
Je crains malheureusement que ça n'aille en empirant. Les bons professionnels de l'information se sont repliés depuis trop longtemps sur leurs certitudes en oubliant, qu'en matière d'information (prise au sens large), il faut labourer le terrain années après années, rester modeste et proche du public. Si l'on doit aux artisans d'hier le socle de la matière informative qui inspire encore les nouveaux opérateurs privés (qui ne se privent pas de la piller), un manque flagrant d'innovation et d'adaptation caractérise les dix dernières années de fonctionnement du réseau public d'information. En fait, peu préparée et plutôt réfractaire au départ aux NTIC, la vieille génération, scotchée par la nouveauté, a mis du temps avant de réagir (sporadiquement).
Une nouvelle génération d'informateurs est arrivée ensuite (grâce aux emploi-jeunes, tremplin), généraliste, zappeuse, plus ouverte aux technologies nouvelles, mais manquant singulièrement de culture métier et de fondamentaux. (On peut faire un parallèle avec les graphistes)
Par ailleurs, dans un corpus de métier qui doit tout ou presque à l'intervention publique, il faut admettre que le mille-feuille a pris une saveur industrielle et l'info a quelque part perdu son bon goût artisanal d'antan.
La manne publique se faisant plus rare aujourd'hui, certains gros organismes publics se voient contraints de laisser filer leurs personnels les plus aguerris, aussitôt remplacés par des stagiaires ou des débutants sous statut précaire. A l'ANPE, dans les CIO, comme ailleurs, on a oublié d'anticiper le papy boom et l'on a mal évalué le malaise qui gagne les professionnels, usés par les atermoiements de la hiérarchie, la critique du public, sans parler de certaines potions amères (rapprochement UNEDIC/ANPE ou CIO/Maisons de l'emploi) qui ne passent pas. J'en connais beaucoup qui menacent de quitter leur navire et certains ont commencé à le faire, comme à l'ANPE, où les départs sont aussitôt remplacés par des cohortes de novices tous frais sortis des concours de l'Agence, un mode de recutement d'un autre âge. Selon moi, les professionnels de l'information sont en crise, ce qui explique qu'ils se braquent aux réformes et se replient dans le corporatisme. En réalité, la diminution de la fréquentation des espaces publics d'info ne tient pas seulement à la percée d'internet dans les foyers, mais aussi au problème de la pertinence et de la qualité du service délivré, qui se pose déjà comme un défi qu'il faudra relever. La création d'un socle commun de formation permettant de créer une identité commune et d'édifier des passerelles pour faciliter l'épanouissement et la mobilité des personnels serait un moyen de redonner du peps à la profession.
Je suis en accord avec la quasi totalité du propos. A deux exceptions près cependant.
La phrase "le mille-feuille a pris une saveur industrielle et l'info a quelque part perdu son bon goût artisanal d'antan". Je ne suis pas certain que le coté "artisanal" auquel nous étions tous confrontés il y a quelques années nous permettait de mieux remplir nos missions. Je suis pour tout dire assez hostile à l'idée de "c'était le bon temps" qui empêche de considérer l'avenir comme une chance.
Le début du propos me semble pessimisme. Je ne peux croire qu'on ne fasse rien dans ce domaine car la crise actuelle profonde de nos professionnels rejaillira, c'est une certitude, sur l'efficacité de leur travail, si on ne fait rien, si on n'écoute pas leurs difficultés.
Je n'aurais jamais fait ce blog si je n'avais pas cru qu'il y avait des choses à réfléchir ensemble car si nos professions sont différentes, le service au public lui, nous est commun.
Tout à fait d'accord... Sauf que "demain", "il faudra"... La réalité va plus vite, les professionnels de l'information ont déjà beaucoup de retard !!! Certains se précipitent sur les technologies de l'information en espérant ainsi rattraper ce retard... et oublient de qualifier l'information, de la rédiger, de la valoriser, d'en faire un outil pour des pratiques et non une finalité en soi... Enfin, l'information est une donnée "d'intelligence économique" depuis longtemps... C'est en remariant (car il y eu des divorces - hé hé) les fondamentaux des métiers (pratique, éthique, donner du sens...) d'informateurs et les technologies actuelles que nous réussirons la mutation...
