En Limousin, les jeunes veulent s’engager
Par Christian BENSI le lundi 22 octobre 2007, 08:08 - Actualité - Lien permanent
Le Conseil économique et social Limousin organisait mercredi soir dernier un forum sur le devenir des jeunes en Limousin à l’horizon 2007. Ce forum faisait suite à une grande enquête lancée auprès de 860 jeunes internautes de la région, âgés de 15 à 25 ans. Ce soir-là, une intervention de Bernard Thomas était également prévue.
J’ai interviewé cette semaine René Musset, Vice-président du Conseil économique et organisateur de cette manifestation.
Christian Bensi : Dans quelles conditions s’est déroulée cette enquête ?
René Musset : L’enquête était une répétition de celle réalisée en 1997 par le Conseil économique. Il faut cependant savoir que la méthodologie employée n’a pas du tout été la même. Les comparaisons entre les deux enquêtes sont donc à prendre avec précaution. La première enquête avait un panel très représentatif des populations concernées et 120 jeunes avaient été interrogés. Les réponses de la seconde enquête ont été recueillies par Internet, on ne peut donc garantir la même fiabilité.
CB : Quels étaient les objectifs de cette enquête ?
RM : Le premier objectif était de constater si les aspirations des jeunes et leurs conditions de vie avaient changé : vie sociale, vie familiale, engagement politique, syndical, etc. Dans les réponses, on constate un fort désir de s’engager politiquement et syndicalement. Les jeunes sont aussi très partants pour s’engager dans le monde associatif. Par contre, les formes d’engagement qu’on leur propose, ne les satisfont pas forcément.
CB : Peut-on avoir quelques chiffres significatifs issus de cette enquête ?
RM : Ils sont 67 % à penser que la fête est importante et qu’il faut leur donner les moyens de la faire. C’est plutôt rassurant. Ils disent qu’ils seront mieux soignés dans les années à venir mais pensent que la protection sociale sera nettement moins bonne. Par contre, 19 % des jeunes affirment avoir recours à des drogues douces et 1,5 % ont consommé des drogues dures. 68 % déclarent avoir peur de la mort et ils sont 21 % à penser au suicide plus ou moins souvent. Je ne suis pas certain que l’on puisse prendre ces chiffres au premier degré mais il est certain qu’ils traduisent un malaise. Il faudrait faire une enquête plus approfondie.
CB : Qu’allez-vous faire de cette enquête ?
RM : Nous allons tirer des enseignements de l’enquête mais surtout des différentes interventions lors du forum de mercredi. Celui-ci avait été préparé avec les membres du Conseil régional des jeunes. Les deux jeunes qui sont intervenus ont fait une intervention tout à fait remarquable, posant bien les problèmes et ce sans la moindre agressivité. J’ai pour ma part commencé à tirer de l’enquête quelques questions sur lesquelles il serait bon de réfléchir. Un document, reprenant les résultats et les questions qu’ils provoquent, sera publié début novembre.
CB : Bernard Thomas est intervenu. Que peut-on retirer de son intervention ?
RM : Bernard Thomas a dit des choses très intéressantes mais le ton employé a déplu. Il s’est présenté comme le porteur d’une réforme et comme il y avait beaucoup de jeunes syndicalistes dans la salle, les choses se sont mal passées. Il a éclairé substantiellement la réforme qui est en court actuellement. Il n’a pas caché les difficultés qu’il y avait à réformer. Mais sur les 250 personnes présentes il y avait une centaine de jeunes présents dans la salle. J’ai l’impression que ce ne sont pas les réformes que contestaient les jeunes mais l’impression que tout était déjà fait, qu’il n’y avait rien à négocier, que tout était déjà décidé…

