Bertrand Duperrin : Dans un contexte qui évolue vite, les faits d’un jour ne sont ni ceux de la veille ni ceux du lendemain. Il faudra donc faire avec l’existant en sachant qu’à la même problématique on répondra autrement dans quelques semaines. Si on se focalise trop sur la pérennité et la scalabilité on donnera demain la réponse qui était valable avant hier.

Mc Kinsey : Le problème c’est qu’on attend la crise pour innover. Cela amène d’ailleurs à se demander si on ne peut innover que dans la crise ou si c’est l’orthodoxie managériale qui impose d’attendre la crise pour intervenir.

BD : L’innovation n’est pas dans l’ADN de l’entreprise…

MK : Nous sommes au début d’un long process de changement dont on ne sait encore à quoi ressemblera le résultat.

Les raisons du changement à venir : 1°) Impact des technologies, 2°) Etre des entreprises innovantes, adaptables, où il est passionnant de travailler 3°) prendre en compte les spécificités et les attentes des “digital natives” pour en tirer le meilleur parti.

La valeur est dans la collaboration entre les personnes “intensive thinking”. Les gagnants seront ceux qui permettront à cette population de créer davantage de profit en utilisant au mieux leur potentiel collectif.

BD : Les “constructions” (idées, concepts, feedbacks…) produites par ce nouveau mode d’organisation doivent être utilisées par l’entreprise afin de créer de la valeur.

Le pilotage du changement se fera en fonction de la gestion du risque. Il convient donc de pratiquer par expérimentation en assumant le fait qu’on ne peut anticiper les conséquences lointaines de ce qui sera mis en place. Il faut également regarder ce qui marche à l’extérieur pour minimiser les risques.

Malheureusement peu d’entreprises sont prêtes et plus le temps passe, plus cela se fera dans la douleur. Le modèle actuel n’est pas mauvais mais inadéquat, on est à un point de basculement.

Je conclurai en précisant que c’est sans doute la peur de l’échec qui nous conduit à ne pas évoluer. Mais cet immobilisme peut entraîner rapidement le discrédit de nos institutions.
De plus je crains que nous perdions à terme nos meilleurs collaborateurs (les jeunes surtout) qui finiront par « s’ennuyer » dans nos structures. Or la motivation de nos équipes est essentielle pour notre dynamisme.