En parlant de "goût industriel" je voulais souligner plutôt le fait que quantité (de personnel) ne rime pas partout avec qualité (de service). Un exemple : le personnel a quasiment doublé en Mission Locale depuis 1985, pour un nombre quasi en stagnation de jeunes, sans grande valeur ajoutée (mais avec bcp plus de procédures et de paperasserie) et donc pour un rapport coût/efficacité discutable. Ma "saveur d'antan", c'est un certain enthousiasme créatif que j'ai vécu au début des années 80 et que je ne ressens plus, une discussion que j'ai souvent avec Christiane C du CIDJ que tu connais bien.
@ Rémy. Je peux te suivre en effet sur cette question du manque d'enthousiasme des professionnels aujourd'hui. Mais le grand coupable dans cette histoire, ce ne sont pas les professionnels qui font ce qu'ils peuvent mais les politiques en charge de ce dossier, qui feraient mieux de s'entourer d'experts de l'information orientation et d'écouter les professionnels au lieu de les stigmatiser.
Il faut mettre les choses à plat pour avancer.
@ Philippe
Tout à fait d'accord !
Il ne reste plus qu'à déterminer la date d'ouverture pour ce chantier ?
Tout à fait d'accord s'agissant des responsabilités. Il y a des énergies dans chaque génération. Encore faut-il savoir les mettre en mouvement.
Mais ceci dit, je ne suis pas optimiste pour l'avenir. J'espère avoir tort bien sûr.
<Mais le grand coupable dans cette histoire, ce ne sont pas les professionnels qui font ce qu'ils peuvent mais les politiques en charge de ce dossier>
<Ces médiateurs qualifiés, on en rencontre énormément déjà, chez les informateurs jeunesse, les conseillers d’orientation psychologues, les conseillers de missions locales, les personnels qui œuvrent dans les CIDF, etc.>
L'optimiste est un pessimiste qui s'ignore (O.Wilde)...A+
Bonjour é-cop-on, vous avez sans doute raison.
Permettez-moi à mon tour
de vous saluer pour le travail de mobilisation que vous tentez, notamment dans
votre dernière intervention sur OVLC. Il faut que les professionnels parlent de
leurs métiers pour que nous puissions avancer. Dans le cas contraire, ceux qui
n'y connaissent rien parleront à leur place. Je ne vous apprends rien ! 
Etant une nouvelle informatrice jeunesse je n'ai suffisament de recul par rapport à la profession. J'ai par contre réalisé rapidement que notre métier implique une écoute des jeunes importante, celle-ci ne peut être remplacée par une machine. Les jeunes que je rencontre savent utiliser l'outil informatique sans problèmes mais ils recherchent aussi des conseils car ils sont souvents perdus devant la masse d'informations. Je reste optimiste, nous sommes les réels bâtisseurs de notre futur.
Je suis d'accord avec vous mais nous allons devoir aller plus loin et définir avec précision nos métiers. Quelle formation pour les médiateurs, quelles connaissances requises, quelle disponibilité, travailler où et quand, etc.
La civilisation numérique obligera tous nos métiers à évoluer. Nous devons prendre le temps de la réflexion mais sans plus attendre. L'immobilisme n'est plus à l'ordre du jour.
Après avoir visionné le reportage consacré à l'orientation scolaire sur "Envoyé Spécial" du 28 juin, je reste sur mes doutes quant à l'avenir de la profession, si rien ne change rapidement et si l'on reste dans le déni, en rejetant la faute sur le système et en se renvoyant sans cesse la balle. La question qui se pose est la suivante : Comment peut-on en arriver là ?. On le voit bien, il y a dans les CIO, comme ailleurs, des gens motivés et compétents qui font ce qu'ils peuvent dans un système qui les contraint fortement et qui parviennent malgré cela à faire du bon boulot. Pas de doute, ceux là aiment leur métier. Mais comment qualifier les deux conseillers (pris sur le fait en caméra caché) qui ont baclé leur entretien (le mot est faible) en consultant leur montre au bout de dix minutes ?. Ceux là n'ont aucune excuse pour leur médiocrité. S'ils n'aiment pas leur métier, qu'ils le quittent. Comment peut-on afficher une si piètre prestation et un tel désintérêt pour son public, après 5 ans passés à se former au métier de COP. Ce sont ces "gens" là (je ne leur donne pas le droit de se revendiquer comme professionnels) qui salissent leur profession et qui jettent le discrédit sur toute une corporation prise au sens large. Sans capacité à faire son autocritique, à reconnaître que ces comportements existent et à les dénoncer, rien de bon n'en sortira.
