Mobilisons les passionnés d’Internet
Par Christian BENSI le mercredi 27 juin 2007, 09:01 - Apports et réflexions - Lien permanent
Sandrine Szabo dit dans un article récent « La vraie révolution du web 2.0, c’est lorsque ce sera arrivé dans les foyers. »
Elle dénonce l’écart entre les passionnés, ceux qui savent qu’Internet est l’avenir, et tous les autres.
Elle propose de vérifier autour de soi qui sait ce qu’est un blog, qui partage ses photos ou ses tags, qui utilise un agrégateur et qui sait ce que sont les fils RSS. Elle poursuit en affirmant que ce sont principalement les blogueurs qui lisent les blogs.
D’après une étude de Xiti Monitor, les flux RSS ne sont toujours pas de grands vecteurs de trafic Internet pour les sites. L’étude affirme qu'en mai 2007, pour un site publiant des flux RSS, ces derniers génèrent en moyenne seulement 1,8% de l'ensemble du traffic.
Il faut que ceux qui savent, partagent leur savoir avec les autres en rendant accessibles les nouveaux services.
Ceux qui utilisent avec aisance le web ne sont pas aussi nombreux qu’on l’affirme. Certes les usages se sont multipliés mais les barrières sont encore trop nombreuses. Un grand nombre de services ne sont encore disponibles qu’en anglais, ce qui est une réelle difficulté pour une très grande partie de la population.
Il est réel que l’équipement informatique dans les foyers français a considérablement progressé mais les usages sont encore timorés. On est souvent dans le non-dit. Qui ose dire : « je n’y connais rien et cela me fait peur ? ». Et nous, quand prendrons-nous le temps de leur expliquer ?
Pour que le web 2.0 devienne un outil à part entière, il faut montrer inlassablement et expliquer simplement. Il faut donner l’envie, se refuser d’en montrer trop au risque d’inquiéter, parler surtout des usages et moins des machines. A quoi sert-il de savoir utiliser un service, s’il ne vous sert à rien ? Il faudra démontrer la plus-value de ces nouveaux services, leur réelle utilité au quotidien. Il faudra sans doute aussi accepter d’être un peu moins celui qui sait et un peu plus celui qui partage, qui écoute et qui explique.
Oui, la révolution du web 2.0 reste à venir, il est temps de se mobiliser davantage.

Commentaires
Oui, le problème est tout ce qu'il y a de plus réel! On est sidéré de voir que, même dans certains milieux où tout le monde communique par mel, la plupart ne savent faire sur Google que des recherches basiques (pas d'usage de guillemets etc), et n'utilisent le web qu'un peu au hasard et éventuellement - rarement - quand ils ont un besoin précis. Le RSS bien entendu, connaissent pas. Il y a donc ceux qui ont compris la révolution de l'information, et l'immense majorité des autres utilisateurs d'internet. Mais que faire ?? Comment convaincre que "mieux s'informer est possible, voire vital"?
Chacun peut modestement contribuer à rendre le web plus accessible. Si on en fait une priorité, on peut y parvenir. C'est un travail au quotidien.
L’article de Sandrine Szabo dit vrai, dans une certaine mesure…
Pour ma part je vois aussi parfois dans l’abondance de termes nouveaux (web 2.0, rss, flux xml…) deux pièges à éviter :
- La mauvaise manie et la parano des « techniciens et autres ingénieurs » qui pour préserver des savoirs en inventent parfois de nouveaux (et plus y’a de fonctionnalités plus c’est excitant… Et plus c’est complexe, mieux c’est…),
- La propension non négligeable de certains intérêts commerciaux qui consistent à « vendre du web » en inventant de nouvelles modes et en relançant une dynamique mercantile… A ce titre le Web 2.0 est effectivement un bon exemple puisque il apporte en réalité rien de vraiment nouveau, et, est utilisé à mauvaise escient (je fais du web 2.0 donc mon site est le meilleur…),
« Il faudra sans doute aussi accepter d’être un peu moins celui qui sait et un peu plus celui qui partage, qui écoute et qui explique »
Oui tout à fait… Avec cette accélération technique permanente, les métiers de l’information sont décidément sur le front… Education populaire… Effectivement, notre métier c’est l’écoute, l’explication, le partage… Certains, par chance ou sensibilité personnelle, s’intéressent à la technique et sont disons « plus en phase » avec la réalité…D’autres doivent s’y mettre absolument, si ils ne veulent pas que l’écoute, l’explication et le partage soient oubliés au risque de tomber dans l’opposition systématique tel un résistant défenseur du « Revenons aux vraies valeurs… c’était mieux avant… »… au sujet des technologies de l’information et de la communication.
Le web reste nouveau au regard de l’histoire et nous en sommes encore à l’époque de la description technique de l’appareil et de l’usage par des techniciens et des personnes qui considèrent que « plus c’est complexe, mieux c’est »… Oui emparons nous de ces outils, travaillons, informons autrement… Parce que je m’en fiche de savoir que tel ou tel site est en web 2.0… par contre dis moi comment tu vérifies l’information que tu diffuses ? est ce qu’elle est rédigée en fonction de la cible ?… Quel est le sens que tu donnes à ton travail ?…
En tout cas le sujet fait réagir… La lecture des commentaires de l’article diffusé sur http://blog.profession-web.ch est très enrichissante…
J’en citerais deux (vous retrouverez les auteurs sur le site) : « Pas vraiment d'accord avec ce point du vue, il existe sur le net des tas de tutoriaux
sur des tas de sujets accessibles à tous...le problème n'est pas à sens unique...
c'est aussi une question de responsabilité individuelle...Et l'auto formation est une nécessité absolue dans ce contexte ! »
Complètement d’accord… et complètement pas d’accord J
« Le web 2.0 n'existe pas.
Ou, plutôt, c'est la couverture d'un régression informatique, basée sur une limitation des possibilités, et une diminution de la variabilité de pensée, par pré-formatage.
Quelques exemples :
- Blogs ? Sorte de sites Internet, dont la simplicité apparente provient d'une limitation dans le choix des outils utilisables. Pas de scripting, formats standardisés et peu évolutifs, difficultés d'intégration de nouveaux outils, architectures figées. Résultats : des milliers d'écrits non lus (et insipides).
- RSS ? Un moyen de réplication d'information très automatisé, qui anihile tout esprit critique, supprime toute vérification (des sources). C'est la pensée unique robotisée. »
Illustration de ce que je viens d’essayer de démontrer.
Pour expliquer qu’il ne cautionne pas vraiment ces technologies il en rajoute en terminologie technique… parce que dans ce domaine la crédibilité c’est la technique…
Et si les blogs étaient plus des outils de communication, des outils d’expression communautariste, identitaire… ? Moi ce qui me gêne c’est que nous ne soyons pas en capacité d’intégrer cette pratique dans notre métier… nous laissons la place à Sk…. (je ne citerais pas) et je ne sur pas sur qu’ils soient des informateurs vigilants, attentifs…
Enfin, pour conclure (je sais je suis long) et pour rester sur une note positive, nous sommes sur le terrain, nous agissons déjà… Les EPN(s) font un travail important dans le domaine… la plupart des animateurs sont des techniciens… mais nous commençons à bénéficier de l’expérience et de plus en plus de professionnels qui ont la double compétence (information/multimédia)…
Les EPN agissent déjà mais ce n'est pas suffisant, car un grand nombre d'utilisateurs ont le sentiment de maîtriser les outils alors que ce n'est pas forcément le cas.
Ceux-là ne se rendront pas forcément en EPN, il faut trouver d'autres formes de formation pour compléter le rôle des EPN.