Les COP sont indispensables : supprimons-les !
Par Christian BENSI le vendredi 30 novembre 2007, 00:05 - Actualité - Lien permanent
Frédéric Reiss, député UMP du Bas-Rhin, a présenté le 8 novembre dernier son rapport sur le rôle et la place des conseillers d’orientation-psychologues (COP) devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale.
M. Reiss souligne que les COP « sont les victimes collatérales de la crise de l’orientation à l’école », qu’ils sont les boucs émissaires naturels des dysfonctionnements du système d’orientation. Il rappelle que les COP sont, par rapport à la population scolaire, peu nombreux.
Il poursuit sur l’idée que le coût budgétaire de ces personnels est peu élevé, un peu plus de 275 millions d’euros pour 2008, ce qui ne représente que 0,5 % du budget de l’Education nationale. Il insiste en précisant que ce chiffrage n’est pas excessif, surtout si on le compare au montant des crédits correspondant à « l’indemnité de suivi et d’orientation » (ISO), créée en janvier 1993 en faveur des enseignants du second degré, qui s’élève elle à environ 650 millions d’euros.
M. Reiss va très loin dans son soutien actif à la cause des conseillers. N’affirme-t-il pas : « Abandonnés par leur administration, les COP ne bénéficient que très rarement du réconfort qu’apporterait la reconnaissance de leur travail par les élèves et leurs parents. »
On l’aura compris, M. Reiss aime les COP. Mais les parents eux n’aiment pas les COP ! En effet, ce sont eux qui les « accusent souvent de ne rien faire, sans savoir précisément en quoi leur activité consiste, et d’être les responsables de toutes les décisions prises par le système d’orientation qui viennent heurter leurs aspirations. »
M. Reiss regrette que les CIO soient ouverts dans la journée et « ferment donc à 18 heures, quand les uns et les autres sont libérés de leurs obligations et peuvent venir consulter de la documentation ou passer un entretien conseil. »
Il affirme qu’il « est tout aussi indispensable que, de nos jours, les enseignants placent l’orientation au cœur de leur métier » et propose de supprimer l’indemnité de suivi et d’orientation que perçoivent les enseignants du secondaire, qui a été vidée de son sens en devenant une « prime » attribuée mécaniquement. Il affirme qu’il faudrait par contre rémunérer à sa juste valeur le travail d’orientation fait réellement par les professeurs principaux.
M. Reiss propose que la licence de psychologie ne soit plus un préalable pour le recrutement des COP. Ceux-ci seront placés sous la responsabilité des chefs d’établissement au sein des établissements. Mais il propose aussi que les « centres d’information et d’orientation » soient confiés aux régions afin que puisse s’organiser l’articulation entre les CIO et les missions locales. Cette partie mériterait pour le moins quelques éclaircissements quant à la mise en œuvre, il y a quelque chose que je n’ai pas compris.
M. Reiss propose enfin une phase expérimentale conduite par deux ou trois collectivités régionales et demande que le nombre de CIO soit revu pour « coller » au plus près des bassins d’emplois.
Enfin, alors que le rapport mentionne peu la prise en compte des souhaits des jeunes ou de leurs familles, le rapport conclut sur cette phrase de Confucius : « Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie »
Je ne retiendrais que deux réactions sur ce rapport : celle du Café pédagogique dans un article sans concession et qui dit : « Peut-on réduire l'échec scolaire à un manque d'information ? » et « on revient par ce rapport à une conception de l'orientation qui existait avant guerre, qui s'est développée au moment des Trente Glorieuses et qui visait à former la main d'œuvre nécessaire. »
Le SNES dans un communiqué rappelle les derniers rendez-vous :
- Le 5 novembre : Bernard Thomas, nouveau délégué interministériel nous déclarait que les enseignants étaient les mieux placés pour informer et conseiller les élèves sur les formations et les métiers, car « ce sont eux qui connaissent le mieux les élèves ».
- Le 7 novembre : F. Reiss, député UMP du Bas- Rhin, communiquait à la presse son rapport sur le rôle et la place des conseillers d’orientation-psychologues.
- Le 13 novembre : le secrétariat général du SNES a été reçu par le Ministre et son Cabinet. Xavier Darcos a confirmé sa détermination de confier les CIO aux régions, de supprimer le titre de psychologue et de confier le travail d’information et de conseil aux enseignants !
La messe semble être dite.

Commentaires
On l’aura compris, M. Reiss aime les COP...
Il est possible qu’en faisant des COP des "victimes collatérales", il aimerait peut-être les sortir du champ de bataille afin de les mettre à l'abri des balles perdues...de plus, étant peu nombreux, ces COP sembleraient presque héroïques à ses yeux...mais qui donner d'autres en pâture à la vindicte des parents d'élèves qui ont bien sûr des raisons actuellement d'être contrariés dans leurs aspirations pour leur progéniture...
Aussi ce cher député exprime la chose comme le ferait un religieux (plus précisément un jésuite…)…La messe qui semble être dite en effet, fait plutôt des COP des victimes expiatoires qui sous le joug de la volonté « divine » se résigneraient à être soumis à une décision un peu sur-naturelle…Il doit bien y avoir une pointe de perversion dans cet amour porté qui anéantit…Ce droit « de vie et de mort professionnelle » du fonctionnaire qui doit se sacrifier car malheureusement l’opinion publique lui serait hostile, c’est un type de discours qu’on pouvait avoir avant le siècle des Lumières !!!
Il reste à voir aussi si les parents pensent vraiment ce qu'on leur fait dire.
Je n'ai vu pour l'instant aucun sondage qui prouverait le désaveu des parents.
Je crois simplement que les parents ont peur pour l'avenir de leurs enfants, ce que l'on peut comprendre. De là à penser qu'ils ont désigné leurs boucs émissaires, je reste dubitatif.
Je vois assez de parents pour le penser aussi...Ceci étant dit, s'ils repartent de mon bureau avec un peu moins d'angoisse pour leur enfant, ils n'ont pas non plus l'assurance d'un devenir sans embuches pour lui...De plus cela peut réveiller en eux leur propres échecs qu'ils n'ont pas forcément dépassés...Ces entretiens d'orientation de "surface" peuvent aussi raviver l'intérêt d'une "thérapie familiale" qui ne sera que rarement envisagée...Les parents ont besoin non seulement de conseils mais aussi d'aide pour être des parents "acceptables" et soutenants (...) N'importe qui peut donner des conseils en fait... Par contre instaurer une relation d'aide à des parents qui se sentent "dépassés" par la "complexité du monde"...entre autre du monde éducatif...
Oui mais tous ne pensent pas la même chose...
exemple de : "Le fonctionnement du service public de l'orientation n'est pour l'heure pas totalement satisfaisant" : Gardons les Cop
http://www.senat.fr/rap/a07-092-5/a...
Je m'étais mis ce rapport de coté mais j'ai craqué devant l'énormité de la tâche à accomplir.
Si tu as tout lu, bravo.
Bernard Thomas quitte ses fonctions. (source Centre Inffo). Décidemment, ce poste est intenable
Des bruits circulent depuis un certain temps mais je n'ai aucun document qui m'autorise à l'annoncer officiellement.
Peux-tu m'indiquer ta source avec plus de précision ?
Après reste une grande question : sera-t-il remplacé et par qui ?
Je n'ai rien de plus, juste une brève sur leur quotidien électronique.
Cela pourrait vouloir dire que le gouvernement sait déjà où il veut aller, et que la mission n'est que façade ??
Crois-tu !
A l'aide !! Pour eux, pour nous: nos valeurs humaines