Un service public d’information des jeunes dans Second Life ?
Par Christian BENSI le jeudi 30 août 2007, 00:31 - Mondes virtuels - Lien permanent
Des expériences intéressantes ont lieu de plus en plus souvent dans Second Life : accueil du public (ambassades, bibliothèques, etc.), conférences et même opérations de présélection d’embauches pour des entreprises.
Des psychiatres réfléchissent aussi à faire des consultations dans SL. La nature même de ce monde virtuel peut les aider à soigner certaines pathologies. Je pense notamment à l’agoraphobie et de manière générale à toutes les personnes éprouvant des difficultés à rentrer en relation avec les autres. Accepter de rencontrer des avatars dans un monde virtuel est déjà le début d’une démarche permettant ensuite d’aller plus loin dans la vie réelle.
En quoi les métiers de l’information du public peuvent-ils être concernés ?
A y regarder de plus près, Second Life permet aux jeunes de retrouver l’anonymat auquel ils n’ont souvent plus droit.
Dans un monde où l’individu est de plus en plus enfermé dans un « profil », il est difficile pour un jeune d’accepter que son avenir soit limité à une simple adéquation avec des débouchés et l’état « actuel » de son carnet scolaire. Second Life pourrait ainsi être un lieu où on réfléchit à des « possibles ».
Le service public d’information pourrait ainsi l’aider à construire son projet, sans crainte d’être jugé. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Commentaires
Mutiplier les entrées ne rend pas l'information plus accessible pour autant. Dans le fouilli actuel, commençons par tenter d'y voir clair et d'apprendre déjà à exploiter l'existant. Second life exige un matériel de pointe que bcp de jeunes ne peuvent pas encore s'offrir. De plus, il faut de la constance car ça me parait chronophage et il faut une forte motivation pour créer un avatar et percer les secrets de l’interface. Ensuite, c'est aussi facile de s'y perdre que de s'y retrouver. En tout cas, moi je n'y comprend pas grand chose à tout ce buzz médiatique. Je pense que le soufflé va rapidement retomber, une nouvelle mode (bulle) chassant l'autre. Il y a mieux à faire dans le monde réel.
Concernant les questions d'anomymat, peut-être que SL s'avèrera plus performant. Wait see, comme dit l'autre
Hum..
Effectivement je pense aussi que d'ici peu on ne parlera plus de SL aussi souvent qu'il y a deux ou trois mois. (Objectivement, ça faisait un moment qu'on ne m'en avait pas parlé.)
Ceci étant, vu l'affluence dans certains Point Information Jeunesse, je pense qu'une partie du temps de travail de certains animateurs pourrait être occupé sur SL.
Après tant qu'on y est, ouvrons sur Dofus, Daoc, WOW et les autres Jeux en ligne multi-joueurs où les jeunes passent leur temps.
"...sans crainte d’être jugé. Et vous, qu’en pensez-vous ?"
C'est le déni d'identité au sein d'une communauté qui absout la crainte d'être jugé... A mon avis, il faut renforçer l'affirmation de soi pour permettre l'autonomie et non l'évitement de la réalité... Mais bon, pourquoi pas... Etre présent au sein de SL, je ne sais pas, je ne pense pas... Connaître, savoir, s'intéresser pour créer du lien, entrer en contact avec notre public... et l'emmener vers plus de réel... sans doute indispensable oui !
>rémy Ce qui m'intéresse ici, ce n'est pas Second Life en soi mais les pratiques des jeunes. Si elles changent, nous devons nous adapter. Une fois que nos boutiques seront vides parce que nous n’aurons pas su nous adapter, nous aurons exploité quel « existant » !
Répondre aux attentes. Etre là où sont les jeunes, là est notre job. S’ils viennent moins à nous, alors allons vers eux.
Tu dis que Second Life est trop complexe, demande du matériel puissant, c'est vrai. C'est pourquoi je propose des expérimentations afin que nous voyons si notre présence dans les mondes virtuels est une idée pertinente avec ceux qui y sont. Demain les ordinateurs seront moins chers, plus performant. Peut-être les mondes virtuels ne sont pas de bonnes solutions pour notre mission mais la vérité ne se décrète pas. Nous devons observer pour comprendre.
>manu Je ne sais pas si dans quelques temps on parlera moins de SL. Si ce n'est pas SL, ce sera peut-être un autre monde mais nous nous aurons acquis une expérience. Et nous saurons s’il est opportun de poursuivre ailleurs.
> Philippe Mon objectif n'est pas d'encourager les jeunes à vivre dans Second Life. Je ne souhaite pas les encourager à quitter la vraie vie. Je suis bien d’accord avec la fin du commentaire : « Connaître, savoir, s'intéresser pour créer du lien, entrer en contact avec notre public... et l'emmener vers plus de réel... sans doute indispensable oui ! »
Je ne suis pas convaincu de la pertinence de devoir suivre les jeunes partout là où ils vont, par peur de les perdre. Les adultes (et les professionnels de l'information) se laissent parfois un peu trop mener par le bout du nez.
A vrai dire la question est moins simple qu'il n'y parait... Je pense qu'il faut effectivement être présent dans ces espaces... Mais comment, de quelle manière, avec quelles limites ?
Je suis assez d'accord sur la nécessité "d'observer", "d'expérimenter"... En tous cas, sortir de "nos certitudes", s'ouvrir sur ces espaces "communiquants" n'est pas à mon avis contre nos principes...
> Rémy : Si j'étais dans le secteur privé, les jeunes qui s'adressent à nous, je les appellerais des clients. Je ne vois pas ce qui pourrait m'autoriser dans le secteur public à ne pas répondre à l'attente ou aux besoins des jeunes et de leurs familles.
> Philippe : Je devrais être en mesure de proposer dans quelques temps des expérimentations sur Second Life sur un terrain prêté mais il est encore trop tôt pour être plus précis. Si ce projet se concrétise, j'en parlerais ici et nous pourrons y réfléchir ensemble et en débattre sur le forum. Wait and see...