Si les coachs font leur miel là-dessus, ils n'apportent pas non plus de garanties avec leurs méthodes approximatives. De plus, au tarif qui sont les leurs, et vu le peu de temps passé sur la phase analytique, on risque d'avoir des déceptions amères, tout autant qu'une orientation à deux vitesses qui se dessine déjà.
Il est grand temps de tout remettre à plat, d'exploiter - et si ce n'est pas satisfaisant - de réinventer des pédagogies éducatives nouvelles, de revoir la formation des nouveaux professionnels de manière à sortir des postures expertes, des schémas traditionnels pour aller vers d'autres approches de type, "école orientante" "orientation éducative". Ce ne sera pas une mince affaire, mais c'est le prix à payer pour un retour gagnant sur scène.
N'attendons pas que notre public se détourne de nous définitivement...
Je ne partage pas ton analyse sur l'émission. J'ai revu ce reportage plusieurs fois, j'ai noté la plupart des interventions.
Il y a de la manipulation dans l'air. Bon, je te l'accorde, une des conseillères (la troisième) ferait mieux d'aller se cacher pour se faire oublier. Pour ce qui est des circonstances atténuantes, elle va avoir du mal.
Mais il y a surtout infiniment de manipulation.
Quelques exemples : tu as retenu que "deux" conseillers ne faisaient pas leur boulot. Peut-tu me dire lesquels ? Et bien non, il n'y en a pas deux mais ce chiffre est avancé par la voix off et c'est celui que tu as retenu. Le reportage fait donc penser que 50 % des cops font mal leur boulot (Et oui, deux sur quatre). Et bien non. Un cinquième cop témoigne et fait, semble-t-il un super boulot.
En fait une personne fait mal son boulot (sur 5) et on retient une sur deux. Manipulation.
Continuons. Tout est mélangé dans ce reportage. On confond les professionnels de l'orientation avec les décisions de conseil de classe. Une jeune fille parle de son orientation vers une première S alors qu'on lui avait dit que c'était très difficile mais "ses parents voulaient". Erreur d'orientation, oui mais qui est responsable ? Le conseiller ! De qui se moque-t-on ?
On voit ensuite que la jeune fille utilise le questionnaire d'intérêt d'Inforizon (ou celui de Pass'Avenir), la conseillère dit "je ne peux pas réveiller chez vous la motivation." La séquence s'arrête là et en voix off, on entend "pourtant les conseillers revendiquent leur statut de psychologue". Quel est le rapport ? La psychologie a pour but de "créer" de la motivation !
Cela on ne s'en rend compte qu'en repassant l'enregistrement, sinon on ne le voit pas.
Une inspectrice parle du fameux rapport de l'Inspection générale mais les conclusions qu'elle en donne ne sont pas celles du rapport de l'IGEN mais celles du rapport Lunel. Incroyable, non !
Tu parles de la coach. Cela, c'est sans doute mon meilleur moment. La coach dit : "... un conseiller va vous dire qu'il faut plutôt suivre telle voix... il vous conseille" Et la coach poursuit "un coach ne fait jamais cela... car c'est vous qui êtes la mieux placée pour prendre des décisions". Qui conteste que c'est le jeune qui prend sa décision ? Que veut-on nous faire croire ?
Le journaliste dit que la coach a eu une intuition. Elle conseille un métier dans le secteur de la presse. A la fin 445 euros ont servi à ce qu'une coach ait une intuition et renvoie vers un COP qui donnera les informations.
On s'attend à ce que les journalistes stigmatisent cette escroquerie. Absolument pas, ils regrettent simplement que tout le monde n'ai pas les moyens de se payer un coach. Surréaliste !
Oui, il faut une réforme, elle est vitale et urgente. Il y a de plus en plus d'information à maîtriser et les professionnels n'ont sans doute pas assez de temps pour tout appréhender. Ils manquent aussi de formation. Des plate-formes multi-partenariales apporteraient aussi un vrai plus. Oui, mille fois ! Mais par pitié, arrêtons de manipuler l'opinion publique.
Cela devient grotesque tant c'est caricatural.
