Il poursuit sur l’idée que le coût budgétaire de ces personnels est peu élevé, un peu plus de 275 millions d’euros pour 2008, ce qui ne représente que 0,5 % du budget de l’Education nationale. Il insiste en précisant que ce chiffrage n’est pas excessif, surtout si on le compare au montant des crédits correspondant à « l’indemnité de suivi et d’orientation » (ISO), créée en janvier 1993 en faveur des enseignants du second degré, qui s’élève elle à environ 650 millions d’euros.

M. Reiss va très loin dans son soutien actif à la cause des conseillers. N’affirme-t-il pas : « Abandonnés par leur administration, les COP ne bénéficient que très rarement du réconfort qu’apporterait la reconnaissance de leur travail par les élèves et leurs parents. »

On l’aura compris, M. Reiss aime les COP. Mais les parents eux n’aiment pas les COP ! En effet, ce sont eux qui les « accusent souvent de ne rien faire, sans savoir précisément en quoi leur activité consiste, et d’être les responsables de toutes les décisions prises par le système d’orientation qui viennent heurter leurs aspirations. »

M. Reiss regrette que les CIO soient ouverts dans la journée et « ferment donc à 18 heures, quand les uns et les autres sont libérés de leurs obligations et peuvent venir consulter de la documentation ou passer un entretien conseil. »

Il affirme qu’il « est tout aussi indispensable que, de nos jours, les enseignants placent l’orientation au cœur de leur métier » et propose de supprimer l’indemnité de suivi et d’orientation que perçoivent les enseignants du secondaire, qui a été vidée de son sens en devenant une « prime » attribuée mécaniquement. Il affirme qu’il faudrait par contre rémunérer à sa juste valeur le travail d’orientation fait réellement par les professeurs principaux.

M. Reiss propose que la licence de psychologie ne soit plus un préalable pour le recrutement des COP. Ceux-ci seront placés sous la responsabilité des chefs d’établissement au sein des établissements. Mais il propose aussi que les « centres d’information et d’orientation » soient confiés aux régions afin que puisse s’organiser l’articulation entre les CIO et les missions locales. Cette partie mériterait pour le moins quelques éclaircissements quant à la mise en œuvre, il y a quelque chose que je n’ai pas compris.

M. Reiss propose enfin une phase expérimentale conduite par deux ou trois collectivités régionales et demande que le nombre de CIO soit revu pour « coller » au plus près des bassins d’emplois.

Enfin, alors que le rapport mentionne peu la prise en compte des souhaits des jeunes ou de leurs familles, le rapport conclut sur cette phrase de Confucius : « Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie »

Je ne retiendrais que deux réactions sur ce rapport : celle du Café pédagogique dans un article sans concession et qui dit : « Peut-on réduire l'échec scolaire à un manque d'information ? » et « on revient par ce rapport à une conception de l'orientation qui existait avant guerre, qui s'est développée au moment des Trente Glorieuses et qui visait à former la main d'œuvre nécessaire. »

Le SNES dans un communiqué rappelle les derniers rendez-vous :

  • Le 5 novembre : Bernard Thomas, nouveau délégué interministériel nous déclarait que les enseignants étaient les mieux placés pour informer et conseiller les élèves sur les formations et les métiers, car « ce sont eux qui connaissent le mieux les élèves ».
  • Le 7 novembre : F. Reiss, député UMP du Bas- Rhin, communiquait à la presse son rapport sur le rôle et la place des conseillers d’orientation-psychologues.
  • Le 13 novembre : le secrétariat général du SNES a été reçu par le Ministre et son Cabinet. Xavier Darcos a confirmé sa détermination de confier les CIO aux régions, de supprimer le titre de psychologue et de confier le travail d’information et de conseil aux enseignants !

La messe semble être dite.