Chez nous, dès que quelque chose dérange, on crie trop vite à la manipulation sans chercher à analyser ce qui ne va pas. Qu'il y ait manipulation ou non, cela n'enlève rien au problème et je ne vois là qu'une fâcheuse tendance des médias à chercher l'erreur. Je revisionnerai cette émission, mais en tant que professionnel, je me permets de m'interroger sur les premières images qui montrent une conseillère, laissée seule par ses secrétaires "en réunion". C'est le monde à l'envers. Ce cas-ci n'interroge pas la compétence en propre de la conseillère, mais bien la compétence de la hiérarchie et l'organisation des RH dans ce CIO. Car, que déduire de cet épisode, sinon que les secrétaires sont plus nombreuses (ce jour ?) que les conseillères et que leur réunion est plus importante que le travail de la COP, réduite à devoir parer à tout. Ce qui, ajouté au deuxième entretien, particulièrement consternant, commence à faire beaucoup.
En revanche, les medias nous doivent un reportage pour montrer aussi ce qui fonctionne. Et là, je reconnais que l'emission n'est pas assez nuancée et que de ce fait, elle perd en utilité et en efficacité informative.
Pour autant, faut-il s'alerter ?. Oui, et les COPS n'ont pas tort quand ils dénonçent les failles d'organisation de leurs RH. Mais, ce n'est jamais une excuse pour laisser le client en rase campagne et ça, ils doivent oser le dire haut et fort.
D'accord. Et surtout au sujet des secrétaires. Le problème en CIO, c'est qu'il n'y a pas vraiment un "directeur" ou une "directrice" mais plutôt un coordinateur (trice) sans réelle autorité.
C'est une vraie difficulté mais je ne vois pas en quoi la conseillère peut être tenue responsable de cette situation.
Encore une fois, il faut réformer mais ne mélangeons pas tout.
Directeur(trice) ou pas, pour ma part, en tant que CO-P, j'ai aussi été conseiller-bilan dans un CIBC et animateur d'insertion...Je revendique ces autres expériences pour dire à nos contradicteurs et surtout à ces journalistes aux jugements partiaux, que de ma place, je me sens toujours capable de recevoir des publics variés, adultes expériencés et jeunes sans expériences professionnelles...Cette variété me permet de m'enrichir pour m'adapter à la notion centrale "d'orientation
tout au long de la vie"...
De plus, les problématiques de l'insertion ne sont jamais écartées du conseil en orientation même si nous assistons actuellement à un manque criant d'offres de travail décent pour nos jeunes générations!!!
Notre profession mise à mal depuis une dizaine d'années ne peut faire les frais de cet état de faits qui vient en premier lieu d'une incompétence notoire de nos politiques incapables de gérer correctement nos services publics sans doute aussi pour "marchandiser" le secteur...
Il est vrai qu'à 445 euros le suivi dans le coaching, je suis passé en tant que fonctionnaire de CatA à côté d'une vie nettement plus aisée…Dommage ?! non, je ne regrette rien…
Mais totalement d’accord avec C.Bensi pour parler de manipulation… et il va falloir plus que jamais prévenir là et ailleurs les « honnêtes gens » de la supercherie !!! …Le forum d’Envoyé spécial connaît d’ailleurs en ce moment une activité qui dépasse les 1000 clics/jour !!! C’était aussi leur but et ils nous font encore une leçon pour nous expliquer comment augmenter la fréquentation d’un forum…
Suite à votre commentaire, je suis passé sur ce forum.
Rien de bien intéressant. Des affrontements, somme toute, assez stériles. Des raisonnements simplistes où on s'envoie à la figure des "vérités" peu étayées.
Les causes de certains dysfonctionnements sont multiples, le manque de moyens, patent. Mais il faudra bien un jour que nous mettions tous, cartes sur table, pour avancer.
On se croirait dans une guerre de tranchée et tout cet immobilisme me désespère alors qu'il y a tant de professionnels qui croient encore en leur métier.
En relatant ici l'énorme activité sur le forum d' Envoyé spécial suite à leur reportage partial sur les services d'orientation, je mettais le doigt surtout sur le fait qu'ils ne récoltent que ce qu'ils ont semé...: des affrontements stériles en effet!
C'est pour cela aussi - comme vous - que je parlais de manipulation car "la guerre de tranchée" en effet nous empêche d'évoluer positivement...
Mais le but de tout cela en définitive, c'est de noyer l'esprit critique des "honnêtes gens"(cfJL.Beauvois)
Tout à fait d'accord et surtout avec votre dernière phrase.
Le fait de participer (comme vous le faites) au forum de France 2 permet d'apporter la contradiction en faisant valoir la complexité de la question et pas en observant les choses par le petit bout de la lorgnette.